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Convergence des luttes


À la peine dans le jeu, et légèrement en retard au classement, Lens doit lutter contre lui-même. 


Cette saison, le RCL, par l’intermédiaire de son Président, a revu son mode de fonctionnement. Dans la lignée des barrages d’accession qui ont vu les Sang et Or flirter avec l’élite, Joseph Oughourlian a en effet défini un management par objectifs "Cette année on doit monter ! Si on n’avait pas l’équipe qu’on a je n’oserais pas le dire mais on a des hommes structurés donc je n’ai pas peur de les crisper" .

La clé était évidemment de bien définir l’objectif mais aussi de faire attention à ce qu’il soit réalisable.

Dès lors, il était nécessaire, une fois l’objectif établi, de dresser un plan d’action comportant un certain nombre de sous-objectifs. Ces derniers peuvent être des paliers de points à atteindre en temps et en heure, des indicateurs de jeu à suivre ou encore une cohésion de groupe à instaurer. Par ailleurs, une liste exhaustive de compétences nécessaires à l’atteinte de l’objectif a été rédigée. C’est notamment sur celle-ci que le board s’est appuyé pour réaliser la première phase de son mercato "On a regardé les clubs qui montaient, les statistiques et ce qui nous manquait : leadership, maturité, efficacité." confiait Arnaud Pouille l’été dernier.


Cette liste de ressources permet, en outre, d’agir lorsque l’effectif subit des mouvements imprévus entraînant des pertes de compétences importantes. L’illustration de cette pratique a été assurée par l’arrivée de Jules Keita dans l’Artois, en réponse au départ de Mounir Chouiar "Jules a une vitesse impressionnante. Il est vif et effectue de bons appels. C’est un profil que l’on n’avait plus dans notre effectif." expliquait alors l’entraîneur lensois, bien au fait des forces en présence dans son groupe.

Le résultat n'est qu'une conséquence du jeu.

Alors que, on l’a vu, l’objectif est fixé pour donner du sens à l’action tout en la structurant, il arrive donc, parfois, que celui-ci fasse perdre le fil des priorités à ceux qui sont censés l'atteindre "On est conscients de nos qualités et on travaille. Quand j’entends certains dire qu’ils veulent la L1, bah moi, je la prends même avec trente matches pourris comme celui-ci." réagissait le gardien Jean-Louis Leca. Une prise de position tranchée, à l’image du tempérament volcanique de l’homme, mais qui dénote toutefois avec toute la philosophie portée par le coach Montanier, tout au long de sa carrière sur le banc "J’ai toujours été persuadé qu’en jouant bien, sur la durée, on a des résultats. D’ailleurs, le résultat n’est qu’une conséquence du jeu. Ce n’est pas compliqué, ni novateur, mais il faut s’y tenir et avoir suffisamment de convictions pour se persuader que l’on est dans le vrai en cherchant le jeu".


Ce dernier persistait dans ses idées lors de sa conférence de presse d’intronisation, en juin 2018, dans l’amphithéâtre de La Gaillette "En fait, la L1 n’est pas un objectif mais ce sera plutôt une conséquence. On doit s’atteler d’abord à bien travailler ensemble, à être performants. Oui, la L1 ne sera que la suite logique de nos performances".

Une méthode de management qu’il s’agit donc encore d’apprivoiser chaque jour en Artois, tant elle place les hommes de Montanier en première ligne, car qui dit proactivité vis à vis de l'objectif à atteindre, dit responsabilité accrue "On voit bien la pression que ça met sur l’équipe" analyse PM avant d'ajouter "Je suis d’ailleurs frustré que l’on ne parvienne pas à reproduire ce que l’on travaille à l’entraînement en termes de jeu ou d’intensité". Un point de vue complété par le portier bastiais du Racing "On fait bien, on fait mal. C’est dans ces moments qu’on doit rester tranquille. Ceux qui sont sur le terrain cravachent. Il n’y pas de tricheurs dans ce groupe".


Afin d'atténuer la pression qui pèse sur son équipe et qui influence négativement toute initiative dans le jeu, Montanier choisit, parfois la méthode de la diversion, déplaçant l'épicentre du problème ailleurs que sur le niveau technique et sur les intentions de jeu de ses hommes "On le voit, le mercato a mis un peu d'instabilité. Il faut que l'on retrouve une certaine homogénéité au niveau du jeu et de l'état de forme des joueurs". Autre arme utilisée, le positionnement tactique en 3-4-3, qui offre au RCL une assise défensive importante, et une densité dans le cœur du jeu, pouvant lui permettre d'appréhender les matches de manière plus équilibrée et solide.

Si à la fin de la saison, on réussit à monter, on aura réussi.

Même si cela donne à voir des matches insipides et pauvres en occasions de but, le ratio points pris / risques engendrés est à son apogée. Car au total, ce sont 7 points sur 9 possibles glanés dernièrement. "Chapeau au groupe" a d'ailleurs tout de suite lâché le coach, voyant son équipe revenir au classement des points, étant entendu que si un classement parallèle était dressé selon la qualité de jeu, son Racing serait sans nul doute décroché des premiers rôles. Néanmoins, il voit ses gars faire front face aux vagues de critiques qui s'abattent depuis plusieurs semaines "Si à la fin de la saison, on réussit à monter, on aura réussi." rappelait Benjamin Moukandjo, tout juste arrivé. Une façon de maintenir le cap et d'orienter la lutte.


À ce sujet, Leca complète "Si on était Ronaldo ou Messi on ne jouerait pas à Lens". Une façon pour le portier Sang et Or de faire amende honorable tout en rappelant à qui veut l'entendre le contexte sportif du club. Cette sortie, bien que décriée par beaucoup, montre finalement l'attachement du Corse, et dans son sillage celui des joueurs, à l'objectif annoncé et dont l'atteinte est espérée par tous. Car en rappelant sa différence qualitative avec les meilleurs de la planète foot, Jean-Louis Leca n'a que mis en valeur sa volonté, sa combativité et son mental, qui sont les qualités dont Lens a besoin pour espérer retrouver l'élite. Il fit ainsi ainsi écho aux mots élogieux de Joseph Oughourlian, à l'orée de la saison "Cette équipe est capable de porter ce blason et d'aller au bout".

La vérité attend au bout de soi. Et aller au bout de soi, c'est aimer et comprendre. Tout Bollaert-Delelis attend cela. 
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