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Traitement de choc


Éjecté des deux premières places du classement ce week-end, le RCL a surpris son monde en changeant d’entraîneur.


À l’issue de sa carrière, Philippe Montanier aura de quoi raconter quelques anecdotes lorsqu’on lui parlera du milieu du football. Après son éviction rocambolesque du Stade Rennais, il vient d’être la victime d’une décision qui peut paraître, en première lecture, totalement ahurissante.

Contre toute attente et en dépit de tous les principes de précautions, ses dirigeants ont ainsi choisi de mettre fin à sa mission « Ce ne sont jamais des décisions faciles à prendre de la part d’un conseil d’administration, explique Arnaud Pouille, DG du club. Nous nous devions d’intervenir pour favoriser une réaction au sein de l’équipe »

Car il est vrai que rien ne tournait en rond depuis la reprise de janvier. Après une phase aller globalement maîtrisée et conclue à la 1ère place du classement, la phase retour a laissé ressurgir les manques observés à la fin de l’été, illustrant de fait l’absence réelle de progrès dans le jeu. Pire, l’état d’esprit du groupe est atteint, les joueurs ne paraissant plus vouloir faire bloc derrière leur coach. « Nous avons jugé qu’il fallait procéder à un changement parce que nous avons jugé qu’un ressort était cassé. » confirme Pouille.


S’agissant du jeu, Montanier semblait effectivement dans une impasse. Son 3-4-3 qu’il voyait comme la garantie d’un équilibre et le modèle idoine à la composition de son effectif, ne lui offrait guère de marge sur ses adversaires. Au mieux une solidité défensive, au pire une désertification de son système offensif, tributaire des individualités. « Sur les 70 premiers mètres, je veux voir mon organisation, sur les 30 derniers, les inspirations des joueurs. » Ces mots ne sont pas ceux de l’ex-entraîneur lensois Philippe Montanier mais bien ceux tenus par Maurizio Sarri lors de son intronisation à la Juventus. C’est cette idée qui résume pourtant le plus les fondations et les principes du 3-4-3 Sang et Or.

Consommateur d’énergie, requérant une intelligence tactique élevée et une cohésion collective irréprochable, ce dispositif s’est peu à peu dilué une fois son effet de surprise passé. Incapable de se réinventer, et de sortir de cette sorte de conservatisme, le Lens de Montanier était devenu trop prévisible et ne possédait ni de ressort physique ni de ressort psychologique pour inverser la tendance « Nous espérons, avec ce changement, réinscrire l’équipe dans une dynamique positive et de façon durable jusqu’à la fin de saison » ajoute le DG artésien.



Car oui, Montanier paie aussi une dynamique de points éloignée des standards requis pour espérer monter en L1. Avec 7 points pris en autant de rencontres disputées en 2020, le RCL est bien loin des 18 pts glanés lors des 7 dernières journées de 2019. Une rupture nette et incontestable que les dirigeants ont interprété comme une fracture « Nous nous devions d’intervenir pour favoriser une réaction au sein de l’équipe » confirme d’ailleurs Arnaud Pouille.

Un déclic, cher à Manara, qui devra être rapide car la saison ne compte désormais plus que 12 rencontres. Cette urgence explique sans doute le choix de confier à Franck Haise les commandes de l’équipe.

L’ex-entraîneur de la réserve connaît bien le fonctionnement du club et pourrait donc être opérationnel très vite, au contraire d’un technicien débarquant de l’extérieur auquel il aurait probablement fallu un temps d’adaptation.

Cette nomination est en tout cas attendue comme un électrochoc sur le groupe. Si l’on consulte les revues médicales, il est intéressant de noter que le traitement par électrochocs existe toujours aujourd’hui « Loin d’avoir disparu de l’arsenal thérapeutique, la sismothérapie est encore utilisée pour traiter la dépression sévère ou certains cas de schizophrénie. » De quel mal souffrait donc l’effectif Sang et Or pour subir un tel traitement ?


L’avenir nous dira bien assez tôt si les dirigeants Lensois ont eu raison d’appliquer un tel remède. Le risque pris semble toutefois démesuré au regard de la situation loin d’être catastrophique au niveau du classement. La peur n’est jamais de bon conseil et déforme toute forme de jugement, et cette décision spontanée paraît traduire davantage un sentiment de panique ressenti jusqu’au sommet du club plutôt qu’être le fruit d’une réflexion mûrie dans le calme d’un temps plus long.

Par ailleurs, Joseph Oughourlian a certes amené un équilibre économique à l’entité RCL ainsi qu'une démarche d'amélioration continue applicable sur les différents processus de l'organisation, mais il n’est en revanche pas encore le garant d’une stabilité sportive. Il a, en effet, déjà évincé Alain Casanova puis Éric Sikora avant Philippe Montanier, sans parler du départ d’Éric Roy, bâtisseur du renouveau artésien, il y a environ un an. Cette capacité à prendre des décisions et à agir en conséquence a pour l'instant mené le club du bassin minier sur un chemin de redressement indéniable. Puisse encore cette fois être synonyme de succès !

Oui, la vie du Racing n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Comme pour tout ce qui se trouve au cœur d’une passion infinie !

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