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Le protocole de la maîtrise



Elle fait partie de la quête du RCL cette saison avec l’efficacité : la maîtrise de soi et du reste. 



Sa recherche constante doit permettre aux hommes de Montanier de retrouver l’élite du football français en mai prochain. Pourquoi et comment ? On tente d’y répondre.

La maîtrise est ainsi l’art de se dominer, de se contrôler. En football, elle porte son champ d’action sur de nombreux aspects d’une rencontre : le rythme, la vitesse, les espaces ou encore la technique. Également sur tout ce qui relève de l’équilibre émotionnel et psychologique, propre à chaque joueur.

Sur tous ces points, les Artésiens ont connu un réel progrès depuis le début du championnat, consolidant ainsi sur la durée leur bonne position au classement, et leur offrant une série de matches sans défaite intéressante. Par quelle méthode ? Travail tactique et gestion de groupe notamment.

Le contre-exemple est bien entendu cette défaite subie au Hainaut face au voisin local Valenciennes où tout ce qui avait fait la force du Racing a, cette fois-là, volé en éclat. "Il y a des paramètres que l’on ne maîtrise pas, concédait le coach. Il y avait tout pour faire un bon match. On se retrouve à 9 et les joueurs n’ont pas lâché. On avait plus la possession. Nous avons été très courageux. On n’a pas fait beaucoup d’erreur, mais le peu nous ont été fatales".

Apprendre à gérer les moments difficiles. 

Savoir gérer les phases délicates d’une rencontre ou d’une saison, c’est finalement avoir les clés de son destin en football. Une idée partagée par Pep Guardiola : "C’est une question de contrôle émotionnel. Apprendre à gérer les moments difficiles. Peu importe l’équipe que vous affrontez, le championnat dans lequel vous jouez, ces moments difficiles se produiront. C’est très important. Vous devez prendre conscience que vous allez concéder des occasions à l’adversaire, et apprendre à gérer cela".


La question soulevée par le technicien espagnol relève de ce qui est communément appelé en football les temps forts et les temps faibles. Ils sont un rythme naturel, une cadence qui organise le mouvement et l’action. Chaque équipe fait face, au cours d’un match et plus globalement d’une saison, à ces deux dynamiques. De sa manière d’y répondre dépendent ses résultats. À ce sujet, le génialissime musicien Autrichien Mozart notait que "Le plus nécessaire et le plus difficile dans la musique, c'est le tempo".  Bien que moins connu comme étant amateur de football, le compositeur soulevait, à sa manière, la question de la vitesse et de l’intensité, récurrente dans le football d’aujourd’hui.

En début de saison, le technicien lensois tenait cette analyse : "Nous avons des trous pendants les rencontres. On a le droit d’avoir des temps forts et des temps faibles, mais nos temps faibles sont vraiment trop longs". Le temps faible est le moment où l’équipe subit l’élan de l’adversaire sans parvenir à contester ce nouveau rapport de force. À cet instant précis, il ne s’agit plus d’élaborer mais bien de subir et de contenir les intentions de l’équipe opposée.

Chaque équipe a une façon bien précise d’occuper ce temps passif et de s’organiser pour mettre fin à celui-ci. Le RCL de Montanier, grâce à son système tactique, cherche, lui, à occuper les espaces du terrain dans son repli défensif, à procéder à un contre pressing organisé, tout en étant bien compact et mobile afin d’empêcher toute tentative d’offensive adverse. "Nous avons été très sérieux défensivement en concédant peu d’occasions, notait d’ailleurs Perez après le succès face à Chambly. On a gagné avec la tête, en gérant bien les temps forts et les temps faibles"


Ce contrôle du match et de sa vitesse, couplé à l’intelligence tactique dont font preuve les joueurs, a donc permis aux Sang et Or de pouvoir trouver la solution dans de nombreuses rencontres, pourtant pas si faciles à leur commencement. "Il faut être patient. Attendre que la situation se débloque" commente Gradit. "Plus les matches avancent et plus on ressent une sérénité. On sait gérer, on ne panique pas. Dès qu’on a vu le dispositif de Chambly, on a su qu’il s allaient procéder en contre. On a donc joué sur la patience. On n’a pas craqué. analyse encore Michelin. On sent une progression."  Une progression indispensable aux yeux de son entraîneur "On voit bien qu’il ne faudra pas lâcher mais être consistants et fiables sur la durée."

Une utopie selon le technicien italien Carlo Ancelotti "On ne peut pas penser que l’on va avoir la mainmise sur toutes les rencontres que l’on va jouer. Donc il faut simplement s’améliorer dans la gestion des temps faibles". Savoir les gérer certes, les accepter mais aussi être capable de rebondir une fois l’échec constaté ou leur piège refermé. Ce que les lensois ont parfaitement su faire après leur déconvenue dans le derby "Cela nous tenait à cœur de rectifier le tir après Valenciennes où on était tombé dans le piège. C’était un faux pas, on voulait donc entamer une nouvelle série." explique Jonathan Gradit.

La différence ? L'intensité. 

La recette de Lens cette saison ? Là encore, la notion de maîtrise revient en portant sur le tempo et les changements de rythme au cours d’un match. Une spécialité Artésienne si l’on en croit plusieurs entraîneurs du championnat, dont les analyses n’ont pas échappé à Montanier  "On écoute un peu les adversaires parler de nous et ils disent tous qu’on met une certaine intensité dans le jeu qui est usante. Comme à Orléans (1-4, 10e journée de Ligue 2), ça a permis de les affaiblir. Laurent Peyrelade, après le match sur le terrain de Rodez (1-2, 14e journée de Ligue 2) en a parlé également. On a de plus en plus de maîtrise, même si c’était moins le cas sur certains matches, comme à Nancy (0-0, 12e journée de Ligue 2). On arrive à être costauds tout en imprimant une intensité perturbante pour l’adversaire. Cela permet de faire la différence".


Une différence dépendante également d'une certaine efficacité vers laquelle les lensois tendent cette année, et qui, surtout offensivement, fait encore parfois défaut, même si, là encore, une nette progression est apparue à travers notamment les performances de Simon Banza, qui a fêté sa 8e titularisation cette saison par un doublé. "C’est un jeune joueur en termes d’expérience, de maturité, pas d’âge, note PM. C’est un joueur en construction qui progresse qui est à l’écoute et qui a un potentiel très intéressant."

Avec cette quête de maîtrise et d'efficacité, le RCL est en tout cas dans le vrai au niveau de l'état d'esprit et de l'exigence propre qu'il doit s'imposer pour espérer atteindre son objectif. Une cohérence qui est, jusqu'à présent, traduite par des résultats à la hauteur des attentes, de quoi ravir les supporters, encore très nombreux à Bollaert-Delelis pour assister à la dernière sortie des Sang et Or, et qui, dans leur grande majorité, n'ont pas encore tiré la sonnette d'alarme, même lors des moments plus difficiles connus à la fin de l'été notamment. Ce soutien sans faille, va dans le sens de la parfaite gestion du club à tous les niveaux, et contribue aussi au bon environnement dans lequel évolue le Racing. Nietszche disait "qu'il est plus facile de renoncer à une passion que de la maîtriser". En Artois, on sait ce que ça signifie ! 
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