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L'été artésien



En septembre, un soleil estival cogne sur le club.




"Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce matin-là " chantait Joe Dassin le 6 juin 1975 en référence à cette période de la saison particulièrement ensoleillée et radoucie qui survient, parfois, après les premières gelées de l’automne.

Nombre de lensois peuvent ces jours-ci fredonner ces paroles au regard des performances de l’équipe dirigée par Franck Haise, qui totalise 9 pts sur 12 possibles. Car ces trois victoires consécutives permettent au Sang et Or d’avoir un temps de passage largement supérieur à ceux leur servant de repère au maintien, objectif visé cette saison.

Une impression de puissance

Mais plus que le classement et le capital de points acquis, c’est le contenu qui enchante de nombreux observateurs, et parmi ceux-là, le coach lensois. " Ce qui m’intéresse, oui, c’est la manière ! Le mérite en revient à tout le monde, surtout aux joueurs. Il y a des repères. On travaille fort et bien. "

Même son de cloche chez Jean-Louis Gasset, l’entraîneur bordelais. "Ils sont très bien organisés, très agressifs, sûrs de leur jeu. Kakuta et Ganago nous ont donné une impression de puissance qu’on n’avait pas. "

La puissance, caractérisée par la capacité à aller au duel, à subir, enchainer les efforts, presser et répéter les courses, est en effet l’une des caractéristiques du Lens "made in Haise". Mais ça n’est pas la seule, loin de là.

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Les joueurs ont en effet cette capacité à s'adapter au contexte et aux forces en présence selon l'adversaire rencontré. Cette flexibilité est un atout précieux.

"Il faut être capable de changer en cours de route, confirme le dernier dépositaire du jeu à la Nantaise, Reynald Denoueix. Dernièrement, j’entendais un commentateur à la télé qui disait que l’organisation tactique ne servait pas à grand chose, que l’animation était plus importante. Et il prenait comme exemple une équipe qui évoluait en 4-3-3 avec le ballon et qui passait en 4-4-2 à la perte du ballon. Mais le simple fait de changer en cours de route, d’être capable de s’adapter, démontre que c’est important et rend cette réflexion contradictoire. Pour moi, s’organiser tactiquement est très important. C’est la base d’un collectif".



En quatre rencontres, le profil statistique a évolué. Tandis qu’à Nice puis contre le PSG, le RCL a vu sa possession inférieure à celle de son adversaire, et son nombre de passes dans le match assez faible (pour deux résultats sensiblement différents), un inversement a été constaté au Moustoir puis confirmé contre Bordeaux. " Je suis satisfait de l’état d’esprit du groupe. Une équipe avec plus d’occasions gagne plus souvent ! Je préfère donc avancer et créer. Sécuriser, c’est ne plus être offensif, ne plus imposer un rapport de force. " plaide le coach artésien.

Pas seulement bien en place

"Je vois beaucoup d’équipes, et pas seulement en Ligue 1 mais aussi aux niveaux inférieurs, qui sont « bien en place » comme on l’entend à longueur d’interviews ! Des équipes bien regroupées, qui réduisent les distances et sont rodées dans ces schémas de jeu défensifs, avec des joueurs qui font tout pour les respecter, quitte parfois à être incapables d’en sortir alors que la situation le leur permettrait. Au final, ils ne surprennent pas beaucoup." analyse encore Denoueix.

L'ex technicien Nantais voit des bribes de lumière malgré tout, dans certains collectifs affranchis du seul prisme du résultat dans leur façon de penser le football. "Ces collectifs sont surtout très disponibles quand la plupart des équipes se contenteraient de jouer long, parce qu’elles l’ont décidé ainsi, parce que ça ne fait pas partie de leur culture de jeu, parce qu’elles n’ont pas assez confiance en elles peut-être…" Le RCL s'inscrit dans les pas de ces collectifs qui vont de l'avant.

L'amélioration continue

C'est en tout cas une idée fixe chez Haise qui a, dès sa prise de fonction, rappelé l'objectif de maintien essentiel pour le club, tout en osant parler d'ambition dans le jeu proposé.  "En début de saison, il est important de créer une organisation qui permettra à tous les joueurs de trouver une zone dans laquelle s’exprimer, rappelle l'ex coach de la Real Sociedad. Une fois maîtrisé un système bien particulier, et parce qu’on sent que chaque joueur y a trouvé sa place, il est tout aussi important de savoir en sortir en fonction des conditions de jeu, de l’adversaire, du score etc."


Tous ces ingrédients renvoient l'image d'une solidité à toute épreuve qui dépasse le simple onze aligné sur le terrain. Elle vise l'ensemble du groupe. Du club. "On veut rendre fiers nos familles, supporteurs, dirigeants. Ils ont fait un super boulot" avoue le portier Sang et Or.

Sur le rectangle vert, d'une manière très concrète, cette solidité s'illustre en plusieurs chiffres : le RCL est co-leader du classement de notations par équipes établi par le quotidien L'Equipe. Il est aussi leader du classement de l'expected goal (2,14), et enfin, il est l'équipe qui concède le moins de tirs adverses (6,3 par match). 

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Des points pourraient être encore améliorés. "Il faudrait augmenter le ratio occasions/buts marqués" note Haise. "On est perfectibles ! renchérit Leca. Dans certains domaines, on doit être plus déterminés et concentrés."

Preuve s'il le fallait de l'envie du groupe d'aller aussi loin que possible. "On ira, où tu voudras, quand tu voudras. Et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort." reprenait Dassin.



Crédits : morceaux choisis de l'itw de Raynald Denoueix par actufoot.com
Photo de Une : L'avenir de l'Artois.
Fourni par Blogger.