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Clap de fin pour la Coupe Machin


Déjà vide d'équité sportive, de sens et de prestige, la Coupe de la Ligue disparaît faute de diffuseurs à compter de 2020. 

L'arrivée du géant de l'industrie indienne BKT, dont l'enseigne est venue défigurer (un peu plus) le nom de la compétition en s'affublant à ses côtés, n'aura pas suffit. Elle a simplement servie à gonfler davantage encore les émoluments touchés par le club vainqueur (2,8 millions) et permis à Didier Quillot, DG de la LFP, de relever "l'attractivité grandissante de la Coupe" suite à ce nouveau partenariat (sic).

En réalité, ce trophée mineur ne faisait plus rêver personne, pas même les foules les plus aveugles, à savoir celles qui sont passionnées, toujours prêtes à suivre la carotte qu'on leur tend ou l'illusion qu'on leur vend. L'an dernier, avant la finale anonyme délocalisée en province, la moyenne de spectateurs était de sept mille. Pire, l'audience TV, véritable nerf de la guerre, continuait d'afficher une baisse progressive depuis 2012. Certes, le jour et l'horaire des matches n'aidait en rien à améliorer ces chiffres, mais tout de même.

Il y a eu trop de choses bizarres. 

Pour dire vrai, cette Coupe cumulait plusieurs défauts : elle chargeait le calendrier, amputait d'une place européenne le championnat ou encore dévalorisait l'autre Coupe nationale car mieux dotée financièrement "Certes cela peut rapporter de l'argent, et ce n'est pas négligeable pour les plus petits clubs, mais il y a eu trop de choses bizarres dans les formats récents. Ce n'est plus vraiment une Coupe." juge l'entraîneur Messin Vincent Hognon.

Car ces imperfections déjà importantes, s'ajoutaient à un vice fondamental dont souffrait l'épreuve depuis plusieurs années, à savoir son manque cruel d'équité sportive. En effet, pour donner envie aux plus gros clubs de l'Hexagone de jouer cette compétition afin d'éviter des finales du type Nancy-Nice, Strasbourg-Caen ou Bordeaux-Vannes, qui n'intéressent ni les diffuseurs ni le grand public, les têtes pensantes de la Ligue ont imaginé plusieurs concepts tels que celui des têtes de série ou celui d'une dispense de premiers tours pour les clubs européens. Des systèmes qui pourtant ne créent pas d'adhésion chez les clubs concernés "C'est une compétition pour les équipes ne jouant pas la Coupe d'Europe. Pour les autres, c'est de trop." analyse Léornardo Jardim.


Tous ces arrangements entre amis ont plombé l'intérêt du trophée qui, dès lors, ne disposait plus d'aucune légitimité, ni d'aucun prestige, même aux yeux des clubs de seconde zone, pas programmés pour remporter des trophées de premier plan. D'ailleurs, même ces équipes, depuis de nombreuses saisons, alignaient l'équipe réserve lors des rencontres de CDL, comme le confirme le coach angevin Stéphane Moulin qui voit la compétition "Comme une coupure. On a des effectifs de plus en plus importants (sic), cela permettait de redistribuer les cartes ou de redonner une chance à certains joueurs." Autre point de vue, celui du Président de l'EAG, fraîchement relégué et dernier finaliste de l'épreuve qui déclarait non sans ironie : "C'est une coupe qui n'a pas de ferveur populaire. Aujourd'hui, les grands clubs entrent en 8e de finale (sic). Ils devraient entrer en finale directement, ça allègerait le calendrier." Enfin, pour illustrer cette impression de vide laissé par une victoire en Coupe de la Ligue, notons cette déclaration de Mickaël Pagis, attaquant Strasbourgeois, après la finale de 2005 : "On ne va pas sauter au plafond, ce n'est pas la coupe du monde !".

Le RCL ne déroge pas à la règle. Lors de ce qui fut donc son dernier match dans cette épreuve (défaite 3-0 à Nîmes), l'entraîneur Philippe Montanier avait aligné une équipe bis car tous les esprits lensois sont tournés vers samedi et la réception du leader lorientais "On peut difficilement dire aux joueurs que l'on y va pour perdre (sic). On ne choisit pas le calendrier, mais ça permet à certains de gagner un peu de temps de jeu."


Malgré tout, le souvenir de la victoire de 1999, un an après le seul titre de champion de France conquis, demeurera une lueur dans l'esprit de chaque amoureux des Sang et Or. À l'époque, les hommes de Leclerc avaient dû éliminer Marseille, Le Havre, Rennes et Sochaux avant de s'imposer au Stade de France face au FC Metz grâce à un but magistral de Moreira. Ce titre avait en outre permis l'épopée européenne de la saison suivante qui a vu le RCL atteindre le dernier carré de la Coupe de l'UEFA, à l'époque où celle-ci avait encore du sens et n'était pas considérée comme le parent pauvre de la Ligue des Champions.

La mort de la Coupe de la Ligue doit, on l'espère, permettre plusieurs choses, du fait de l'allégement de calendrier qu'elle génère. D'abord de réhabiliter la Coupe de France, en programmant chacun de ses tours le week-end, et non pas le mardi ou mercredi soir à des heures impossibles. Pour cela, il faudrait que les dirigeants du football français pensent avant tout au sens de la compétition et non aux profits que celles-ci peuvent potentiellement générés. Ensuite, d'offrir la possibilité aux clubs européens d'aligner leur équipe type lors des rencontres continentales. Enfin, de renforcer la présence des clubs dans ces épreuves, puisque propulsés via le championnat ou une réelle Coupe nationale. On attend de voir...
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