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L'approche rationnelle



Il y a mille façons de jouer au football. Ce qui laisse l'embarras du choix à Haise.



Nommé le 25 février 2020 entraîneur principal du RCL, le normand n'a eu que peu de temps pour développer ses idées du football. La crise du Covid-19 a en effet coupé court à toute entreprise de construction, réduisant Franck Haise à ses deux succès glanés en autant de matchs.

Récemment confirmé dans ses fonctions, il sera donc sur le banc lensois la saison prochaine. "On a beaucoup apprécié sa gestion du groupe pour les deux matchs qui se sont avérés capitaux, mais aussi sa gestion du groupe pendant la crise" explique Pouille DG des Sang et Or.

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L'ex coach de la réserve avait en effet su trouver les mots auprès d'un groupe en proie aux doutes "Il y a un environnement passionné ici. Mais ce n’est pas en martelant tous les jours qu’on va monter, qu’on monte. C’est plutôt en travaillant, en y mettant beaucoup de cœur, avec un état d’esprit sans faille et en améliorant ses convictions. Donnons-nous les moyens. La pression existe, mais elle n’inhibe pas."

Le groupe le suit

La méthode avait fonctionné au regard des résultats obtenus. Deux succès en autant de matchs joués. Des débuts réussis qui ont permis au coach de faire très rapidement ses preuves. "Il fallait un état d’esprit conquérant et faire les efforts ensemble, réagissait Haise, à chaud. Sur l’animation défensive, on a réussi à faire ce qu’on voulait. Il y avait des choses positives."

Le fait que l'ancien joueur de Laval pointe davantage, dans son observation, les aspects défensifs n'est pas un hasard. "C'est beaucoup plus facile d'apprendre à défendre que d'apprendre à attaquer" avoue l'entraîneur croate Tomislav Ivić.

Une idée complétée par Élie Baup, consultant TV et ex entraîneur de Bordeaux notamment. "Quand tu as peu de temps, c'est plus facile d'avoir des lignes courtes et compactes ! D'être bien organisé pour jouer la contre-attaque."


Avec un contrat court de douze rencontres, Haise a donc opté pour des valeurs sûres : ni révolution managériale, ni bouleversements tactiques. Seules modifications : le statut de capitaine, une attaque avec deux éléments rapprochés et le positionnement d'un milieu supplémentaire, en numéro 10. Par souci d'amélioration des transitions de balles mais aussi d'organisation défensive. "Pour bien défendre il faut être nombreux. Ce n'est qu'une question de nombre et de volonté" résume Raynald Denoueix.

Les chiffres sont probants : 3 tirs cadrés subis en 2 rencontres, 0 but encaissé. Le bloc défensif Sang et Or avait retrouvé de la compacité et imposait à ses adversaires un surnombre permanent dans ses trente derniers mètres ainsi qu'un haut degré d'engagement dans les duels. Le résumé parfait de la rigueur et de l'esprit de conquête recherchés par le nouveau coach.

Disposant maintenant de davantage de temps, Haise va-t-il développer d'autres axes de sa vision du football ? Pas si sûr.

Dans le voyage ce qui compte c'est le chemin.

Car, en réalité, l'ex entraîneur de la réserve ne disposera pas de tant de temps que cela. Le retour dans l'élite a décuplé la passion qui entoure le club tout autant qu'il a aiguisé les appétits. Humbles, les dirigeants Artésiens voudront cependant valider au plus vite la stabilisation de l'équipe au plus haut niveau. "Il faut bien l'avouer, le premier objectif, c'est de rester en L1 et pérenniser le club à ce niveau, admet Haise. Cela ne doit pas empêcher l'ambition et de viser le plus haut possible. Restons humbles mais soyons ambitieux"

Il va s'agir pour Haise et ses hommes de prendre des points assez rapidement afin d'instaurer un climat serein et propice au travail. Même si le Normand démontre une appétence pour la philosophie. "Ce qui compte, c'est le chemin". En d'autres termes, faire bien pour le plaisir de faire bien, non pour en tirer quelconque profit.


Hors, la solidité défensive permet généralement de prendre ces fameux points au classement, même si Haise préfère s'intéresser aux moyens qu'aux résultats. "La victoire n'est qu'une conséquence" disait-il alors sur le banc de la réserve lorientaise.

Prendre des points, mais pas que.

Cela dit, dans The Numbers Game, Chris Anderson et David Sally ont démontré qu'un but non encaissé rapporte plus qu'un but marqué. Aussi, une équipe qui ne prend pas de but dans une rencontre récolte 2,1 points en moyenne, alors qu'un but marqué ne rapporte qu'un seul point en moyenne.

De fait, il est probable que Lens entame sa saison dans le système qui lui a permis d'en être arrivé là, à savoir la défense à trois. Ce schéma permet de couvrir la largeur du terrain tout en imposant une densité dans l'axe pour enfermer l'adversaire sur les côtés. Le RCL devrait privilégier aussi un repli défensif organisé plutôt qu'un pressing haut pouvant créer des espaces entre ses lignes.

Dès la récupération effective, Haise devrait favoriser le développement d'attaques rapides, où les envolées techniques d'un Kakuta et l'intelligence des appels d'un Corentin Jean pourraient laisser entrevoir de beaux mouvements.

Ouvrir les joueurs à d'autres formes de réflexions 

Toutefois, le Racing version Haise ne se contentera pas d'un seul et unique principe de jeu. Pas le style du coach, qui a toujours cherché à approfondir d'autres aspects du football, autres que ceux liés au terrain. "Je pars du principe que le football est composé de l’aspect technique, tactique, mental et physique et que tout est lié à tout moment. Il ne faut pas travailler séparément ces domaines. Par exemple si l’on est en confiance ou moins bien on va plus ou moins bien réussir une chose. Travailler les différents aspects sur le terrain, c’est mon rôle. Mais ouvrir les joueurs et le groupe à d’autres formes de réflexions, c’est bien aussi. Je suis très favorable à travailler la dimension mentale, la cohésion d’équipe et le partage."

Des principes qui font échos à ceux mis en place lors de son arrivée par Philippe Montanier. Ce dernier prônait le suivi d'un projet de vie duquel s'inscrirait un schéma de jeu. Lien encore plus lointain, celui qui mène au coach du Dynamo Kiev, Valérie Lobanovski, lequel considérait son équipe comme "une unité complète, constituée de pièces interdépendantes".

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Par ailleurs, Haise est un adepte des formations hybrides et des joueurs polyvalents. Si l'on résume grossièrement la problématique des entraîneurs, l'on peut dire qu'il y a deux approches pour s'imposer : pouvoir battre tout le monde en évoluant comme on l'a décidé ou être capable de résoudre n'importe quel problème posé. Le tout jeune titulaire du BEPF lensois est plutôt dans  cette deuxième catégorie. "J’essaye de dire les choses quand c’est bien, quand ce n’est pas bien aussi. J’essaye d’avoir un management où on échange, parce qu’on a besoin de joueurs responsables."

Des principes simples mais limpides qui devraient offrir aux Sang et Or de beaux moments dans cette saison du retour dans l'élite. Ceux d'un rêve réalisé en commun. Ceux qui font que l'on se dépasse sans cesse tout en restant soi-même. "Ça fait 17 ans que je suis entraîneur et ce que je veux, être le même entraîneur que celui que j’étais chez les U17 rennais ou chez la réserve de Lorient" conclut Haise. Classe.


Crédits photos : rclens.fr/ouest france/Butfootballclub
Crédits citations : MadeInLens, Télégramme, Ouest France, lensois.com

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