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L'extase rationnelle


Lens doit sa place de leader de L2 à ses bons résultats sportifs, mais pas seulement !



Avant de devenir le club performant qu’il est aujourd’hui, le RCL, sous l’impulsion de son nouveau Président et unique actionnaire, Joseph Oughourlian, s’est attaché à construire une organisation, avec pour fils conducteurs la durabilité de son succès ainsi que l’autonomie de son équilibre financier.

Aussi, la recette de la réussite Sang et Or est finalement assez simple, et peut très bien être résumée en une checklist d’actions : recouvrement des dettes, élaboration d’un plan d’économies, adaptation du profil du club à son environnement, mise en place d’une démarche d’amélioration continue, refonte de l’organigramme, construction d’un effectif valorisable et définition d’une politique sportive claire.

Une réussite, oui, mais durable ! 

À la tête du club depuis juin 2018, l’homme d’affaire français a ainsi pris le temps de s’investir dans les enjeux structurels du Racing, c’est-à-dire à ses éléments fixes et durables. Car, c’est là, le secret des entreprises performantes à long terme : elles plongent leurs racines dans une idéologie forte, ce qui est le cas, par son histoire, du RC Lens, et elles construisent une organisation capable de survivre au temps et au départ des hommes « J’ai adapté au club le process que j’ai pour mes entreprises, confie à ce sujet l’homme fort artésien. Le maître mot c’est professionnalisme ».


Ceci dit, atteindre l'excellence du processus est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Il y a deux obstacles communs – et les deux proviennent de l'organisation même. Premièrement, la perception des processus de gestion existants est souvent trop optimiste, ce qui ne permet pas de reconnaître les problèmes. « On a remis le club sur les rails. J’ai d’abord demandé : Combien d’argent faut-il mettre pour être tranquille ? Ensuite, j’ai proposé un plan, détaillé. C’était essentiel. Je ne suis pas Mammadov qui promet des gros chèques. Ce n’est pas tenable, explique Oughourlian. Je n’ai pas non plus les compétences de Gervais et donc j’ai été obligé d’avoir une gouvernance radicalement différente. Un conseil d’administration opérationnel, un management fort et des gens qui, chacun dans leur domaine de compétences, puissent prendre des décisions ».

Le second obstacle est qu’il peut exister une vision trop pessimiste de l’investissement nécessaire pour améliorer les processus, ainsi que des rendements que l’investissement rapporterait. « Il faut dire les choses clairement : c’est un club qui est allé en faillite trois fois en dix ans, et je n’ai pas vocation à vivre la quatrième. On a pu me reprocher certaines ventes l’été dernier mais le club est à l’abri. On n’a pas besoin de vendre cet hiver, les besoins en trésorerie sont couverts. Ça n’empêche qu’on perd de l’argent mais on a baissé ces pertes de 17 millions, quand je suis entré, à 3 actuellement. J’ai mis des sommes considérables dans ce club mais je ne veux pas que ce soit que le cœur qui parle. En Ligue 2, sauf ventes miraculeuses, on ne gagnera jamais de l’argent. Pas assez de droits, des billets vendus à petits prix car c’est important pour notre public et des aides publiques qui sont très minces ».

Mode de gestion : l'anticipation 

La réussite du Président lensois est donc d’avoir su surmonter ces obstacles potentiels et d'avoir établi une structure de gouvernance pour intégrer l’excellence du processus dans la culture du club. Cet engagement vers l’optimisation continue, basée sur l’évaluation permanente, influe sur toutes les strates de l’organigramme, de l’administratif au sportif, de l’opérationnel au fonctionnel. Concrètement, Joseph Oughourlian a su placer les bons hommes aux bonnes fonctions et au bon moment. « On est le plus possible dans l’anticipation. C’est une réflexion globale, témoigne-t-il. J’aime ces gens qui travaillent très dur dans l’ombre. Ce dont je suis le plus fier, c’est de voir des gens monter en puissance à mes côtés ».



Puisque la structure du club fait l’objet d’une stratégie bien pensée et qu’Oughourlian la considère comme un élément clé à gérer, elle semble, pour le dirigeant, tout à fait capable d’absorber d’éventuels changements liés à son évolution « Ce ne serait pas dans n’importe quelles conditions mais je suis prêt à ouvrir la porte à d’autres si on m’apporte des moyens financiers ou quelque chose sur le côté sportif. Il y a des groupements qui se mettent en place, ça peut être intéressant même s’il faut faire attention. Mais ce n’est pas un besoin, c’est quelque chose qui pourra nous permettre d’être plus ambitieux ».

Une flexibilité qui permet aux Artésiens d’aborder sereinement les mois à venir, ceux qui verront, peut-être, leur équipe accéder à l’élite du football français « Si on montait demain, on aurait un budget conséquent, même si je reste seul actionnaire. En montant, on pourra monétiser nos avantages, à Bollaert notamment. Bien évidemment, les droits télé augmenteront de manière significative. Et ceux qui seront en L1 auront bien plus de ressources. Enfin, on a un centre de formation performant : on pourra soit vendre les joueurs plus chers, soit les garder plus longtemps ».

Alors que la décennie 1990 aura vu Lens monter en puissance, la 2000 le voir devenir un Européen régulier, la 2010 lui faire subir une descente aux enfers, celle de 2020 pourrait bien être celle de l’âge de raison, tant le RCL semble solidement armé pour maîtriser tous les risques qui se présenteront à lui, et tant il paraît être porté par la rationalité de son dirigeant « Je n’ai pas pour habitude de m’inscrire dans le court terme. J’ai pris la présidence, ce n’est pas une chose que je prends à la légère. »


© Photos : orange sport.fr, la Voix du Nord (VDN).
© Citations : la Voix des Sports (VDS). 
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