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Lens ne vaut rien mais rien ne vaut Lens



Évoquons Malraux pour cet édito de début d'année.

L’on sait qu’il existe un écart entre l’importance accordée à certains faits et leur importance réellement constatée, tant il est vrai que notre esprit peut parfois se retrouver perdu au milieu de ces caractéristiques qui font notre époque aujourd’hui : flux d’informations élevé, résonance d'événements décuplée, déconnexion quasi impossible, proportions de grandeur déréglées.

Aussi, l’intérêt que l’on porte à des choses futiles peut parfois nuire, dans notre esprit, à la grandeur d’autres beaucoup plus fondamentales. Déboussolés, nous perdons cette faculté d’accorder la juste valeur à ce qui nous entoure, tant nos critères de jugement se dérobent, quelques fois, sous ceux de cette société oppressante ou sous ceux d’une passion transcendante.

Ce phénomène passionnel parle à tous les amoureux du RCL et leur idée commune d’accéder à la L1 à l’issue de cette saison. Car l’équipe est, à l’aube de cette nouvelle année, en tête de son classement, et paraît armée sportivement et émotionnellement, pour aller au bout du chemin qu’elle a commencé à tracer.


Sportivement, de par la méthodologie de son recrutement entamé l’été dernier « On a regardé les clubs qui montaient, les stats, ce qui nous manquait pour monter. Du leadership, de la maturité… On a vu aussi que Valenciennes a marqué 60 buts, on s’est demandé si on ne pouvait pas faire venir des joueurs » confiait Arnaud Pouille à ce sujet.

Émotionnellement en ayant su préserver, tout en le renouvelant, l’état d’esprit apparu en fin de saison dernière et qui avait mené les Sang et Or aux portes de l’élite. « Que les dirigeants continuent de nous soutenir. Car c’est la victoire d’une équipe. C’est tout un club, réagissait après le match de Niort l’entraîneur Philippe Montanier. Les dirigeants, et Joseph le président, impulsent cela dans le club. On le ressent à tous les étages. On a l’impression d’être une famille ».

Enfin, l’on sait que lorsque l’on a la chance de venir à Bollaert-Delelis une première fois, l’on ne quitte cet endroit jamais vraiment, jamais totalement. Ce stade résonne en chaque supporter lensois comme un premier amour, un bord de mer ou le sommet d’une montagne atteint après des heures d’efforts. Il tisse un lien autour du cœur, que l’on déroule au gré des mouvements de nos vies, mais qui ne se rompt jamais.


Il a fait de même pour la L1, bien évidemment. Elle n’a jamais vraiment quitté cette enceinte, quand bien même le niveau de jeu de certaines équipes artésiennes en était très éloigné. L’âme de l’élite du football plane comme une brume rasante au-dessus de la pelouse, et les bruits des clameurs des grands moments de jadis reviennent parfois jusqu’aux oreilles des supporters les plus attentifs et sensibles. Surgissent, encore, des travées, des forces d'autrefois, offrant frissons et sensation d'apesanteur, au moindre geste de classe d'un des joueurs du Racing. 


 Il y a eu une énergie qui circulait.


Donc, oui, l’importance accordée à cette montée par tout le peuple lensois dépasse de beaucoup son importance réelle au regard du football français, même si les diffuseurs, par exemple, toujours à l’affût du moindre profit potentiel, verraient d’un bon œil l’arrivée d’un tel fief du ballon rond hexagonal dans une division qui, il faut bien le dire, est malgré tout plutôt moribonde.

L’importance accordée est disproportionnée mais qu’importe, elle est tout simplement vraie. Profonde et authentique, à l’image de cette ambiance, toujours bien présente en mémoire, entourant la venue de Dijon lors des barrages de fin de saison « Il y a eu une énergie qui circulait dans l'équipe et donnait ce supplément d'âme qui a permis de se dépasser, se souvient le coach. Depuis, on est un groupe, pas juste une équipe ». 

Reprenons Malraux et écrivons ceci : Lens ne vaut rien mais rien ne vaut Lens.

On est dans le vrai. Bonne année.
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