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En terrain connu


Principale innovation de cette première partie de saison, la défense à trois a permis au RCL de se hisser en tête du classement.


Une révolution qui ne devrait pas en appeler une autre, le Racing et son encadrement technique, préférant miser sur la stabilité et la maîtrise offertes par ce dispositif. 

Pourtant, en parfait amoureux du jeu, Philippe Montanier aime que ses équipes soient polymorphes d’un point de vue tactique "On peut envisager plusieurs systèmes dans la saison, confiait-il d'ailleurs en juillet. Il y a encore d’autres formules qui sont possibles. C’est la qualité des joueurs et leur complémentarité qui déterminent le système". Lui qui avait initialement rêvé d’un 4-2-3-1 avec Mauricio au cœur "servant de lien entre la défense et l’attaque", s’est résolu, par pragmatisme, à faire évoluer ses hommes en 3-4-3.

Aussi, à l’issue d’une fin de mercato estival qui aura vu partir deux éléments offensifs (Chouiar et Gomis), et arriver deux défensifs (Traoré et Gradit), l’entraîneur lensois a revu sa copie. "On a beaucoup de joueurs à vocation défensive dans l'effectif et notre jeu d'appel venait beaucoup des latéraux. On est donc passé en 3-4-3 pour les libérer plus". 

Également pris en compte les défaites face au Havre (1-3) et Troyes (0-2). Le coach avait alors noté "des pertes de balle en zone défensive, un manque de solidarité entre les lignes et un déficit de puissance physique, plus que d’engagement et de combat".


L’installation de cette formation basée sur une assise défensive à trois éléments remonte donc au lendemain de cette deuxième défaite consécutive subie dans l’Aube. Sa principale force : un bloc-équipe exceptionnel et une capacité d’adaptation étonnante.

Lignes resserrées et attaques par les côtés 

Les lensois l’ont appliqué de manière variée. À certains moments les attaquants pressaient par à-coups les relanceurs adverses, notamment Sotoca, le reste du bloc évoluant assez bas, à l’image des deux latéraux, positionnés à hauteur du trio défensif.

Tandis qu’à d’autres moments, les trois attaquants décrochaient pour épauler leurs milieux de terrain à la récupération. Sitôt les ballons gagnés, la différence se faisait notamment grâce aux qualités individuelles de Mauricio, Gillet ou Robail, par la qualité de fixation et de jeu en pivot sur les longs ballons de Banza ou Sotoca, mais aussi par les distances resserrées entre les joueurs qui, de fait, combinaient mieux, ou encore par les projections rapides des joueurs évoluant sur les extérieurs du terrain, créant ainsi des points de relais dans le camp adverse. 

Cette densité physique, associée à ce positionnement resserré, a offert à Lens cette faculté d’étouffement du jeu adverse, et la pleine maîtrise des espaces et du rythme des matchs.


Cela étant, pour cultiver tous ces points fort, le RCL a dû sans cesse faire preuve d’une grande intelligence tactique couplée à une coordination collective au moment des transitions. Une intelligence dépendante de joueurs d'expériences, ayant une certaine science du placement, tels que Gillet et Cahuzac. "Avec Yannick, on se connait par coeur. On a une intelligence de jeu qui nous permet de régler les temps forts et faibles de l'équipe, commente Gillet. Il a un côté plus défensif que moi qui me permet de me projeter plus vers l'avant". 

Les attaquants, premiers défenseurs

La gestion des couloirs s’est aussi avérée primordiale durant chaque rencontre. L’animation offensive, comme on l’a vu, pour qu’elle soit percutante, a eu besoin des montées régulières des joueurs de couloirs. Montées compensées par la couverture des milieux de terrain et le positionnement des défenseurs centraux. Mais en fonction du mode de pressing opéré à la perte de balle, Haïdara et Michelin, furent amenés à entreprendre de grandes courses de repositionnement afin d’éviter l’exploitation par l’adversaire des espaces dans leur dos "Le facteur physique est important dans la performance. Il faut que l’on soit bien physiquement" admet d’ailleurs Montanier. "On progresse dans ce système" note Michelin, un des principaux intéressés.

Enfin, ce système a, paradoxalement, demandé énormément d’efforts défensifs aux joueurs offensifs "Je leur demande beaucoup, mais ça paye ! avoue PM. Ils sont intéressés à l’idée de presser haut pour être rapidement devant à la récupération. Cela coûte de l’énergie, c’est d’ailleurs pour ça qu’on a des attaquants en nombre."


Puisqu’une évolution tactique n’est guère à l’ordre du jour, même si le positionnement de Doucouré, en défense, offre au RCL, lorsque les conditions de match le demandent, une évolution rapide en 4-3-3, le staff technique a d’ores et déjà anticipé les mois à venir.

Miser sur le jeu 

Primo, il a constaté le renfort de Corentin Jean, enregistré dès les premières heures du mercato "un joueur rapide, vif qui aime la profondeur et les espaces". Une arrivée qui va dans le sens de la volonté du coach de disposer d’une palette de solutions importante en attaque.

Deuxio, il a planifié une réathlétisation des corps et des énergies durant le mois de janvier "On profite d’avoir un planning léger pour faire une bonne préparation".

Tertio, l’esprit de l’ensemble du groupe est maintenu dans cette forme de sérénité qui semble à l’œuvre depuis le début de saison "Il faut qu’on soit vigilant de ne jamais s’écarter de notre jeu en pensant d’abord aux conséquences" prévient Montanier. 

L’ex technicien de la Réal Sociedad le sait : à mesure que le championnat avancera, l’enjeu pourra prendre le pas sur le jeu. 


Or, cette notion lui tient particulièrement à cœur, lui qui refuse toujours de placer des objectifs de résultats, leur préférant ceux du jeu "Sans le jeu, on n’est rien. Le résultat reste une conséquence. En jouant bien, sur la durée, on a des résultats."

Un money time qu'avait, par ailleurs, plutôt bien géré son équipe l'an passé, arrachant la cinquième place du classement à la toute fin de championnat. De par sa gestion de groupe, le coach avait ainsi pu bénéficier de tout son effectif et de cette osmose collective apparaissant lorsque toutes les énergies individuelles s' effacent au profit d'un objectif plus grand qu'elles mêmes.

Un ressort psychologique employé encore une fois cette saison "Les dirigeants continuent de nous soutenir. C’est tout un club. Les dirigeants, et Joseph (Oughourlian, Ndlr), le président, impulsent cela dans le club. On le ressent à tous les étages. On a l’impression d’être une famille".

N'être en route que vers soi, voilà bien le secret du bonheur Sang et Or.

© Photos : rclens.fr, VDN.
© Citations : lensois.com, Maligue2.fr 
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