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Au temps perdu de l'innocence


"On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va". Le silence assourdissant que laisse en nous le RCL et le football en général, nous rappelle combien les mots de Prévert étaient pertinents.

Car plus rien n’est assez léger pour s’émouvoir d’un résultat de football ou pour analyser la dynamique de points des Sang et Or sur les cinq derniers matches. Les jours sont lourds de ce temps ralenti propre aux heures sombres.

Chaque heure passée est un poids autant qu'un délestage. Elles nous provoquent des sensations ambivalentes : défilant à rebours vers un chaos annoncé et effrayant, tout autant que leur passage illustre l'espoir de pouvoir revivre, à nouveau, selon l'idée que l'on se fait d'une vie pleinement vécue.

Ceci dit, le jour d'après ne sera en rien comparable au jour d'avant.

Cette crise sanitaire, si elle ne nous tue pas nous-même, tuera sûrement -un temps au mieux, à jamais dans le pire des cas- cette appétence à la légèreté qui nous permettait de pouvoir nous abandonner le temps d’un match, ou de débattre des heures sur telle ou telle action, ou sur le niveau supposé de tel ou tel joueur.

Oui, le Covid-19 ne donne plus sens à rien d’autre qu'à la vie comme acte physique. Il nous fait ressentir l'existence que comme cette présence qui s'enfuit. "Vivre, c'est perdre du terrain" écrivait Emil Cioran, philosophe sceptique. Avec ce virus, on paraît tous avancer en courant vers ce point abstrait de non retour.

Je souhaite à vous toutes et tous, lectrices et lecteurs de Lens absolu, courage et force.


Rinus.
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