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Seuil d'efficacité



La recette du succès du RCL est faite de football direct, de verticalité sur toute la largeur et d'intensité physique. 


La doctrine dominante en football actuellement est celle d’un jeu de possession, d’un pressing tout terrain et d’attaques placées. Toute idée contraire à ce concept fait presque l’objet d’un procès en illégitimité.

Pour autant, le RCL, solide deuxième de L2, revendique ce contrepied en proposant un jeu direct vers l’avant construit autour d’une défense à trois, d’un repli défensif, de l’utilisation régulière de ses couloirs, voir d’un point d’appui positionné en pivot. Un kick and rush du nord dont l’usage a encore permis de sortir victorieux d’un périlleux déplacement en Corse.

Plus de passes, plus de pertes de balle 

Pour commencer, résumons l’idée fondatrice du football direct : maximiser chaque seconde passée en possession du ballon et aller au plus vite vers le but adverse. Ce logiciel de pensée s’appuie sur une donnée observée au bord des pelouses, à savoir que les équipes qui se procurent le plus d’occasions dans un match l’emportent 75% du temps. Pour ce faire, il s’agit de démultiplier les tentatives, même les plus audacieuses. En d’autres termes, accepter le déchet inhérent à cette façon d’aborder le football. Deux maîtres mots : vitesse et projection. "Lorsque l’adversaire est déséquilibré, il ne doit pas être en mesure de retrouver son équilibre, développe Egil Olsen, ancien sélectionneur de la Norvège. Donc, dès qu’il y a la possibilité d’exploiter une faille, la balle doit être jouée devant. Il faut la jouer dans l’espace très rapidement, avec peu de touches de balle et beaucoup de mouvement autour."


L’idée du football direct, ou jeu de transition, est donc à l’œuvre dans l’Artois depuis l’arrivée de Philippe Montanier à la tête de l’équipe première en juin 2018. Cette approche avait été évoquée dès son arrivée au club "On a tous un projet de jeu, mais il faudra l’adapter à la division et à l’effectif. Mais je sais que l’ADN du RCL, c’est un jeu vers l’avant". Ce principe permet au Racing d’atteindre aujourd’hui une sorte de seuil d’efficacité dans presque toutes les caractéristiques de son jeu : passes, occasions de but, repli défensif, occupation des espaces ou encore contre-attaque "Il n’y a pas de réponse définitive dans le foot, néanmoins l’on peut mesurer l’efficacité d’une équipe en calculant le ratio de passes vers l’avant sur le nombre de passes total" ajoute Olsen.


Deux fois plus de tirs tentés pour moins de passes

Ce ratio, nous ne l’avons pas calculé lors de la dernière rencontre disputée au stade François Coty d’Ajaccio. Cela dit, les chiffres parlent : une possession inférieure de 4 points, 60 passes de moins que les Corses pour deux fois plus de tirs tentés, et sur le tableau d’affichage un résultat de 2-1 "On a procédé à des réglages tactiques à la mi-temps pour amener le danger dans le camp adverse, analysait le technicien lensois. Quand on joue comme ça, on est plus dangereux" .

La nature des réglages porte sur la volonté de minimiser le nombre de passes avant de frapper au but, étant entendu que plus le nombre de passes augmente plus la probabilité de perdre le ballon est grande. Cela requiert davantage de mouvement sans ballon et un important volume de courses de la part des joueurs positionnés dans les couloirs notamment. Essentiel également, le jeu, dos au but, du joueur occupant la pointe de l’attaque.


Aussi, le premier but provient d’un long ballon vers l’avant de Gillet dont Sotoca, au pressing du défenseur adverse, va profiter de l’erreur pour égaliser. Le second but est l’œuvre d’une contre-attaque de Robail, qui après un appui axial sur Moukandjo, crée le décalage sur sa gauche pour Haïdara dont le centre trouve Sotoca, encore lui. Deux actions d’école à l’efficacité redoutable et au nombre de passes minimal ! Un pur jeu de transition. "Lorsqu’une équipe est bâtie offensivement sur la transition rapide, elle positionne son bloc bas sur le terrain tout en procédant à un pressing collectif, rappelle Élie Baup, consultant TV. Il s’agit ensuite pour elle, de s’appuyer sur la vitesse de ses attaquants."

L’on distingue deux phases de pressing collectif chez les Sang et Or : celle d’attente et celle d’action. La première consiste à un repli défensif permettant de quadriller tous les espaces du terrain situé entre le porteur adverse et le but de Leca. La seconde est une projection au moment même de l’erreur de transmission commise par l’équipe en possession du ballon. Là encore, le bon placement des joueurs dans chacune des zones à défendre est primordial afin d’être au plus près du ballon. Ce pressing s’exerce principalement en zone médiane et s’illustre par le harcèlement du porteur à faible distance et par la coupure des solutions proches et longues "Ils nous ont fait beaucoup courir avec leur système à trois défenseurs axiaux. Cela nous a obligés à balayer énormément le terrain" concédait à ce sujet Johan Cavalli.


Une fois la récupération effective, et le déséquilibre de l’adversaire constaté, il faut donc aller très vite vers l’avant, et avoir la technique suffisante pour conserver la maîtrise du ballon. Plusieurs moyens sont utilisés : de longs ballons vers Sotoca, Banza ou Moukandjo, en profondeur ou en cherchant l’appui, et dédoublement sur les ailes avec Mauricio et Robail pour trouver les centres de Michelin ou Haïdara. Dans tous les cas, énorme débauche d’énergie pour les joueurs. La marque de fabrique du Racing cette saison. "On joue jusqu’à la dernière minute. Quand on n’est pas à notre meilleur niveau, on est capables de mettre d’autres ressources, d’autres qualités, qui nous faisaient défaut l’an passé" confirme Guillaume Gillet.

Avec une identité de jeu clairement identifiée malléable selon les faits de jeu et le contexte des matches, et une unité collective des intentions individuelles, le RCL avance à grands pas vers son objectif. Tel un milieu de terrain lors d'une phase de kick et rush !



© Crédits photo : LFP, rclens.fr
© Citations : L'Equipe, Maligue2, Les Cahiers du foot, lensois.com
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