Dernières nouvelles

L'aurore des ambitions


Si l'ambition est le soleil d'un club, la formation en est l'aurore. 


L'arrivée d'Éric Assadourian au poste de Directeur de la formation illustre la volonté du club de structurer ce secteur qui lui a permis, par le passé, de combler une bonne part de ses déficits.

En investissant ainsi dans ce domaine stratégique, les dirigeants nordistes entendent donner suite à la construction d'une véritable image de marque, écornée après des années d'errements et de mauvais choix de gestion. Le concept est bien de véhiculer une image fondée sur la cohérence, guidée par des valeurs fortes issues de la région : le travail, le social et la ferveur. 

Et cette volonté est la suite logique d'une première démarche qui a vu le board s'attaquer au problème du modèle économique Sang et Or. Dès sa prise de fonction, le Directeur général Arnaud Pouille le confirmait : "Le club assume des frais structurels de L1 en L2. Nos recettes ne couvrent pas nos charges. On peut chiffrer le déficit structurel à 15 millions d’euros. Soit on le comble avec la vente forcée de joueurs issus du centre de formation, soit l’actionnaire remet la main à la poche. Ce sera le cas cette saison. Mais ce n’est pas indéfiniment sa vocation. Ce pourquoi je suis là."


L'actionnaire est unique, c'est bien entendu Joseph Oughourlian, qui a redonné du sens à l'organisation du club et l'a mis sur le chemin d'un certain équilibre financier "S'il y a une chose à mettre à mon actif c'est celle-ci. On a remis le club sur les rails. La première fois, j'ai d'abord demandé ce qu'il fallait mettre pour être tranquille. Ensuite, j'ai proposé un plan. C'était essentiel. On perd toujours de l'argent aujourd'hui mais beaucoup moins. Et le club est à l'abri."

Tissage d'un réseau régional 

Cette première pierre de l'édifice posée, les dirigeants Artésiens ont ainsi pu poursuivre leur effort de construction. Il passe donc, notamment, par la formation. Un thème cher à Oughourlian qui y voit là les racines de l'identité lensoise "J'aimerais qu'à terme l'équipe première soit composée de moitié des joueurs issus du centre" confie-t-il.

L'arrivée d'Assadourian répond à ce besoin de faire fructifier l'un des plus précieux actifs de l'entité Sang et Or. Fort de ses expériences au Qatar, à Brest ou dernièrement à Rennes, l'homme va ainsi apporter une vision riche des différents modèles rencontrés. L'idée est de s'ancrer dans la région en misant sur le vivier de joueurs disponibles "On doit être attractif pour faire venir les meilleurs joueurs des Hauts-de-France. Dans un second temps, on ira voir hors de notre région. Ces joueurs s’intègreront à notre identité et seront entourés par des garçons qui sont ancrés sang et or" explique le nouveau Directeur.


Ce modèle ressemble à celui développé par l'OL. Le club du Rhône s'est inscrit, depuis plusieurs années, dans une démarche responsabilité sociale (RSE) et incite les clubs voisins à s'affilier à ce label, afin de développer une collaboration pour les catégories de jeunes. Elle permet ainsi de bâtir un modèle de jeu, mais aussi éducatif, social et de travail commun. C'est ainsi qu'un club se forge une image et qu'une identité forte se dessine et peut, le moment venu, inciter le jeune joueur repéré à opter pour La Gaillette plutôt qu'un autre centre de formation. "Le projet lensois doit pleinement correspondre aux attentes des nouveaux joueurs et de leur famille, confirme Assadourian. On leur montrera que pour nous le plus important est la confiance, la possibilité de travailler dans le domaine de l’élite et de réussir dans leur vie scolaire, éducative et sportive. Sur le terrain, on ne va pas tout révolutionner mais on va continuer à élaborer des choses avec les acquis forts qui existent déjà. On permettra à chacun de prendre du plaisir, de s’épanouir et surtout de leur permettre de progresser. Tous ne deviendront pas professionnels mais ils évolueront dans des projets mis en place pour leur réussite personnelle."

Former des hommes d'abord

Un projet global donc qui s'étend bien au-delà des aspects liés au football. Une vision que partage Yohann Lachor, ex joueur lensois, et coordinateur sportif chargé de la formation, partage "Avec Eric, on a beaucoup de sensibilités communes sur les projets. On croit beaucoup à l’environnement dans lequel vit les joueurs : le sportif, la scolarité et leur épanouissement personnel. Si l’on veut qu’ils soient épanouis dans le foot, ils doivent l’être personnellement. On a un regard global sur tout cela. On développe des projets pour sortir les garçons du monde du foot et pour qu’ils s’éveillent sur autre chose".


En multipliant ainsi les facteurs de leur réussite potentielle, le RCL envoie ainsi un message à ses jeunes, en même temps qu'il consolide son projet de ne disposer que de joueurs ayant envie de porter le maillot. Ce message est rappelé par Pouille "Le Racing a un véritable projet de formation. Il croit en ses joueurs et ces derniers, ainsi que leur entourage, peuvent avoir confiance en l'institution. Il y a de la place chez les pros pour les joueurs de la Gaillette".

Le contexte sportif pourra, à court terme, participer, en cas d'accession à l'élite du football français, au renfort de cette stratégie. Car, une fois en L1, le Racing disposera d'arguments encore plus solides pour conserver ses meilleurs jeunes, ainsi que des recettes amplifiées, notamment via les droits TV, s'ajoutant à un équilibre financier déjà établi.

En se plaçant ainsi au niveau de l'humain, Lens prend le contrepied de la tendance du football d'aujourd'hui, de plus en plus, sous le joug des arguments monétaires et de la performance immédiate au détriment, souvent, des joueurs eux-mêmes. "Peut-être que cette idée de prendre des joueurs de 14-15 ans et de penser que ce sont des adultes miniatures tue les joueurs parfois. Il faut être responsable. Ça me rend triste. Il ne faut pas surcharger des joueurs qui n’ont pas l’âge adéquat. Un joueur de 16 ans n’est pas un adulte miniature, il faut respecter ça et passer le message. Un joueur de 15, 16 ou 17 ans n’est pas formé. La maturité arrive après 18 ou 19 ans, que ce soit pour les os, les tendons." déplorait l'ex entraîneur monégasque Jardim.

Le RCL trace ainsi chemin vers lui-même, le seul qui le mènera là où il a l'objectif d'aller, à savoir en L1.

© Citations et images : rclens.fr, lensois.com, VDN.