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En proie à l'anxiété



Le champion d’automne vient de traverser un mois de janvier sans victoire au compteur. De quoi nourrir des émotions existentielles.


Solidement ancré aux premières places du classement depuis des mois, le RCL connaît pourtant un ralentissement dans sa progression. L'un des facteurs d'explication est le nombre de rencontres programmées sur ce premier mois de l’année. Partagé avec les matchs de Coupes nationales, il a, en effet, vu le championnat n’avancer que de deux journées.

Deux rencontres à l’issue desquelles Lens n’a pris que deux points, là où deux de ses concurrents directs ont eux pris 6 points (Lorient et Ajaccio). De fait, l’équipe corse a comblé son retard de quatre unités, pour n’être plus distancé que de 3 pts. Le tout sur une période étendue puisque entre le dernier succès obtenu face à Niort (1-0) et aujourd’hui, plus d’un mois s’est écoulé. De quoi nourrir les angoisses les plus profondes. « On entend autour de nous que l’on ne serait pas à la hauteur, malgré les statistiques. Dès que l’on fait deux nuls à Lens, on a l’impression que tout retombe. » observait Steven Fortes, de retour après une longue absence.


Cette impression peut s’apparenter à ce que l’on nomme en psychologie une « émotion existentielle » bien présente en Artois depuis quelques années du fait de l’Histoire récente du club Sang et Or. Elle se caractérise par une anxiété latente chez nombre d’amoureux du Racing, et peut même être, parfois, détectée chez les joueurs et le staff.

C’est notamment pour s’en prémunir du mieux possible que le board lensois a voulu recruter des hommes d’expérience et au tempérament de leader l’été dernier. Un apport qui permet à l’équipe, cette saison, de ne pas s’affoler outre mesure « On savait que les mois de janvier et février allaient être compliqués sur le papier, admet Guillaume Gillet. Et le terrain le confirme. »

Même sérénité apparente chez l’entraîneur, Philippe Montanier : « Ce serait bien de renouer avec la victoire. Pour l’instant, on la frôle ». Son équipe a, en effet, été rejointe dans les derniers instants au Roudourou (1-1), avant de passer près d’un succès étriqué face à Clermont (1-1). Montanier encore : « On ne passe pas loin d’enlever le match contre Clermont ! ». Calme et sagesse prévalent donc dans le bassin minier. À raison, tous les indicateurs étant au vert (voir les différentes rubriques du site). Un soupçon de vigilance est, malgré tout, apporté par Fortes : « Il reste moins d’une vingtaine de matches ! Toutes les équipes ont pour but d’aller en L1. On doit être dans l’optique de prendre le plus de points. »


L’enchaînement rapproché des rencontres à venir va en tout cas permettre de moins tergiverser « On va solliciter notre profondeur de banc, explique Montanier. Le troisième est à 3 pts, et le quatrième à 4. Chaque match est difficile. La semaine est importante mais pas capitale ». 

Il s’agira surtout pour ses hommes de retrouver le fil de tout ce qui a fait leurs points forts jusque-là, et qui n’est apparu que de manière éparse lors des rencontres de janvier : une occupation des espaces coordonnée, un pressing intelligent articulé autour de la ligne d’attaque, une capacité à enrayer toute progression rapide de l’adversaire grâce aux deux numéros 6, l’un devant la défense qui va et vient, l’autre plus en avant pour se projeter et faire le lien, une utilisation intense des couloirs, une relance propre et une transition défense-attaque appuyée par une justesse technique importante. « La justesse technique, c’est le plus gros regret, avoue le coach. Car sur l’état d’esprit, il n’y a rien à reprocher. »


Deux émotions s’entrechoquent donc pour le moment. L’anxiété s’éprend de tous ceux qui rêvent de la joie infinie d’une remontée, tandis que l’ensemble du club fait preuve d’un calme olympien. Une ambivalence dont s’est joué, bien évidemment, l’entraîneur du prochain adversaire du RCL, à savoir Paul Le Guen, en rappelant que « Les deux premières places sont réservées à Lorient et Lens ». L’idée, est bien sûr, de faire poindre le vertige d’une menace potentielle, mal dont souffre, par nature, tout cœur anxieux. Pas dupe, Montanier a tout de suite évacué le sujet « Ce n’est que de la communication. »

Rappelons-nous, alors, les mots d'Harold Pinter : « Il y a en chacun de nous un mouvement intérieur qui cherche délibérément à esquiver la communication ». Il est temps de s'en servir.

© Photos : VDN
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