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Mine d'or

Le RCL vit le jour en 1906. Il navigue depuis entre ombres et lumières. Parmi le sang et l'or.


La première équipe est parée d'un maillot à damier noir, référence au charbon, et vert, comme la place Verte, lieu où les jeunes lensois jouent habituellement au football. Pendant quelques années, elle franchit les échelons du niveau régional.

Cependant, en 1914 la première Guerre Mondiale éclate et marque le premier arrêt d’activité du Racing Club de Lens. Après des années d'interruption, il réapparaît ainsi en compétition d'Artois en 1922. L’équipe lensoise est alors composée de nombreux étrangers venus massivement travailler dans le Pas-de-Calais. Elle évolue en maillot bleu ciel et short blanc, comme souhaité par l'homme à l'origine de la survie du clubs durant cette période.


En 1923, le RCL change de président, mais aussi de couleurs ! Ces dernières passent au sang et or. L’histoire raconte que le nouveau patron du Racing a eu cette idée en passant devant les ruines de l’église de la ville, dernier vestige de l’occupation espagnole dans la région.

Le professionnalisme en 1937

Auteur de bon résultats au niveau régional, le RCL attire de plus en plus. Outre la municipalité, la Compagnie des Mines de Lens, qui était la plus puissante de France, décide, d’acquérir une parcelle de terrain afin d’y ériger un stade : le futur stade Félix Bollaert.

Fortement aidé par le soutien de la Compagnie, le club connaît une radicale marche en avant dans sa progression. Devenus professionnels, les joueurs accèdent à l'élite en 1937 grâce, notamment, au duo Viktor Spechtl – Stephan Stanis Dembiki. "La Direction de la Compagnie a compris tout le bien social que peut apporter une équipe de football professionnelle dans une région où ce sport est roi." analysait en 1964, le Président du club Albert Hus.

Malheureusement, Lens est stoppé net dans sa progression avec la naissance de la Seconde Guerre mondiale.


Après la guerre et jusque 1956, le Racing progresse. Il atteint son objectif principal : s'installer durablement en Division 1. Il réussit même à terminer vice champion de France, cette même année, sous la houlette de Tony Marek.

En terrain miné

En 1969, les mines connaissent une crise sans précédent. La Compagnie est forcée de se désengager du Racing. Une année après sa descente en Division 2, le club redevient donc amateur.

Sous l’impulsion de trois hommes, il va se reconstruire. Henri Trannin, directeur sportif et Arnold Sowinski, qui prendra les fonctions d’entraîneur en 1969. Ils seront épaulés par un maire passionné : André Delelis.

Le retour en D1 se fera en 1973, l'année de naissance du quotidien Libération. Période pendant laquelle le club connaîtra l'Europe, une place de vice-champion de France, la finale de Coupe pour finir par une nouvelle relégation en 1988.


Le RCL, alors en proie à des soucis financiers voit un nouveau Président débarqué : Gervais Martel. Le jeune entrepreneur, ancien chef de rayon chez Auchan, veut rendre au club son lustre d'antan.

Il franchira les paliers un par un jusqu'à un soir de mai 1998. En Bourgogne, les Sang et Or touchent le graal en s'offrant un titre de champion de France. Un coup de maître pour Daniel Leclercq, arrivé sur le banc un an plus tôt.

Style de jeu et règles de vie, la potion du Druide

Surfant sur la vague, l'équipe enchaîne avec une finale de Coupe de France, un titre en Coupe de la Ligue, une épopée européenne (demi-finale UEFA) et une nouvelle place de vice-champion en 2002. L'âge d'or.

Lens est maintenant un club solidement ancré dans le paysage du football français. Une place forte animée par son fabuleux public.

La relégation de 2008, une décennie après le sommet du succès, produira une déflagration en Artois. Martel tient les rênes et réussit le tour de force de retrouver l'élite un an plus tard.


Il n'évitera pourtant pas une nouvelle condamnation à la L2 en 2011. Face à ses très nombreux problèmes de trésorerie, et un passif sans cesse plus lourd, le RCL passe même en 2012 sous le joug de son partenaire financier, la banque Crédit Agricole.

Caisse noire

En 2013, Martel réalise un come back incroyable ! Associé à un sulfureux homme d'affaires Azéri, il offre aux supporters la joie d'une remontée en L1, qu'il lui sera compliqué de faire valider devant les instances de contrôle, faute de garanties bancaires notamment.

Des soupçons de blanchiment et de financement via une caisse noire seront évoqués. "Tous les fonds sont passés par le Baghlan Group. Après, s’il y a eu des interventions là-bas, c’est leur sauce. Je n’ai pas à m’en mêler." se défendait Martel à l'époque.

Privés de modèle  économique fiable,  de gouvernance, de projet sportif et de stade, les lensois réalisent l'ascenseur et retrouvent la L2.

À découvrir aussi : Une vie, le RC Lens.


A l'été 2016, le Racing fait peau neuve avec de nouveaux propriétaires, un nouvel entraîneur en la personne d'Alain Casanova, et de nouveaux espoirs.

Ils seront de courte durée, les espagnols de l'Atletico qui détiennent un tiers du club cherchent très vite à se désengager, recherchant de nouveaux actionnaires jusqu'en Asie. A terme, il s’agirait de faire du RCL "une destination intermédiaire" pour les joueurs de l’équipe nationale de Chine qui voudraient évoluer dans les championnats européens.


Joseph Oughourlian déjà majoritaire dans le capital du club, décide de s'investir davantage en rachetant la part d'Ignacio en septembre 2017.

Un renouveau salutaire

Seul à la barre, il nommera deux hommes forts : Arnaud Pouille à la Direction Générale et Eric Roy en charge du projet sportif. Il écartera surtout et de façon definitive, Gervais Martel. Une page se tourne.

Oughourlian est rompu au milieu des affaires et de la finances. Il va transformer le RCL en une entreprise saine. Le modèle économique sera ainsi construit selon un équilibre cohérent des recettes et des dépenses, indépendant des résultats sportifs.

Les ventes de joueurs les plus prometteurs permettront à l'entité de pouvoir survivre en L2 tout en réduisant de façon drastique les pertes opérationnelles. Illustration de cette gestion rigoureuse, le Plan de Sauvegarde des Emplois (PSE) que le board a mené sur l'ensemble des emplois du club.

L'équilibre comme leitmotiv

D'autres pratiques de gestion émergent du duo Oughourlian-Pouille : reporting, benchmarking, amélioration continue, management par objectifs.

En deux ans, sous la houlette du fondateur de la société Amber Capital, le RCL devient un modèle de développement et de stratégie.

Sauvée de peu en L2 en 2018, l'équipe échouera aux portes de l'élite au printemps 2019. Avant de goûter au plaisir oublié d'un succès mérité en 2020, date du retour en L1.
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