Gestion des effectifs


Tour d'horizon de l'effectif lensois et projection des potentiels départs. 

La gestion des effectifs est une activité à part entière aussi bien en entreprise que dans un club professionnel de football. "Elle se définissait autrefois de manière très étroite. Aujourd’hui, en revanche, on la comprend plutôt comme un élément de la workforce management, bien que les termes soient souvent considérés comme synonymes." nous explique cet expert en pilotage RH.

"Il s’agit dans les deux cas d’assurer l’utilisation du personnel en fonction des besoins, et d’optimiser cette utilisation. La notion de « workforce management » est plus large et s’étend à un processus global d’augmentation de la productivité combiné à une baisse des coûts. Cela signifie que la gestion du personnel doit pouvoir réagir de manière très souple aux variations de capacité."

Transposée au Racing, cette notion de workforce management laisse entendre que l'effectif à disposition de Franck Haise doit certes répondre à des besoins sportifs tout en étant optimisé et adapté aux capacités économiques du club.


Même si sur le sujet de la productivité, rapportée au football, c'est-à-dire d'obtenir les meilleurs résultats possibles avec les coûts les moins élevés possibles, le RCL fait figure de très bon élève !

En effet, avec le 16e budget de L1 et la 12e valorisation de l'effectif (95M€), Lens a su optimiser au maximum ses ressources en se classant 5e pour l'instant. 

Difficile donc de faire mieux mais difficile aussi de faire aussi bien. Et c'est là le véritable objectif du board pour l'an prochain !

Partons donc pour une revue d'effectifs. 

Ceux qui vont partir

La certitude d'un départ concerne d'abord les joueurs dont le prêt dans l'Artois arrive à échéance au 30 juin et pour lesquels aucune option d'achat ne figurait dans le contrat. C'est le cas pour Sylla.

Cette certitude se retrouve également chez les joueurs qui arrivent en fin de contrat et pour lesquels le club n'a pas entrepris de négociations dans l'éventualité de prolonger le bail. Il s'agit notamment de Diallo, Belon et Vincensini.

Enfin, le caractère presque acquis d'un départ se trouve aussi chez Robail (2023) et Ducrocq (2022), dont le staff ne semble pas séduit par leurs profils et qui sont cette saison prêté en L2 et N1.

Ceux qui pourraient partir

Dans ce lot de joueurs, on retrouve ceux dont le contrat court jusqu'en 2022, hormis les deux cadres corses de l'équipe que sont Leca et Cahuzac, ainsi que les défenseurs Gradit et Haïdara, fraîchement reconduits.

Il s'agit donc de Michelin, Fortès et Traoré.

Le cas de Kalimuendo est différent. Son prêt qui arrive à échéance en juin est assorti d'une option d'achat que le RCL peut choisir ou non d'activer. 

Si tel était le cas, son club d'origine le PSG pourrait casser l'OA en indemnisant financièrement le club nordiste.

Le jeune attaquant qui réalise une très bonne première saison en L1 a vu sa côte atteindre 10M€ sur le site de référence Transfertmarkt. 

Autre situation, celle du gardien Farinez, dont le prêt était lui assorti d'une option d'achat. À voir si le club décide de la lever, sachant que le jeune portier n'a que très peu joué cette année, mais possède un statut d'international A non négligeable.

Par ailleurs, certains joueurs cadres du onze lensois pourraient malgré tout quitter le bassin minier cet été au regard de la plus value estimée que pourraient enregistrer les dirigeants Sang et Or.

On parle là de Badé (2024) et Clauss (2023) arrivés libres et dont la côte s'est emballée à la suite de leurs très bonnes performances. 


Même chose pour Médina (2024), arrivé contre une indemnité de 3,5 M€, dont le récent statut d'international argentin a fait explosé sa côte (10M€). Ses dernières déclarations laissent aussi à penser qu'il pourrait envisager un départ.

Quid enfin des joueurs peu ou pas utilisés par Franck Haise cette saison mais dont le contrat au Racing court encore ? C'est le cas de Mauricio (2023), doublette de Kakuta, qui est apparu assez souvent en cours de match mais qui pourrait vouloir un autre rôle dans un autre projet.

Idem pour Jean (2023), cantonné à un rôle de remplaçant depuis le retour du club dans l'élite. Dans une moindre mesure, la situation de Banza (2023) pourrait également poser question.

Ceux qui devraient rester

Ils ont un rôle important dans l'équipe ou un contrat longue durée qui peut freiner les potentiels acheteurs. On parle de Doucouré, dont le bail en Artois va jusqu'en 2024, et sur lequel Haise ne tarit pas d'éloges. Un départ ne pourrait avoir lieu qu'après paiement d'une grosse indemnité de transfert.

