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Lens n'a pas de plan B


 Battu dans les grandes largeurs par son voisin (4-0), le RCL a affiché les limites qu'on lui cherchait encore.

Le derby aura finalement eu lieu avant le match en lui-même. Car sur le rectangle vert, la rencontre s'est révélée être à sens unique en faveur des Dogues. Trop fins techniques, trop rapides, trop sûrs de leur forces, les hommes de Galtier ont giflé ceux de Haise, qui n'ont jamais su se mettre au diapason du rythme d'un match à enjeu.

Car les attentes, outre celles liées à la suprématie régionale mis en exergue durant dix jours par les supporters des deux camps, étaient sportivement réelles. En effet, le vainqueur prenait seul la tête du championnat, et après sept journées, la chose est de moins en moins anodine.

Les commandes de la L1 sont donc ce matin aux mains des Lillois, sans que cela ne subisse aucune contestation tant les Sang et Or ont semblé démuni. L'un des enseignements à tirer de ce non-affrontement, c'est que le RCL manque cruellement de plan B. "On sait ce qu’on a fait de bien pour gagner des matches, on sait ce qu’il ne faut pas faire pour éviter des débâcles comme celle de ce soir." admet Jean-Louis Leca, lucide.


La force collective est interdépendante des forces individuelles

On savait avant la rencontre la liste des absents côté lensois. Trois titulaires indiscutables allaient briller par leur absence : Ganago, le fer de lance de l'attaque, Médina, le colosse de la défense et Sylla qui anime fort bien son couloir gauche depuis son arrivée en Artois. 

La leçon est que la force collective du Racing est interdépendante de ses forces individuelles, et qu'une somme d'absences, à l'échelle de son système en 3-4-1-2 est hautement préjudiciable. Fallait-il alors maintenir ce dispositif hyper exigeant collectivement alors même que l'équilibre de l'équipe était bouleversé ? Haise a offert une réponse hier, visiblement la mauvaise.

Car Médina, dur sur l'homme est aussi un défenseur qui sait jaillir et anticiper. Il ose aussi des relances qui servent l'avancée collective en possession du ballon. Tout ce qui a fait défaut au défenseur serbe censé le remplacer, Radovanovic, qui n'a fait que défendre en reculant et balancer de longs ballons devant.


Ganago, fer de Lens

De même, alors que Ganago est puissant et sans cesse en mouvement pour peser sur les défenses en exploitant la moindre brèche pour lancer un appel, Jean est apparu inoffensif et trop effacé derrière les deux tours de garde lilloises que sont Botman et Fonte.

L'expérience de Sylla a également fait défaut dans le couloir gauche de la défense artésienne, face aux dédoublements de Celik et Araujo devant lesquels Haïdara s'est retrouvé perdus. "On voulait aller les chercher haut mais je pense qu’on n’a pas été assez compact ensemble. On avait énormément d’espaces entre nos lignes et on est tombé face à de très bons joueurs qui ont nous ont complètement surpassés." confie le capitaine Cahuzac.


La même recette...mais un plat différent.

Car le RCL avait choisi d'appliquer la même recette que lors de ses rencontres précédentes : pressing haut, occupation de la largeur du terrain, transitions rapides vers l'avant. Des caractéristiques de jeu balayées par les hommes de Galtier, ces derniers changeant constamment le rythme du match pour désorienter les lensois. 

De même, leur maîtrise technique leur offrait toujours un temps d'avance sur le harcèlement de leurs adversaires tout en leur permettant d'exploiter les espaces dans le dos des pistons. "A certains moments, on était en décalage, constate Haise. On n'osait pas défendre comme on le fait habituellement. Cela demande de la précision. Quand ce n'est pas le cas, ça se voit face à une équipe de qualité."

Les dogues ont aussi su isoler Kakuta, l'homme clé du système de Haise. Il n'a que peu été trouvé, et lorsque ce fut le cas, il ne parvenait ni à créer de relations techniques avec ses attaquants, ni à avoir ce coup de reins qui le caractérise lorsqu'il élimine par le dribble.

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La défaite, par son ampleur, doit donc être salutaire pour Lens. Elle doit faire émerger dans l'esprit de Haise, la réflexion d'un plan B. Celle qui dit qu'un entraîneur s'adapte toujours à son effectif. Lorsque ce dernier est affaibli par des absences importantes, il s'agit de savoir inventer autre chose pour exploiter au mieux les forces en présence. "Je regrette que l’on n’ait pas pu faire le match qu’on a l’habitude de faire ces derniers temps. Il y avait des joueurs un peu moins bien que d’habitude et un adversaire au niveau. Quand on perd 4-0 et que l’on a eu du mal à exister, il y a une déception collective et elle est faite de multiples déceptions individuelles." conclut le coach, conscient que la route est encore longue mais qu'une bonne partie du chemin a déjà été faite. "Aujourd’hui, on a perdu logiquement mais on reste 5e du championnat avec 13 points et, ça, je ne l’oublie pas".



Crédits : citations issues de lensois.com

photo : onzemondial.com

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