Header Ads

L'agent ne fait pas le bonheur



Les agents restent sur la touche du match économique que jouent les clubs.

En pleine négociations portant sur la baisse des salaires de leurs joueurs, les clubs ne comptent pas donner un rôle à jouer à leurs agents.

La rencontre était attendue et elle a débouchée sur un accord : les clubs professionnels du foot français, au regard des pertes envisagées (800 M€ en 2020), vont pouvoir négocier,  au cas par cas, la baisse de salaires des joueurs composant leurs effectifs. 

Négocier sans les négociateurs 

Le principal syndicat représentatif des joueurs a souscrit à ce besoin vital d'économies et a invité "les joueurs à discuter rapidement avec leurs clubs pour envisager les modalités de réduction de leurs rémunérations afin de sauver le football professionnel fortement affecté par cette crise et pour faire en sorte que la saison 2020/2021 aille à son terme". Rien que ça !

Mais même dans la panade, les dirigeants de clubs conservent ce sentiment de méfiance à l'égard des agents de joueurs, qui pourtant, pourraient servir d'intermédiaire dans les discussions à venir.

Que nenni ! Ces acteurs sont cantonnés au banc de touche des tractations et des futures prises de décision. La faute au trouble entourant leur fonction depuis plusieurs années. "Ce métier d’agent est beaucoup montré du doigt, parfois à raison dans le passé. La réalité, c’est qu’aujourd’hui, 90% des transferts se passe bien. Mais cette réalité ne fait pas de buzz sur internet. On préfère parler des dérives." rappelle Sidney Broutinovski, fondateur et Directeur Général de l’EAJF (École des agents de joueurs de football).

Agents, trop chers, trop grands. La vie n'a pas de prix.

Le trouble en question réside en ce sens que les dirigeants de clubs peinent parfois à saisir la nature des intérêts défendus par certains agents. Ces derniers jouent-ils de leur influence pour défendre l'intérêt de leur poulain ou simplement pour s'assurer une commission sur la transaction. En outre, certains présidents français estiment que les agents sont responsables de l'inflation de la masse salariale constatée ces dernières années, dépassant aujourd'hui largement le milliard d'euros. 

De ce flou naît le malentendu, entretenus par les trop nombreuses incompréhensions entourant certains choix de carrière de joueurs, par les bras de fer récurrents pour mettre fin à un contrat et par la rémunération colossale de certaines stars de la profession. "Le monde du foot ne repose pas que sur ces très gros agents, qui sont aussi rares que les stars mondiales de ce sport. Il y a un monde entre gérer Messi ou un joueur qui évolue en L2 ou National, il faut adapter cela et ne pas seulement faire une règle fixe." ajoute Broutinovski.

À lire aussi : Le krach avant le crash

Hors-jeu, les agents cherchent cependant à faire valoir leurs compétences sur le sujet. Selon eux, ils ne gèrent pas seulement les carrières de leurs clients mais aussi leur patrimoine ainsi leur situation familiale. Une vision d'ensemble qui pourrait être bénéfique les clubs dans leurs demandes auprès des joueurs. "On aide les clubs à s'en sortir mais nous sommes encore montrés du doigt ou laissés à la marge de discussions qui sont centrales. Nous sommes pourtant les acteurs les plus proches des joueurs."

Pour autant, le principal syndicat de la profession s'est clairement positionné contre l'idée même d'imposer une baisse des salaires aux joueurs. "Les joueurs, joueuses et entraîneurs sont les seuls à qui il est demandé de faire des efforts alors qu'ils ne sont ni responsables de la pandémie et encore moins du marasme lié aux droits télé [...] Cette faillite des droits télé n'est en aucun cas de leur responsabilité ni des agents qui les représentent".

Le montant des sommes versées par les clubs de L 1 et de L 2 aux agents est passé, selon les rapports de la DNCG, de 93 M€ en 2017-2018 à 136 M€ en 2019-2020, soit 46 % de hausse.

En creux, une guerre de tranchées s'annonce entre les clubs et les agents. Les premiers cherchant à réduire la part des commissions qu'ils versent aux seconds. Beaucoup d'agents d'ailleurs sont des créanciers des clubs, depuis le début du marasme. 

Pour leur défense, les représentants des joueurs rappellent à qui veut l'entendre que le taux de leurs commissions (3% du total de la transaction) ne couvre pas l'investissement consentis pour la gestion d'un joueur pro.


Dès lors, le syndic' revendique la tenue d'une discussion entre agents et clubs, préalable à la négociation clubs / joueurs. "Les joueurs et joueuses vont tous être reçus individuellement par leur club pour évoquer cette baisse de salaires, relaye l'UASF. Ils reviendront toutes et tous vers leurs agents car nous avons un devoir de conseil et de suivi. Il serait donc judicieux que nous puissions avoir pu être entendu avant de nous positionner et de livrer nos conseils."

Rétribuer l'objectif atteint tout en baissant la masse salariale : le défi de Pouille.

À Lens, la négociation est inscrite au planning de la semaine prochaine. La partie pourrait s'annoncer délicate quand on sait que les joueurs ont atteinte à 90% leur objectif de la saison, dès le mois de janvier. 

En effet, avec 31 points en 21 rencontres disputées, il ne faut que 9 unités pour atteindre le seuil symbolique des 40 points, synonyme de maintien assuré. 

Forts de ces résultats, les joueurs Sang et Or pourraient voir d'un mauvais œil la diminution de leurs rémunérations. 

Néanmoins, le board a d'ores et déjà prévenu que le RCL verrait son déficit s'aggraver du fait de la crise sanitaire, quand bien même des hypothèses d'impacts furent intégrées au budget prévisionnel de la saison. 

Victime de la quasi disparition de ses recettes (billetterie, merchandising, partenariat, droits tv), Lens comme les autres clubs de L1 et de L2 a donc besoin de réaliser d'importantes économies pour continuer à évoluer sereinement dans l'élite l'an prochain. 

À lire aussi : Sauver les meubles

Et ce, même si une bonne nouvelle est arrivée il y a peu en provenance de l'exécutif. Au vu de la situation, ce dernier a en effet consenti un report du remboursement des premières échéances du PGE (Prêt Garanti par l’État). 

Les entreprises qui ont contracté un PGE au début de la crise en 2020 pourront, avec accord de leur banquier, obtenir un report de la date limite de début de remboursement, et ainsi commencer à le rembourser en 2022.

Une première bouffée d'oxygène qui en appelle d'autres ? Affaire à suivre !


Fourni par Blogger.