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Temps faible


Si la saison de Lens était projetée sur une portée, nous pourrions affirmer être en plein temps faible.

Le temps faible est la marque d’une pulsation structurante du discours musical, suivie systématiquement d'un temps fort. Celui-ci ne doit pas nécessairement se traduire par un volume supérieur, mais plus par un élan ou une articulation différente. Philippe Montanier acquiesce l'hypothèse : "On a été en-dessous de ce que l'on peut faire. Cela fait déjà la troisième fois en autant de déplacements."

Oui, clairement, son équipe fait fausse route. Le constat apparaît si évident, que le technicien fait part de son inquiétude en public. Selon lui, ses joueurs "n'ont pas de marge". D'ailleurs, dans chacune de ses analyses d'après match, son constat fut limpide : "On donne raison sur le papier à ceux qui nous voient favoris. Mais pas sur le terrain" disait-il après le succès au Mans, survenu grâce à une réaction d'orgueil de ses hommes. Même chose après la victoire, une semaine plus tard, face à l'EAG "On a construit notre victoire, même si on a eu des temps faibles." De son voyage en Auvergne, le Racing est revenu avec le point du nul. Ce qui a, là encore, suscité le scepticisme du coach : "Nous devons faire preuve de plus de constance. Nous n'avons pas fait une partie pleine et complète. Nous jouons à moitié". Enregistrant sa première défaite face au HAC, l'ex entraîneur de la Real Sociedad concédait volontier que cela était "comme une claque". Visiblement pas meurtris, ses joueurs ont tendu l'autre joue, à Troyes, comme jadis, le prétendu messie barbu. "On fait de grossières erreurs. On est en-dessous et on ne pèse pas offensivement" a réagi Montanier.


Tous ces doutes trouvent un écho dans l'œil de celui qui s'est penché sur le contenu des matches du RCL. Car, pour tout dire, on ne parvient pas vraiment à distinguer les marqueurs de cette équipe. On a, certes, aperçu un travail défensif des attaquants, une volonté de mettre de la densité dans la zone du ballon, une autre d'user dès que possible du débordement des latéraux ou encore, de faire de Mauricio, l'élément clé de la transition milieu-attaque. Mais, on a également vu une défense centrale lourde et sans ressort, un milieu de terrain sans volume, une ligne d'attaque sans réelle relation technique ni prise d'espaces. 

L'impression générale est que cette équipe manque de souffle. Physiquement peut-être, mais surtout mentalement. Elle semble ne pas encore avoir endossé son costume de favori proclamé, préférant surfer sur la vague du souvenir encore prégnant des barrages passés. Expliquant, de fait, son attitude réactive plus que constructive. Hors, bien qu'il soit primordial de savoir d'où l'on vient, il est tout aussi important de savoir où l'on va. 


La gestion de l'échec printanier est d'ailleurs l'un des enjeux capital du Racing cette saison. Conscient, le board sang et or a procédé par étapes, dès le lendemain de la défaite à Gaston Gérard (1-3) : il a cherché à évacuer en prenant très vite la parole par le biais de Joseph Oughourlian "Je suis fier de cette équipe. Ils ont montré des choses extraordinaires toute cette année. Lors des barrages, ils nous ont redonné cette fierté d’être Lensois. Dans le bassin minier, nous sommes habitués à ce type de souffrance, mais on va sortir de là plus fort. L’an prochain, on essaiera d’éviter les barrages et de monter directement."

Il a ensuite tenu à reprendre la main sur la trajectoire du club, via un mercato et une réorganisation interne menés tambours battant. Ce recrutement a d'ailleurs permis d'apporter du sang neuf, indispensable à la bonne remise en route d'un groupe forcément déçu et frustré. Parallèlement, les dirigeants ont conforté leurs cadres, via les prolongations offertes à Leca, Gillet ou Fortes. Enfin, l'annonce d'un nouvel objectif, clair et atteignable, est intervenue à l'aune du premier match, et elle a permis, en occupant ainsi tous les esprits, de passer d'un élan brisé à une nouvelle dynamique collective. 


Toutes les étapes de gestion d'un échec sont ainsi cochées et pourtant, l'équipe Artésienne vient d'ajouter à des résultats peu convaincants, deux défaites lourdes de sens "On a été insipides. Et on ne pouvait pas revendiquer autre chose que la défaite. Sur le plan offensif, on n’a eu que très peu d’occasions." confirme Guillaume Gillet. De son côté, le coach lensois, n'a pas hésité à piquer l'orgueil de ses joueurs : "Pour faire un résultat chez l’adversaire, il faut de l’agressivité alors que j’ai l’impression que l’on ronronne. On a été en dessous dans tous les domaines. Techniquement, physiquement et fait beaucoup d’erreurs. On a du mal dans l’explosivité. Beaucoup de joueurs sont en dessous de leur niveau et cela nous fait du mal". 

La zone de confort, incarnée par cette reprise tardive offrant aux joueurs une vraie coupure mentale au détriment d'une préparation physique, est maintenant terminée. Une réaction, encore une, est attendue pour le prochain match. Le RCL possède des pistes tactiques et des réserves d'effectif. Gillet rassure "Il reste encore du temps pour se rattraper". Oui, dans toute partition musicale, un temps fort secondaire succède à un temps faible. 

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