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Kakuta en plein cœur




Formé à Lens sans y avoir joué, Gaël Kakuta retrouve les couleurs qui lui sont chères.


Son départ pour l'Angleterre à l'aube de ses 16 ans était, à l'époque, le marqueur d'une dérive de plus en plus courante dans le milieu du foot d'aujourd'hui : les pillages post-formation dans le monde des transferts. L'épisode fut tel que le club Artésiens attaqua Chelsea devant la FIFA afin d'obtenir réparation. Sous la menace d'une sanction, le club londonien versa des dommages et intérêts au RCL.

Cet événement n'était en fait que les prémices d'une carrière qui l’aura emmené dans 12 clubs en une petite douzaine d’années, de Bolton (dans le Grand Manchester) au Rayo Vallecano en Espagne en passant par Dijon, Amiens, les Pays-Bas ou encore le Hebei China Fortune FC, dans le nord-est du pays.


    Jamais vu un joueur avec son talent à son âge


Un véritable CV de globe-trotter du football, plus communément appelé mercenaire. Une instabilité davantage subie que recherchée. "En Angleterre, si ton premier prêt se passe mal, tu perds la main pour longtemps." confie le meneur de jeu.

Adoubé par Ancelotti à son arrivée à Chelsea, faisant dire au technicien italien "Je n'ai jamais vu un joueur avec son talent à son âge", le gamin de la Gaillette ne parviendra pourtant jamais à intégrer l'équipe pro, la faute à une blessure notamment. Souvent prêté, il paraît dès lors condamné à errer, entre expériences peu concluantes, rebonds, espoirs et désillusions.


    De pépite à espoir déchu


Au gré des contrats et des destinations Kakuta vit son statut dans le football évoluer. De jeune prodige à futur "nouveau Zidane", il fut ensuite rangé dans la catégorie des espoirs déchus.

Des appellations qui influent sur les contrats mais ne changent pas l'essentiel, à savoir les qualités de joueurs indéniables que l'homme possède. Elles sont reconnues par tous les observateurs l'ayant vu évoluer ainsi que tous les techniciens qui l'ont croisé. "Ses prises de balle, ses appuis, la vitesse de ses dribbles" dit l'un d'eux.

Franck Haise en est tout aussi conscient. "Gaël on sait pourquoi on l’a recruté mais on va tous devoir faire beaucoup d’efforts. On attend que chacun apporte sa pierre à l’édifice. Il ne jouera pas dans le même système qu’à Amiens mais il sera dans les soutiens de nos attaquants car on jouera surement plutôt à 2 devant."


     Au service de l'équipe tout autant que l'équipe sera à son service


 Le coach Sang et Or le voit ainsi dans le fameux rôle de numéro 10, issu d'une approche tactique très française. "Le premier schéma tactique en 2-3-5 a fait du demi-centre, seul joueur à faire le lien entre les lignes défensives et offensives, le meilleur joueur" glisse Guy Roux, l'ex entraîneur bourguignon. "La France seule s’obstine encore et est donc parmi les dernières à jouer avec un numéro 10." note Didier Braun, journaliste.

Le pays prête au meneur de jeu des vertus philosophiques où se mêlent l'élégance du jeu, la responsabilité de toutes les liaisons et de tous les rythmes contenus dans une rencontre. Le 10 a ce côté d'homme providentiel. À la fois au cœur du collectif car fédérateur, mais également seul au sommet de l'édifice.Un mythe répandu dans le bassin minier également, qui frémit volontiers à l'évocation des souvenirs de Leclercq, Vercruysse ou encore Ziani.


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Un rôle cher à Haise aussi, particulièrement attentif à la manière dont son équipe opère ses transitions au cours d'un match. Notamment dans l'aspect offensif. "On se devait de créer du lien entre nos milieux, y compris les pistons et nos joueurs offensifs, notamment nos 2 attaquants. Je voulais des attaquants plus proches les uns des autre" expliquait-il à l'issue de sa première rencontre passée sur le banc.

À l'époque, l'homme incarnant le lien s'appelait Tony Mauricio. "L’apport de Tony Mauricio entre les lignes a beaucoup pesé. Cela a aussi créé une proximité entre les trois attaquants." Avec le passage à l'échelon supérieur, le coach a voulu renforcer ce secteur de jeu par un homme rompu au haut niveau. Une valeur sûre.


     Une attente énorme


Car malgré ce statut de globe-trotter et d'espoir déchu du football, l'attente sera immense dans le bassin minier, pour le retour de celui qui aurait dû enflammer le stade Bollaert-Delelis à ses débuts. " J’ai fait toute ma formation ici, donc c’est compréhensible que les supporters attendent beaucoup de moi, c’est un challenge excitant pour moi. Je suis prêt et très content d’être de retour. Je suis impatient de commencer" réagit Kakuta.



Une concentration des regards à laquelle s'attend également Franck Haise, qui compte faire du joueur la pierre angulaire de son système de jeu en s'appuyant notamment sur la richesse de ses expériences. "Son expérience va beaucoup nous aider à être décisifs dans les bons moments".

Une attente dont Kakuta est parfaitement au fait. "Je pense que je peux montrer de très grandes choses à cet âge avec de la maturité car j’ai beaucoup voyagé, j’ai eu des expériences différentes et connu plusieurs cultures. J’espère pouvoir apporter ça au groupe et notamment aux jeunes. Je suis venu pour aider. J’ai eu beaucoup d’expérience. J’ai déjà joué le maintien à plusieurs reprises, je pense pouvoir aider à ce niveau dans les moments difficiles. Sur ce point, je me suis fixé l’objectif de devoir faire ce truc en plus pour remonter le moral à tout le monde le moment venu."


    Privilégier l'affectif


Charge à l'ex coach de l'équipe réserve lensoise de permettre au joueur d'être dans les meilleurs dispositions. Cela passera par le jeu, en privilégiant les passes courtes et la multiplication des mouvements autour de lui, notamment dans les couloirs du 3-5-2, mais aussi par le management et la confiance réciproque qu'il s'agira d'instaurer entre Kakuta et lui. Haise va devoir manier l'affect et la complicité en même temps que la rigueur et la recherche de perfection. Un équilibre pas toujours simple à trouver.

Équilibre que le numéro 10 congolais avait connu dans la banlieue Est de Madrid, au Rayo Vallecano. Les souvenirs de l'entraîneur Paco Jémez lui sont d'ailleurs toujours bien présents dans la tête. "C’est un perfectionniste. Et quand il voit que tu te relâches et que tu laisses redescendre la pression, il t’en demande le double. Avec lui, tu ne peux pas déconnecter. Si tu déconnectes, tu sors de l’équipe. C’est l’entraîneur dont j’avais besoin." explique Kakuta."Il demande que tu donnes 100% sur le terrain. Je l’apprécie parce que lors de certains matchs, par exemple, je n’ai pas joué si bien que ça, et malgré ça, il ne m’a pas remplacé."


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Un fonctionnement à l'affectif qui est également ressorti lorsque le tout nouveau Sang et Or a pu s'exprimer sur son arrivée en Artois. "Revenir ici ça a toujours été dans un coin de ma tête. Cette année c’était le bon moment je pense. J’ai 29 ans, c’est un moment clé de ma carrière. Je suis fier de signer dans le club qui m’a fait rêver étant jeune."

Choix de cœur pour un rôle au cœur du projet de reconquête bâti par le RCL, l'arrivée de Gaël Kakuta fait vibrer bien des cœurs de lensois qui voient dans ce come back une belle histoire de plus s'ajouter à celle déjà en marche avec le club.
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