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Droit dans le mur


Face aux crises, Lens ne reste pas inactif.

"La L1 ce devait être un autre monde. Le changement le plus significatif, était au niveau des droits télévisés, qui passent de 6,2 à environ 32,5 millions d’euros." Ces mots sont ceux de Joseph Oughourlian lorsque ce dernier fut interrogé sur les pertes de recettes colossales que doit supporter son club depuis son retour en L1. 

Peu bavard sur le sujet, le board artésien cultive la discrétion et privilégie en effet l'action interne, en cherchant à dénicher toutes les sources de revenus alternatives mises à leur disposition, et en négociant une baisse générale des salaires afin de générer des économies d'échelles importantes. Comme toujours, le club est proactif face aux difficultés.

En mai dernier : hausse des capitaux propres par des apports en numéraire afin de renforcer la structure et la confiance des acteurs

En mai dernier, l'actionnaire majoritaire du RCL Joseph Oughourlian procédait à une augmentation de capital "de 20 M€ échelonnée au plus tard sur les cinq années à venir". Concrètement, cela signifie que le boss d'Amber capital a procédé à des apports nouveaux en numéraire ayant pour effet l'augmentation des capitaux propres de l'entreprise et par effet domino d'une hausse de sa trésorerie. Aussi, la structure globale du bilan s'est trouvée modifiée (transformation de postes du passif : dettes) et assure donc une plus grande confiance à tous les acteurs du club. "Je viens de procéder à une augmentation de capital de 20 millions, pour effacer les dettes. Je remets au pot pour montrer que les investisseurs sont là. Tout est préparé depuis longtemps." confiait à l'époque l'entrepreneur londonien.

Dans l'esprit de ce dernier, le plan était limpide : après des années à construire un nouvel équilibre financier en usant notamment d'un Plan de Sauvegarde des Emplois (PSE) débouchant sur la suppression d'une trentaine d'ETP, et à avoir combler les dettes opérationnelles générées chaque année (à hauteur de 3 ou 4 millions €), la ligue 1 devait permettre d'effectuer la bascule vers des perspectives plus prospères d'un point de vue économique, comme l'évoquait en tout début de cet article le Président lensois. "Vous vivez une saison en L1 que vous attendez depuis longtemps, pour laquelle vous vous êtes battus. Vous pensez que c’est l’année du retournement économique et il n’y a jamais eu autant de problèmes que cette saison !" abonde Arnaud Pouille, le DG lensois, dans un très long entretien donné à la Voix du Nord.

Les solutions pour faire face : aides de l'Etat et économies internes

Et il est vrai que les problèmes sont légions ! Ils résultent de deux principales crises concomitantes : celle liée au Covid et aux restrictions sanitaires et celle liée au fiasco du principal détenteur des droits TV pour les 4 ans à venir, à savoir Mediapro.

Pour chacune de ces crises, les solutions ne sont pas nombreuses pour les clubs de L1 et pour le RCL en particulier. Elles résident donc entre des aides de l'Etat (PGE, activité partielle, aide sur la billetterie) et des actions locales d'économies (négociations d'une baisse générale des salaires pour tous les salariés du club artésien).


Pouille confirme que Lens cherche toutes les solutions. Les négociations ont bien été entamées du 23 au 29 janvier mais n'ont pas portées uniquement sur les salaires des joueurs, le club rappelant au passage l'importance de la valeur du collectif, qu'il a toujours véhiculé dans son histoire. Au total, c'est donc 180 personnes (dont 125 joueurs) concernées par ces discussions, qui ont débouchées sur un accord général annoncé par le club le 30 janvier. "Et cela fait comprendre à ceux qui ne connaissent pas ce club, que le collectif n’est pas seulement un mot." affirme Arnaud Pouille. Selon l'Equipe, l'accord porte "sur une réduction des salaires entre 5 et 20 % avec plafonnement selon les tranches d'imposition des salariés concernés". Un signal fort !

"De toute façon maintenant il faut agir et trouver des solutions. Nous ne pouvons pas juste regarder en disant il y a un problème. Car le mur approche…"

Mais cet allégement de la masse salariale n'est qu'un premier levier actionné pour permettre au RCL de finir plus sereinement l'exercice en cours, jusqu'alors en péril d'un point de vue économique. Car les pertes estimées pour le foot français suite à la défaillance de Médiapro atteignent environ 1,3 milliard € ! À l'échelle du RCL, on parle d'une évaporation de 32 M€ par an ! "Sachant que cette perte moyenne est supérieure au budget total. Ça vous donne une idée du gouffre dans lequel on est." commente Pouille.

Son Président souligne encore que les pertes sont multiples et pas simplement issues des droits TV. "Après les droits TV, la billetterie est la source de revenus la plus importante du club, avec environ 7 millions d’euros annuels. Pour chaque rencontre disputée à huis clos, le manque à gagner s’élève à 450 000 €. Et nous sommes l’un des clubs les plus touchés par l’absence de public, puisque chaque fois qu’un match se déroule à huis clos, nous devons rembourser un peu plus de 22 000 abonnés."

On comprend donc que le collectif lensois aura donc encore fort à faire dans les mois qui viennent. Pouille se veut combattif et confiant. "On a un collectif global – je pense aux salariés, partenaires, prestataires ou supporters par exemple – qui prouvent chaque jour leur attachement aux clubs et qui seraient peut-être prêts à faire des efforts. Peut-être que ça nous rend moins fragile."



Photos : La Une est issue du journal LeMonde. Celle de l'article est issue du journal Le Parisien. Les citations d'Arnaud Pouille sont extraites d'une série d'articles publiée par La Voix du Nord.

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