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Anatomie d'une progression



Sa place de leader, le Racing la doit à plusieurs facteurs sur lesquels il a progressé. Leur dénominateur : la maîtrise. 

Le travail du staff lensois, depuis le début de saison, a porté sur la maîtrise. Cette dernière est aussi bien le fait d’être en possession du ballon pour en assurer le contrôle, que celui de s’organiser dans le but de contrôler les espaces et les distances afin de le récupérer.

Sur cette question, Philippe Montanier est d’ailleurs assez catégorique "Nous avons une progression satisfaisante par rapport à la saison dernière, un socle défensif. Mais j’aspire à ce que nous ayons une meilleure maîtrise technique". Le socle défensif évoqué par le technicien est, en effet, le point fort de son équipe depuis plusieurs semaines. 

Cette dernière se caractérise par un fort combat physique imposé à ses adversaires en phase de récupération du ballon. L’idée des Sang et Or est de se situer collectivement, dans le temps et l’espace, afin de reprendre le contrôle du jeu et d’empêcher toute progression adverse "On est solides. On pourrait être plus efficace pour mieux gérer les fins de match. Il y a un gros travail de sape dans la récupération du ballon." note d’ailleurs Mickael Debève, l’adjoint de PM.

Expérience et défense immédiate, deux ingrédients de la recette du succès. 

Concrètement, la récupération s’articule autour de deux mouvements : le premier est individuel et le second collectif. En clair, dès la perte de balle, le joueur situé le plus près du porteur adverse effectue un pressing pour permettre à ses partenaires de reconstituer les trois lignes de défense. Cette action est appelée par les spécialistes défense immédiate. Elle a pour conséquence de ralentir toute progression adverse. 

Une activité dont le duo Cahuzac-Gillet s’est révélé être maître en la matière, s'appuyant l'un et l'autre sur une expérience du haut niveau conséquente. Parfaitement coordonnés, les joueurs se complètent. Lorsque le premier harcèle le porteur, l’autre couvre et permet le décalage du bloc équipe "Ce sont des profils complémentaires avec Yannick Cahuzac qui a la science de la défense et du placement et Guillaume Gillet qui a beaucoup d’activité et qui est capable de se projeter" relate leur coach. "On a vraiment à cœur d’exercer un pressing sur l’adversaire. Le plus dur est de le faire avec constance." complète le capitaine Belge du RCL.


Par ailleurs, chaque joueur lensois, lorsque l’équipe n’a plus le ballon, recherche aussi à restreindre les espaces entre lui et ses équipiers pour stopper toute tentative de pénétration du porteur, vers le but de Leca "La clé d’une bonne défense, c’est le contrôle des distances explique à ce sujet Reynald Denoueix, ex coach du FCNA. D’où l’importance de l’intelligence tactique ! Couvrir les distances, les espaces, le partenaire, ce sont des notions fondamentales plus que de se limiter à sa zone."

Collectivement, la phase de récupération bénéficie, en grande partie, des caractéristiques du schéma tactique à l’œuvre dans l’Artois cette saison. En effet, le 3-4-3, appelé aussi le système des triangles permet un quadrillage parfait du terrain, notamment en largeur. Ce plan de jeu donne ainsi aux lensois plusieurs leviers de défense : la restriction des espaces intermédiaires, la fermeture des couloirs et la création d’un bloc défensif solide et dense réduisant les angles de jeu adverses au minimum.

Quadrillage du système. 

Des caractéristiques qui permettent à Lens d’être aujourd’hui en tête du championnat, tout en traversant les rencontres avec plus ou moins de tranquillité "Nous avons été sereins jusqu’à la fin. Nous avons plutôt bien maitrisé cette partie." confiait PM après Rodez. 

La greffe de cette nouvelle organisation semble totalement optimale aujourd'hui. Grâce à la flexibilité des joueurs autant qu'à leur volonté d'exécuter un système travaillé à l'entraînement et leur envie d'avancer ensemble vers l'objectif du club. 

Un état d'esprit loué plusieurs fois par leur entraîneur et souligné récemment par Debève "Les joueurs ont fait une grosse prestation. Il y a eu un début de saison un peu particulier après les barrages. Il y a eu beaucoup de changements, une modification de système. Il a fallu se réorganiser avec des joueurs qui avaient besoin de s’adapter".

Aussi, l’on ne peut parler de récupération du ballon sans évoquer la notion de perte. En football, les principales causes de perte de balle sont les fautes techniques, les erreurs provoquées, les duels perdus ou encore les interceptions par l’adversaire. "Ça piquait dans les duels. L’impact, c’est leur marque de fabrique. Ils sont costauds partout, ça va vite." admettait d’ailleurs le coach de Rodez, à l’issue de l’opposition des deux équipes. Il est vrai qu'ils soient avec ou sans ballon, le RCL remporte fréquemment ses duels.


Sur l'utilisation du cuir, Debève paraissait plutôt satisfait "Nous avons bien utilisé la balle, il a seulement manqué la finition. Il était rejoint par Montanier "Concernant l’animation, c’était mieux. Il y a eu de bons mouvements, de bonnes combinaisons, pas mal de situations de but, donc je trouve que les joueurs offensifs ont amené pas mal de choses". 

Reste donc les fautes techniques comme cause principale des pertes de balle Artésienne. Une explication simple peut justifier ce ratio (20% des passes face à Rodez) : le profil de l'animation. Une équipe recherchant le jeu direct, la verticalité et la vitesse va perdre forcément davantage de ballon qu'une autre plus adepte d'un jeu de position. Un argument loin de convaincre le technicien Sang et Or "Je pense que l’on peut amener plus avec nos latéraux. L’animation offensive, c’est toujours ce qu’il y a de plus dur à obtenir. Je suis plutôt satisfait de notre progression mais je conserve cette exigence."

Pas suffisant si l'on veut rester en haut. 

Un constat qui peut paraître sévère de la part du coach mais qui traduit un souci de perfection, indispensable à la réalisation des ambitions de son équipe. Car la position de leader, bien que non significative pour l'heure, n'en est pas moins grisante "Ce que l’on fait, c’est bien. Mais on peut faire mieux. En tout cas, ce ne sera pas suffisant si on veut rester en haut" renchérit l'ex technicien du Stade Rennais décidément prolixe. 


Par ses déclarations et celles de son adjoint, PM veut faire passer le message à ses joueurs que la saison est loin d'être terminée et que les acquis en football, comme en amour, ne sont bien souvent que des illusions. Ce sport est celui d'une conquête permanente, de soi, du jeu comme de l'adversaire et d'une volonté collective infinie. La même qui semble guider tout un peuple de supporters, encore près d'un millier lundi soir au Stadium de Toulouse "Je suis content pour les joueurs et les supporters. Il y avait un peu près 1 000 supporters lensois à 1 000 bornes de chez nous. Ça reste à souligner. On est content de leur dédier cette victoire, car ils ont fait du chemin pour venir nous encourager." concluait d'ailleurs Montanier. 

Un hommage partagé une nouvelle fois par son second "Cette place de leader est une bonne nouvelle pour le Racing et toute la Région. On attend tous qu’on soit dans cette position à la fin du championnat. On savoure, les joueurs le méritent, le club le mérite. Le plus dur est d’aller jusqu’au bout". 


Des mots qui en appellent d'autres, notamment ceux du Président américain Kennedy "Quand il est dur d'avancer, ce sont les durs qui avancent.
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