Header Ads

Haise ou l'approche Stoïcienne



Le RCL doit une grande part de ses bons résultats à son entraîneur, Franck Haise.

Partons d'emblée dans le cœur du sujet, à savoir le lien entre l'entraîneur lensois et ce courant philosophique, rendu célèbre par l'Empereur Romain Marc Aurèle, fondé à Athènes près de trois siècle avant l'arrivée de ce barbu qui a révolutionné notamment les calendriers.

À lire aussi : Il faut imaginer Haise heureux

Le stoïcisme est ainsi un courant de pensées centré sur l’homme, sur l’effort et sur l’intention du bien. La sagesse se définit alors par la possession d’un art convenable, autrement dit par l’acquisition de la vertu. "Les stoïciens sont particulièrement connus pour leur enseignement moral, selon lequel "la vertu est le seul bien" pour les êtres humains et que les choses extérieures telles que la santé, la richesse et le plaisir ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi, n'ayant de valeur qu'en tant que matière sur laquelle la vertu peut agir" nous explique ce doctorant en philosophie.

Cette définition du Stoïcisme nous évoque l'approche de Franck Haise vis-à-vis du football. Rappelons sa nomination en février 2020, alors que l'équipe se trouvait à la troisième place du classement. L'un des premiers enseignements transmis par le coach fut de ne pas craindre l'échec possible en fin de saison ! "D'autres clubs veulent monter autant que Lens" répétait-il dès qu'on lui parlait de L1 obligatoire. "La défaite doit être un ciment et non une faille".

La philosophie de la liberté intérieure

En se détachant ainsi de toute pression potentielle exercée par les choses extérieures, Haise a ainsi pu développer ses idées de jeu, de management et de performance dans une sérénité qui n'avait pas été connue depuis longtemps dans l'Artois. Une pure démarche Stoïcienne, confirmée par notre spécialiste du sujet ! "Dans le stoïcisme, le bonheur désigne l’indépendance vis-à-vis des circonstances extérieures et le détachement à l’égard des choses. C’est une philosophie de la liberté intérieure."

Une liberté intérieure qui lui permet de goûter au bonheur d'être là, et de simplement être là. "On n'était évidemment pas attendus à ce niveau-là. C'est un plaisir d'y être, il faut qu'on apprécie, que tous les Lensois apprécient. On va avoir une belle dernière ligne droite à jouer."



Le coach sang et or a gardé une ligne conductrice identique lorsqu'il a s'agit d'aborder cette saison du retour dans l'élite. "Il faut bien l'avouer, le premier objectif, c'est de rester en L1 et pérenniser le club à ce niveau. Mais cela ne doit pas empêcher l'ambition et de viser le plus haut possible. Restons humbles mais soyons ambitieux."

Prénotions et vertu

Dans sa manière de décrire les choses, il ne focalise ainsi pas seulement l'attention sur l'objectif à atteindre, il met surtout en lumière la façon dont il compte l'atteindre. En ce sens, il sollicite ce que les stoïciens appellent les prénotions. "La logique étudie les conditions d’accès à la connaissance. Or, c’est le sensible qui est le modèle du vrai. Quand l’âme est essentiellement réceptive, on parle de représentation, définie comme une empreinte dans l’âme. Pour parvenir à la science, c’est-à-dire à une compréhension ferme et assurée, l’esprit doit intervenir activement et dégager la vérité, grâce, en particulier, aux prénotions. Ces dernières sont des principes que contient l’âme dès l’origine et que les objets externes réveillent. L’ensemble des prénotions constitue la raison."

Même logique récemment lorsqu'un confrère évoquer la course à l'Europe dans laquelle le RCL semble être plus que jamais lancé cette saison. "Evidemment, on n’est pas préparés en début de saison pour jouer l’Europe loin de là, il n’y a pas une personne qui y pense et dans l’environnement du club, il n’y a pas une personne qui y pense non plus. On est à dix journées de la fin, moi je ne parle pas d’Europe. [...] Il peut se passer pas mal de choses d’ici la fin de saison. Avançons tranquillement et si on a le bonheur d’être à une bonne place à une ou deux journées de la fin, on verra plus précisément ce qu’il en est".

Haise, le Marc Aurèle du Nord

Haise, tel le Marc Aurèle du Nord, ne s'est ainsi pas laissé aller à quelconque euphorie. Il a recentré le débat sur le présent et sur l'importance de bien le considérer avant d'établir toute sorte de projection folle. Il ramène ainsi cette qualification européenne à l'état "de matière sur laquelle on peut agir". Et non de graal à atteindre pour un bonheur potentiel. Le bonheur, c'est l'action. La vertu du stoïcien.

"Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre". Cette phrase n'est pas une déclaration de Haise au cours d'une causerie d'avant match mais un écrit du célèbre Empereur, en son temps. Et pourtant, sur le fond du message, les deux hommes tiennent bien souvent le même discours.

Fourni par Blogger.