L'attaquant Ganago à qui il reste 3 ans de contrat sort lui d'une saison étrange. Après des débuts tonitruants ponctués par plusieurs buts, une blessure l'a éloignée des terrains et a fragilisé son statut dans le groupe. Néanmoins, vu la durée de son contrat et le prix d'achat versé par les nordistes il y a à peine un an (6M€), on le voit mal quitter le Pas-de-Calais cet été. 

Son compère de l'attaque Sotoca symbolise lui cet esprit Sang et Or que se sont attelés à construire depuis leur prise de fonction Oughourlian, Pouille et Ghisolfi. Lié au club pour encore deux ans, on le voit mal partir quand bien même  son profil physique, ses statistiques et son impact sur les terrains de L1 doivent attirés de nombreux recruteurs.

Autre cas, celui du jeune et talentueux milieu de terrain David Pereira Da Costa, dont le contrat s'achève en juin. Devenu pro en 2019, alors qu'Eric Roy menait encore la politique sportive du club, l'ex vainqueur de la Danone Cup 2012 s'est vu proposé une prolongation par le board Sang et Or. Aucune annonce n'a pour le moment été faite mais les tractations devraient aboutir.

Enfin, la situation de Seko Fofana (2024), acquis l'an passé pour près de 10M€, et dont l'influence et les performances n'ont cessé de croître au cours de la saison, ne lève pas de doutes particuliers.

Ceux qui vont rester

On l'a dit, plusieurs joueurs ont prolongé leur aventure lensoise cette saison, ce qui garantit presque à coup sûr leur présence l'an prochain. Il s'agit de Leca, Cahuzac, Gradit, Haïdara ou encore Boura dont c'est le premier contrat professionnel. 



Gaël Kakuta sera également Sang et Or l'an prochain puisque la levée de l'option d'achat comprise dans son prêt était automatique en cas de maintien du RCL en L1. C'est donc une somme de 3,5M€ que Lens va devoir verser à Amiens (L2), en complément des 1,5M€ déjà réglés.

Ceux qui sont dans le flou


Certains joueurs n'ont pas une situation limpide au club et demeurent donc quelque peu en suspens : c'est le cas de Boli (2024), actuellement prêté en L2, mais dont le rôle à jouer l'an prochain n'a pas encore été défini. 

Même son de cloche concernant Oudjani qui vient de mettre fin à sa saison sur blessure. 

Les besoins du RC Lens

Si vous avez lu l'article intitulé Choc en stock,  vous savez que le RCL n'a pas d'obligation de vente cet été, selon les dires de son Président Oughourlian. 

Il faut dire que ce dernier, après avoir procédé à un apport en capital de 20M€ en 2020, a enchaîné avec un apport en compte courant de 5M€ cette année. De quoi permettre au navire artésien de rester à flots dans la tempête économico-sanitaire actuelle.

De plus, le club a pu bénéficier d'un PGE (Prêt Garanti par l’État), dont le remboursement des traites a été repoussé en 2022. Enfin, tous les salariés de la structure lensoise ont consenti à une baisse de rémunération qui a générée une économie de 2,5M€.

Aussi, même si économiquement il n'y est pas contraint, le board lensois aurait tort de refuser des opportunités si celles-ci se présentent. Car l'effectif lensois comprend un certain nombre de joueurs valorisés qui intéressent le marché. 

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Au regard des pertes de recettes constatées (billetterie, droits tv, merchandising, partenariat), le club pourrait chercher, dans une démarche pragmatique, à renflouer les caisses à hauteur d'une vingtaine de millions, en vendant quelques éléments, afin de dégager des marges financières pour pouvoir les réinvestir et renforcer l'équipe. 

L'autre moyen pour retrouver de la trésorerie en gestion d'entreprise est le report des investissements. Traduction ici à l'échelle du RCL, se montrer inactif en termes d'achats de joueurs hors vente.

Le marché des joueurs gratuits contient, il est vrai chaque année, quelques bonnes affaires à saisir.

On l'a vu, quelques zones d'ombres demeurent concernant le statut de plusieurs joueurs. Ces dernières ajoutées à l'incertitude née du contexte particulier (Covid-19, droits tv), laissent présager une période de mercato inédite pour bien des équipes en L1, dont le RCL peut-être futur européen. 

Le travail en coulisses a déjà commencé. Les semaines qui viennent vont vite répondre à quelques unes des questions soulevées ici.


Photo Une : onzemondial.fr