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La trace d'une solidité



Analyse de l'empreinte des victoires Artésiennes.


Le sillage des succès du RCL nous révèle une équipe protéiforme, loin des caricatures que fait pleuvoir le système tactique dans lequel elle évolue.

Bien qu’elle soit en vogue actuellement, l’organisation d’une équipe autour d’une défense à trois reste encore en marge dans le championnat français, plus habitué aux concepts déjà établis et rôdés tels que le 4-4-2 ou 4-3-3 (avec sa variante le 4-2-3-1). Alors quand Franck Haise, lors de sa prise de poste, a validé ce dispositif mis en place par Philippe Montanier, et y a axé, avec la cellule sportive du club, toute sa politique de recrutements en vue du retour en ligue 1, certains ont ressenti des craintes.

La principale était de voir les Sang et Or défendre à huit ou neuf dans leurs trente derniers mètres tout en cherchant à exploiter la moindre contre-attaque possible. Un jeu monocorde, tourné vers l’aspect défensif dans l’attente de l’erreur adverse. « Le match est remporté par l’équipe qui commet le moins d’erreur et le football favorise celui qui provoque ces erreurs chez l’adversaire » déclare comme un mantra, José Mourinho.

Humbles mais ambitieux

Cette crainte trouvait son essence dans l’objectif même du club, à savoir obtenir le plus simplement possible son maintien dans l’élite, afin de stabiliser Lens au plus haut niveau. En d’autres termes, que l’enjeu supplante le jeu. « Il faut bien l'avouer, le premier objectif, c'est de rester en L1 et pérenniser le club à ce niveau, admettait Haise. Cela ne doit pas empêcher l'ambition et de viser le plus haut possible. Restons humbles mais soyons ambitieux ».

L’ambition du coach s’est ainsi révélée dès le premier déplacement à Nice, où ses hommes bien que battus (2-1) par le onze de Vieira, ont démontré beaucoup de qualités collectives et individuelles, justifiant le positionnement tactique mis en place par leur entraîneur. L’ensemble s’est révélé être beaucoup plus affiné et perfectionné que pouvaient l’imaginer les sceptiques.

Un savant mélange

L’objectif de l’ex-entraîneur de la réserve est d’apporter à la fois de la densité au cœur du jeu sans oublier d'appliquer de l’écartement, tout en garantissant une supériorité numérique à la relance. S’agissant du volet offensif, ses joueurs doivent chercher la possibilité d’une récupération haute en effectuant un contre-pressing.
Une recette appliquée, de différentes façons, dans les rencontres couronnées de succès du PSG (1-0) et de Lorient (2-3). 

À Bollaert, face aux champions en titre, le Racing a beaucoup subi et couru après le ballon, les hommes du Tuchel affichant un taux de possession de 78% à l’issue du match. La clé était donc de pouvoir défendre en bloc bas tout en maintenant une pression sur le porteur de balle. « Il fallait défendre en avançant, pour mettre une pression plus constante, explique Haise. Cela permet de desserrer un peu l’étreinte. […] On a quand même réussi, par séquences, à récupérer des ballons plus haut ». Ce fut le cas sur l’action du but de Ganago.


Le RCL a ainsi réussi un savant mélange de solidité à toute épreuve, d’exploitation des erreurs défensives adverses, d’efficacité et de réussite. Et a pu démontrer sa capacité à bien se replier défensivement, occuper l’entrejeu, défendre tout en se projetant et presser haut dès que cela s’avérait possible.

En Bretagne, pourtant organisés de la même façon, l’équipe artésienne a su proposer un autre visage. « Lens était bien en place et leur système de jeu nous a mis en difficulté alors qu’on savait comment ils joueraient. » avouait d’ailleurs Quentin Boisgard, le milieu lorientais.

Une vraie philosophie de jeu

Les hommes de Haise ont dominé le match, aussi bien dans la possession du ballon (52%) que sur aspect plus physique. La ligne de quatre milieux occupant la totalité de la largeur du terrain a fait mal aux champions de L2, tout comme la permutation constante des trois joueurs offensifs. L’apport de Kakuta prend ainsi tout son sens. Il exprime sa qualité technique individuelle en toute liberté au cœur d’une didactique collective bien huilée. « Il ne faut surtout pas s’enflammer, prévient le capitaine Cahuzac. On a un vrai collectif avec des valeurs. Le club s’est donné les moyens de recruter de bons joueurs et notre coach a une vraie philosophie de jeu ».

Les lensois ont surtout su occuper les espaces en possession du ballon et ainsi pu opérer en attaques placées tout autant qu’en contre-attaque. Ils ont même marqué sur coup de pieds arrêté, chose qui était loin d’être évidente en Artois jusque-là. « Il y a des jours où c’est plus compliqué d’avoir un allant offensif durable. Je fais référence à jeudi contre le PSG, explique Haise. Ici, on a eu beaucoup de situations. C’est toujours plaisant de voir son équipe produire du jeu. On a plutôt bien défendu et bien attaqué sur les transitions et en attaques placées. C’est de bon augure. Poursuivons notre chemin ! ».

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Une philosophie de jeu claire et continue qui permet de faire germer différents concepts collectifs en fonction de l’adversaire et de la dynamique de l’équipe et des joueurs qui la composent, résumée par Socrate en son époque : « Connais-toi toi-même ». Traduite plus concrètement par cette idée que la raison est le guide de toute bonne action. Une recette appliquée à la lettre en Artois jusqu'ici. Avec succès !

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