Lens souffle le chaud et le froid


Convaincant défensivement une semaine plus tôt, le RCL est apparu beaucoup plus friable cette fois-ci.

"On rencontre, dans le comportement qui consiste à souffler le chaud et le froid chez le manipulateur, les 2 extrêmes d'un même comportement. Il va un jour aimer, puis rejeter, complimenter, puis dénigrer, soutenir, puis détruire… Il s'agit d'instaurer la relation sur une tension" nous explique le site spécialisé perversnarcissique.com !

À la lecture de cette explication, le supporter lensois peut avoir le sentiment d'avoir à faire à une équipe qui souffle effectivement le chaud et le froid. Solide, organisée et efficace loin de l'Artois, le Racing apparaît en effet comme friable, fragile et collectivement désordonné à domicile.

Tout pour l'attaque, rien pour le reste ?

Des largesses exploitées par ses adversaires qui ont chacun marqué 2 buts et auraient pu en marquer plus. Car aussi bien Saint-Etienne que Lorient ont eu la balle du 1-3 au bout de la semelle de leurs attaquants, avant de voir les hommes de Haise revenir au score.

"Notre bloc n'était pas assez compact et on a connu de la fébrilité et du déchet. Pendant une trentaine de minutes, on ne savait plus s'il fallait avancer ou pas" confie le coach lensois. Une impression partagée par un grand nombre d'observateurs. Le jour et la nuit comparé au match disputé une semaine plus tôt en Principauté.

Ce jour-là, Lens avait profité des erreurs adverses pour marquer sur ses deux seuls tirs cadrés de la rencontre. Le reste du temps, son pressing, son impact physique et son occupation rationnelle des espaces avaient suffi pour étouffer dans l’œuf toute tentative d'attaque monégasque.

À Bollaert, poussé par un public en masse, le RCL peine à garder l'équilibre entre volonté d'attaquer et rigueur défensive. Dès lors, en se projetant en nombre dans le camp adverse, le artésiens se font prendre dans leur dos au moment de la transition, exécutée rapidement par l'équipe adverse. "On a laissé trop de latitude à notre adversaire, constate d'ailleurs Haise. On leur a offert trop d’opportunités, la pression n’a pas été efficace et on a laissé des distances entre nos lignes, on n’a pas récupéré autant de ballons qu’on aurait pu le souhaiter. On a subi des contres, on ne défend pas bien ensemble, il faut être plus exigeant."

La mécanique est alors la même : Lens se retrouve mené et pousse encore plus pour égaliser ouvrant alors des espaces béants dans son dos dont l'adversaire peut profiter. "On s'est positionnés dans des zones où nous aurions un temps d'avance pour utiliser la vitesse de nos attaquants ou passer sur les côtés" admet Christophe Pelissier le coach des merlus.



Autre point faible, l'aspect technique. Il s'illustre notamment par un taux de passes réussies à peine supérieur à 80% sous-entendant qu'une passe sur cinq réalisées fut perdue pour les lensois. Un fardeau pour une équipe dont le temps de possession a atteint 55% du temps.

La faute peut-être à un jeu devenu trop stéréotypé. En effet, les points forts du RCL sont désormais connus : le côté droit de Clauss, et l'axe du terrain avec la puissance de Fofana et l'apport technique de Kakuta.

La parade est dès lors maîtrisée chez la plupart des adversaires du Racing. "Il fallait éviter les un contre un et leur force athlétique" poursuit Pelissier. Son équipe s'est alors présentée bloc bas, en nombre sur les côtés et combative dans le cœur du jeu.

Profitant de la désynchronisation du pressing collectif artésien, les Bretons ont pu même très souvent ressortir le ballon proprement et passer sans encombre le premier rideau défensif lensois. Comme sur le but égalisateur qui survient quelques minutes après le superbe coup-franc de Clauss. "Nous étions un peu trop désordonnés, observe ce dernier. Physiquement, on avait du mal à faire les efforts ensemble."

Pomodoro, l'outil d'aide à la gestion du temps

La clé se trouve donc dans la capacité à canaliser son énergie pour aboutir à des matchs plus aboutis du début à la fin, notamment à domicile, là où les équipes attendent les Sang et Or. La technique du Pomodoro, bien connue dans les milieux de développement de logiciels, pourrait ainsi convenir aux hommes de Haise.

Cette technique de gestion du temps est en effet indiquée pour favoriser la concentration et la gestion de l'énergie. Transposée aux matchs du Racing, on pourrait imaginer l'alternance de temps forts et de temps faibles, voulus bien entendu par les joueurs, permettant à l'équipe une meilleure discipline collective et un déploiement gradué des efforts physiques.

"Courir vite 10 minutes est bien plus épuisant que de courir 10 fois 1 minute, alors que le bénéfice pour le corps est meilleur dans le cas du fractionnement." commente ce spécialiste de course à pieds qui associe le Pomodoro à la technique du fractionnement.

Aussi, bien que le jeu d'attaque soit dans l'ADN de l'équipe coachée par Franck Haise, une dose d'équilibre et de rigueur défensive sera sûrement la bienvenue lors de la prochaine réception à Bollaert contre un certain voisin attendu par tous...