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Gillet, la perfection au masculin


Non conservé par le RCL en vue de la saison prochaine, le milieu Belge laissera une belle empreinte en Artois.



Dans les faits, Guillaume Gillet n'a jamais été le premier choix pour le brassard. Pour autant, il s'est toujours comporté comme un capitaine et l'a finalement souvent été. Indiscutable dans l’équipe de par son expérience, ses qualités physiques et techniques, il fut même élu Lensois de l'année 2019.

Bourlingueur, le milieu de terrain a connu de nombreux clubs et le très haut niveau. Il ne cachait pourtant pas son enthousiasme au moment de sa signature dans le bassin minier "Mettre le RC Lens sur mon CV, ça me rend fier, et je crois qu’il y a une belle page à écrire ensemble."

Oui, la page fut belle. Son retour de blessure fin 2018 a coïncidé avec l'équilibre et un état d'esprit retrouvés alors que ses coéquipiers, partis idéalement en championnat, connaissaient une période de vache maigre depuis plusieurs semaines. Ses qualités de placement, de relance et de passe en plus de sa grenat furent un bien fou au RCL !

J'aime cette relation avec le public. Des supporteurs qui aiment les joueurs qui mouillent le maillot. Ça fait partie de mes valeurs.

Cet élan amorcé mènera d'ailleurs les Sang et Or jusqu'aux portes de l'élite. Gillet y jouera notamment un rôle primordial de stabilisateur aux côtés de Doucouré et Bellegarde, les jeunes pépites. "Quand je repense à ce match, un mardi soir à Paris… Pfff, on rentre à l’échauffement, on voit ce virage complet de supporters. On a envie de se défoncer, se rappelle celui qui a marqué le but de la qualification. Quand on doit désigner les tireurs, je demande à Mickaël (Debève) d’être le cinquième. J’avais la conviction qu’on allait passer. Et quand le moment fatidique arrive, je me mets dans une bulle, j’avais déjà choisi le côté où j’allais tirer. La fête derrière avec le public était folle, on avait presque l’impression que c’était déjà la montée en Ligue 1. "

Une énergie collective incroyable naîtra de cette programmation de matches folle. Montanier le coach de l'époque dira même : "On a l'impression qu'on est porté par quelque chose de plus fort que nous et habité par le peuple Sang et Or. Il y a une énergie qui circule dans l'équipe et donne ce supplément d'âme qui permet de se dépasser. On est un groupe, pas juste une équipe."

Un noyau dur sur lequel le club voudra capitaliser en vue de la saison qui vient de s'achever. Les décideurs Artésiens en sont convaincus : quelque chose s'est passé au printemps 2019. Une chose forte. Un sentiment. Celui de la proximité de l'objectif recherché.

↦ À lire aussi : Le noyau dur humain


Gillet, au cœur de la performance et donc du projet, est prolongé illico presto sur volonté du coach. Il sera finalement un des seuls cadres de l'épopée à faire ce choix (Tarhat, Bellegarde, Duverne, Mendy, Gomis). Mais en football comme ailleurs rien n'est acquis. Et la vague printanière connaît des remous dès septembre et une défaite à Troyes. Le Belge, titulaire lors des quatre premières journées fera partie des victimes du résultat. Pour peu de temps, puisqu'il récupère très vite sa place aux côtés de Cahuzac, un autre vieux briscard.

Le schéma tactique aligné en 3-4-3 leur convient à merveille. "Ce sont des profils complémentaires avec Yannick Cahuzac qui a la science de la défense et du placement et Guillaume Gillet qui a beaucoup d’activité et qui est capable de se projeter" disait d'eux leur entraîneur.

Gillet représente les valeurs, un état d’esprit remarquable, une qualité de jeu de footballeur et un maillon important de l’équipe. Ils sont plusieurs sur le terrain à faire le relai. Montanier

S'appuyant sur leur intelligence de jeu, il bâtit toute son approche en misant d'un mouvement collectif basé sur la récupération basse et la transition offensive rapide. Verticalité et contrôle des espaces. Gillet était là pour fluidifier le jeu, en apportant de la variété et pour orienter le positionnement de tout le bloc défensif lors du repli ou du pressing collectif.

Champion d'automne, tout devint pourtant plus compliqué à la reprise. L'équipe fit moins de différences, qu'elles soient physiques, techniques ou tactiques et se cantonna de plus en plus à un jeu stéréotypé que les adversaires savaient parfaitement contrer.


La gestion de groupe de Montanier atteint dans le même temps ses limites avec le retour de Fortes. "On savait que les mois de janvier et février allaient être compliqués sur le papier" rappelait en ce sens le joueur Belge, toujours lucide.

Mais pas au point de changer d'entraîneur ! À l'issue d'un naufrage face à Caen (1-4), le board prit la décision d'évincer Montanier. La dynamique points était trop faible et les ressorts psychologiques apparemment cassés. France Haise s'installera rapidement aux commandes.

Un choix dommageable pour Gillet qui vit sa place de titulaire lui échapper au profit du duo Cahuzac-Doucouré. La séquence dura deux matches, le Covid fit le reste en mettant fin à toutes les compétitions.

Pur choix de gestion

Promu donc en L1 avec Lens, l'ex Nantais espérait bien prolonger son aventure. "J’arrive en fin de contrat le 30 juin. On va, je l’espère, se mettre rapidement à table avec le club pour négocier une prolongation. Vivre cette aventure avec ce club fantastique en Ligue 1 est ce dont j’ai envie. Tous les voyants sont au vert pour me permettre de retrouver la Ligue 1 à 36 ans. Ce serait quelque chose de génial pour moi."

Un souhait qui ne pourra donc se réaliser, le club ayant sans doute privilégié des arguments techniques ou financiers, tout en sachant que le changement de statut d'un tel joueur est toujours délicat à gérer en termes RH. La notion de "services rendus" n'aura pas suffit. Le board a opté pour un pur choix de gestion. Fort !

Libre, le milieu Belge saura rebondir et continuera d'incarner pour bon nombre de supporters lensois, cet instant suspendu à la joie brute et totale ressentie au moment du penalty transformé un soir de mai à Charlety.

L'assurance du joueur ainsi que son aisance technique observée dans de telles conditions résument en effet assez bien l'image qu'il laissera ici. "Sur le plan économique, la région connaît des difficultés. Je sais à quel point le foot est important. Quand on a la chance de jouer à Bollaert, il faut se mettre ça en tête. Il faut se battre et les gens vous le rendront. Ce public a dû attendre longtemps. Parfois, ils sont un peu sceptiques par rapport à un joueur en fin de carrière comme moi. J'espère encore tourner de belles pages. Je n'ai pas envie de montrer cette image d'un joueur qui est fini."

C'est tout le contraire Guillaume !


Photos : VDN
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