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Passage à l'acte



Des paroles aux actes, le RCL a réussi sa transition, celle qui était la condition sine qua non à son entreprise de succès. 

Elle lui permet, alors que la trêve internationale a débuté, d'être en seconde position du classement. Mauricio, le meneur de jeu lensois, avait prévenu : "La montée, ça se joue sur le terrain". Parole tenue. 

Car ses équipiers et lui ont fait mieux que de glaner un quatrième succès consécutif : ils ont inversé une tendance ! Celle-ci semblait pourtant, aux yeux de beaucoup, négative, profonde et durable lorsque le Racing, parvint à ajouter, laborieusement au compteur, un second point sur 12 possibles.

On est parti sur de nouvelles bases. 

Au sortir de cette victoire obtenue au Stade de la Source, l'hypothèse du trou d'air prenait une épaisseur certaine "Pour faire un bilan : on a fait un bon départ. Le mercato a un peu modifié l'effectif et le système de jeu. On est parti sur de nouvelles bases." analysait le technicien Artésien. Mais le trou d'air existe-t-il vraiment ? Non, si l'on en croit le centre des phobies aéronautiques "Il faut retenir trois notions : la densité, la température et la vitesse. L’air est composé de masse d’air chaud et de masse d’air froid. L’air chaud monte car il est moins dense que l’air froid. Comme l’avion vole plus vite que la vitesse de l’air, il se heurte à ces différentes masses qui montent et qui descendent, provoquant des turbulences vers le haut ou vers le bas. La différence entre ces masses entraîne une perte de portance de l’appareil mais l’avion ne se retrouve en aucun cas dans une zone sans air."


Que retenir de tous ces aspects techniques propres au vol aérien ? Que le RCL se confronte, en permanence, à des masses d'air chaud (la ferveur qu'il génère, la stabilité de son organisation, son ambition claire) et à des masses d'air froid (l'impatience de certains supporters, le besoin de réduire sa voilure en termes de coûts, les intentions de ses adversaires, les lois du marché). De ces frottements naissent les turbulences.

S'agissant du mercato, le Directeur général Arnaud Pouille a déjà tenu à préciser que "Le message qui a été affirmé après les barrages était d’essayer de garder une stabilité du groupe sauf offre". Au regard des mouvements constatés dans la dernière quinzaine d'août, il a tenu bon d'ajouter "On aurait dû préciser également sauf envie de départ des joueurs". Car oui, Lens a dû se résoudre à quelques velléités de départ exprimées par certains. La force et la cohésion de son projet ne suffisant pas toujours à retenir les plus ambitieux, où ceux dont la situation contractuelle ou le rôle qu'ils tiennent dans l'équipe ne convient guère. Une période troublante pour tout le monde qu'il a donc fallu traverser tant bien que mal, au risque de perdre tous les repères établis lors de la fin de saison dernière. Ceux-là même que le club s'était empressé de consolider en juin dernier en recrutant Gillet et Fortes, grands artisans du renouveau printanier connu dans l'Artois.

Une rage collective 

Pour sortir de cette impasse, le RCL a opté pour une refonte de son système de jeu, s'organisant aujourd'hui autour d'une défense à trois, dans laquelle l'apport de Gradit et le retour aux affaires de Radovanovic à apporter une valeur ajoutée non négligeable "Aleksandar a souvent des bonnes réactions positives à l’image de l’équipe. Sa rage est communicative" dit de lui PM. Par ailleurs, l'entrejeu est confié aux joueurs de l'effectif ayant le plus de bouteille, à savoir Gillet et Cahuzac. De par leur état d'esprit conquérant, ils sont les garants de la nouvelle stabilité Sang et Or "Ce sont des profils complémentaires avec Yannick Cahuzac qui a la science de la défense et du placement et Guillaume Gillet qui a beaucoup d’activité et qui est capable de se projeter" analyse l'ex entraîneur du Stade Rennais.


Ce dernier, en première ligne lorsque les résultats se trouvaient en deçà des attentes, est maintenant conforté dans ses choix et dans ses idées. La joie collective déclenchée après le second but à Orléans peut être l'illustration de l'adhésion totale de ses joueurs à la gestion de groupe proposée. Montanier n'hésite d'ailleurs pas à désigner la part prise aux succès bien au-delà du onze de départ "Il y a de la stabilité dans le onze de départ, mais les entrants sont souvent déterminants". Par son expérience et ses connaissances, il a su détecter les forces vives à sa disposition et a choisi clairement de s'appuyer dessus : Sotoca, Mauricio ou Boli font partis de ces choix. Haïdara également. Interrogé sur la présence du latéral gauche dans le onze titulaire, il répond "Je n’ai pas très envie de justifier mon choix. Mais regardez le match à Grenoble et la performance offensive de Massadio, vous aurez la réponse".

Prudence et stoïcisme 

L'ancien de la Real Sociedad a aussi dû soigner les âmes de certains, pour les maintenir à flots ou les remettre dans le jeu. C'est le cas de Gaëtan Robail, recrue phare des Sang et Or cet été, et jusqu'ici un peu en dedans "J'avais besoin de la confiance de mon coach et de mes coéquipiers. C'est le cas, et ça fait du bien" confie en ce sens l'ex valenciennois. 

Cependant, après dix journées et un ratio points par match de 2,00 idéal pour tout prétendant à l'accession directe à l'élite, Montanier se veut prudent "Deuxième, c'est anecdotique. C'est mieux d'être dans le haut de tableau. Mais cela ne garantit rien. Cela donne simplement de la confiance au groupe et ça nous montre la voie". Il sait pertinemment que le temps de la confirmation revient sans cesse, comme le décrit le concept de "l'éternel retour" évoquée par Nietzsche. Ainsi dans le Gai savoir pouvons-nous lire ceci : "Et si un jour ou une nuit, un démon se glissait furtivement dans ta plus solitaire solitude et te disait : ” Cette vie, telle que tu la vis et l’a vécue, il te faudra la vivre encore une fois et encore d’innombrables fois; et elle ne comportera rien de nouveau, au contraire, chaque douleur et chaque plaisir et chaque pensée et soupir et tout ce qu’il y a dans ta vie d’indiciblement petit et grand doit pour toi revenir, et tout suivant la même succession et le même enchaînement – et également cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et également cet instant et moi-même. Un éternel sablier de l’existence est sans cesse renversé, et toi avec lui, poussière des poussières !". Tout revivre, encore et encore. Voici le fardeau d'un entraîneur Artésien. PM, en pur Stoïcien le sait lorsqu'il déclare qu'il s'agit maintenant "de confirmer". 


Une sagesse qui lui permet de répondre à toutes les turbulences présentes dans le plan de vol de son Racing, parfois même au sein d'une même rencontre. Conscient, PM faisait remarquer dans les couloirs du Stade de la Source : "C'est la deuxième fois que l'on gagne un match en étant menés. Cela montre qu'il ne faut pas s'affoler et que l'on sait faire ce qu'il faut pour gagner" avant d'ajouter "On a un potentiel intéressant qui est en train d'éclore. Mais on est encore loin de ce que l'on souhaite atteindre". 

Comme le coach, du proverbe "Qu'importe l'issue du chemin, seul compte le chemin parcouru" faisons table rase, et gardons toujours à l'esprit l'objectif brandi par Joseph Oughourlian : cette saison, Lens doit monter en L1.