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Pas un hasard


Ce n'est pas le virus qui envoie Lens en L1 mais bien une démarche cohérente et continue appliquée depuis deux saisons.


Tout sauf un hasard. Les circonstances actuelles ont certes abouti à une fin prématurée de la saison en cours, déterminant de manière anticipée les titres, les accessions et les relégations. Mais ne lire la montée de Lens que par le prisme du Covid-19 serait erroné tant le club a été proactif ces derniers mois dans le but d'atteindre cet objectif.

Avec une présence régulière aux deux premières places du classement (22 fois sur 28 journées selon notre module Trajectoires) offrant un accès direct à la division supérieure, un assainissement approfondi de son modèle économique via l'augmentation de capital opérée par son Président Joseph Oughourlian et un effectif riche, construit de manière collégiale et répondant aux critères rigoureux d'une procession de recrutement défini, il ne pouvait en être autrement cette année : le club du bassin minier allait retrouver l'élite !

Chaque amoureux de l'entité lensoise y croyait dur comme fer à l'orée de l'exercice jusqu'au Président qui assignait publiquement cet objectif : "Cette année, Lens doit monter. Si on avait pas l'équipe qu'on a, je n'oserais pas le dire mais on a des hommes structurés donc je n'ai pas peur de les crisper." Fort des émotions vécues lors des barrages printaniers, le club a mûri et s'était donc préparé en conséquences en analysant les manques qualitatifs de l'effectif, en consolidant ses finances via un plan social et une réduction de voilure afin de lui permettre d'augmenter sa masse salariale (8M). Un retour au cœur de métier permettant au RCL de "se projeter vers des choses plus positives" dixit son DG Arnaud Pouille.

22 fois sur 28 dans le top 2

Toutefois, la réalité du football et des ambitions personnelles des joueurs firent connaître au board une seconde partie de mercato qui a, un temps, désorganisée l'équipe en place. Philippe Montanier, l'entraîneur de l'époque, fit ainsi évoluer son schéma tactique au regard de la composition de son effectif.

D'un 4-2-3-1 déséquilibré et fragile, le Racing a muté vers un 3-4-3 solide et efficace. Cette révolution a apporté beaucoup de certitudes dans l'occupation du terrain et la gestion du rythme des rencontres, en confiant notamment les clés du jeu aux deux joueurs les plus expérimentés du club, à savoir les milieux Guillaume Gillet et Yannick Cahuzac.

La mise en place de ce management par objectifs, la réalisation de ces efforts financiers ainsi que l'ingéniosité de son modèle tactique en harmonie avec les forces présentes dans ses rangs a mené Lens au plus haut du classement, décrochant le titre honorifique de champion d'automne de L2. Mais c'est de notoriété publique que rien n'est paisible en Artois, et la reprise de janvier fit connaître aux Sang et Or des remous inattendus.

La gestion de groupe coûte à Montanier son poste

Les certitudes acquises dans le jeu furent ainsi transformées en une forme d'inertie qui permettait aux adversaires de l'équipe de lire assez facilement les intentions de jeu et les schémas de passes. Incapables de se réinventer ni d'envisager des changements en profondeur, il était dès lors de plus en plus complexes aux joueurs ainsi qu'à leur coach de faire la différence.

Par ailleurs, ce dernier poursuivant sa logique de gestion de groupe au détriment de celle d'un onze bien défini, et au prix de circonstances ponctuelles (blessures de Gradit et Radovanovic) a réintroduit le capitaine Fortes, de retour d'une longue blessure, un peu trop rapidement, déstabilisant ainsi les équilibres en place.

Voyant se déliter la dynamique de points ainsi que l'harmonie collective héritée de la fin de saison passée, le board tranchait dans le vif en évinçant PM à l'issue d'une défaite cataclysmique face à Caen. La solution interne fut privilégiée en la personne de Franck Haise "Si on en est là, c’est qu’il y a des choses à changer. Changer certains joueurs, les systèmes." rappelait le nouveau coach à sa prise de fonction.


Jouant la carte de l'évolution plutôt que celle de la révolution, son arrivée a coïncidé avec le retour du succès (deux consécutifs) replaçant le club à cette seconde place abandonnée pour un temps. Celle qui permet aujourd'hui de fêter d'une immense joie intérieure la remontée en L1. "C’est l’aboutissement de quatre ans de travail, rappelle Joseph Oughourlian. Après deux années d’observation, on a décidé de reprendre la tête du club en direct. On a alors procédé à de nombreux changements dans les services, dans le management, sur le plan sportif. Une vraie révolution."

Un plan ligue 1 est prêt 

Conservant ses principes de gestion des risques et d'anticipation, le board artésien a d'ores et déjà préparé la saison prochaine. "Oui, il y a un plan Ligue 1 sur lequel on travaille depuis trois mois dans la plus grande discrétion. On est dans les starting-blocks. Je viens de procéder à une augmentation de capital de 20 millions, pour effacer les dettes. Je remets au pot pour montrer que les investisseurs sont là. Tout est préparé depuis longtemps."

Sous la houlette d'Oughourlian et Pouille, le RCL est donc devenu une entreprise saine dont le fonctionnement économique est en cohérence avec les coûts qu'il engendre. Par ailleurs, initié par Éric Roy puis animé par Philippe Montanier et Florent Ghisolfi, le projet sportif s'est appuyé sur une logique d'amélioration continue illustrée notamment par un management par objectifs responsabilisant de fait les joueurs et leur indiquant une marche à suivre claire et atteignable. Le recrutement s'est fait en prenant en compte ces éléments et non l'inverse, ce qui a renforcé l'image du club et sa cohérence d'action et de décision.

Le Covid-19 n'a donc que bouleversé la temporalité de ce mouvement intérieur entrepris par les dirigeants lensois. Cette remontée n'est donc pas le fait d'une décision administrative mais bien le fruit d'une construction aboutie et réfléchie, qu'il s'agira de poursuivre afin d'asseoir longuement le club en première division.



Citations : lensois.com, Ouest France. 
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