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Discours de la méthode


Le football étant un sport d'équipe, les questions de tactique et d'intelligence collective sont primordiales. 

"J'ai toujours pensé que le foot ne naissait pas dans les pieds, mais dans la tête." aime à affirmer Arrigo Sacchi. Le résultat d'un match ne dépend donc pas seulement de l'habileté des joueurs à manier le ballon, mais aussi des choix tactiques des deux équipes qui, suivant le dispositif, peuvent s'avérer décisifs.

Intéressons nous au système de jeu suivant : le 3-5-2. Philippe Montanier, l'entraîneur Sang et Or a déjà dit du bien de cette tactique, utilisée en fin de saison dernière par son équipe "Je nous avais trouvé pas mal. Nous avons travaillé ce système plusieurs semaines. On a cette intensité supérieure aux autres. Lorsqu’on se met tous dans les duels, à 3 contre 2 dans l’axe, on pouvait contrer la vitesse adverse. On peut aussi passer par les côtés plus fréquemment."

Dans l'esprit du technicien Artésien, ce positionnement particulier doit permettre à son équipe de trouver son équilibre tout en effectuant un jeu qu'elle affectionne depuis son arrivée à savoir le jeu de transition rapide vers l'avant. "On peut envisager plusieurs systèmes, dont celui-ci, durant la saison." admettait-il d'ailleurs en préambule de l'exercice actuel, avant de préciser : "C'est la qualité des joueurs et leur complémentarité qui déterminent le système". Montanier le pragmatique s'oppose ainsi aux idées de nombreux autres grands entraîneurs, plus dogmatiques, comme par exemple, Valeri Lobanovski qui affirmait que "les tactiques ne sont pas choisies pour convenir aux meilleurs joueurs. Elles doivent convenir au jeu de l'équipe".

Pragmatique, quitte à être pris pour un coach volatile au niveau de ses principes de jeu "C'est marrant mais quand on joue à Paris, on gagne. Tout le monde est content. Je change la compo à Troyes. On gagne, personne ne m'en tient rigueur. Par contre, quand on perd, tout le monde me tombe dessus".


Pour rappel, cette approche du jeu privilégie le repli défensif au pressing intensif, et la projection vers le but dès la récupération au jeu de position et de recherche de décalages. À condition, bien sûr, d'être capable de ne pas jouer trop bas, comme le pousse parfois ce système, taxé d'ultra défensif. "Beaucoup de personnes le pensent, mais c'est faux." rétorque Alain Casanova, entraîneur du TFC et ex de la maison lensoise. "Le véritable 3-5-2 n'est pas défensif. Au contraire, l'idée est d'imposer un bloc haut à l'adversaire. Si vous l'utilisez bien, avec une vraie philosophie, des lignes de passes, un positionnement des joueurs précis et beaucoup de mouvements, il peut poser énormément de problèmes à l'adversaire. Mais il faut différencier le 3-5-2 du 5-4-1, défendre à trois ou à cinq n'est pas la même chose."

Car là sont bien souvent les points faibles du 3-5-2 : il requiert une science du placement tactique aiguë ainsi qu'une condition physique exceptionnelle des deux joueurs de couloirs. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, le système a tendance à muer en 5-4-1 voire 5-3-2. Car tout est question de cohésion. Lorsque le latéral sort haut au pressing, il doit être accompagné d'un milieu relayeur et le stoppeur doit venir en couverture, de même que la sentinelle un cran plus haut. Cette capacité à faire coulisser le bloc empêche la création d'espaces, alors même qu'un pressing haut est entamé. Il suffit qu'un rôle soit mal assuré, et c'est toute la mécanique qui dysfonctionne. "La différence se situe notamment dans le rôle des pistons. Soit ils vont chercher très haut les latéraux adverses ; soit ce sont les attaquants ou milieux relayeurs qui le font, et dans ce cas la ligne défensive reste toujours à cinq." explique Casanova.


S'agissant du point fort dégagé par le système, il est clair : la relance. S'appuyant sur une assise défensive importante, il offre une solution de passe permanente au porteur, du fait de la densité de joueurs présents dans l'entrejeu. "C'est intéressant pour les trois axiaux car lorsque vous évoluez à quatre derrière, l'adversaire vient souvent vous presser avec ses deux attaquants plus un milieu offensif, ce qui provoque un trois contre un. En évoluant à trois centraux, vous permettez aux axiaux droit et gauche d'être les premiers relanceurs, car aucune équipe ne va venir faire le pressing sur trois centraux à la fois. Ils peuvent fixer la première ligne de pression adverse en avançant et donner sur le côté ou faire le décalage par une passe verticale. Dès la première action de construction, vous êtes de suite en supériorité numérique." décrit encore, enthousiaste, le coach toulousain. 

L'apport, aussi, d'une sentinelle au profil technique s'avère également primordial. Philippe Montanier a probablement vu en Manu Perez l'homme idoine pour endosser ce rôle. Enfin, le rôle des attaquants n'est pas à minimiser. Premiers défenseurs à la perte de balle, ils doivent proposer un maximum de solutions devant et éviter de décrocher dans un milieu déjà très fourni. L'efficacité est, en outre, comme dans tout système de jeu, la clé de voûte de l'édifice. "On va essayer d'être plus performants encore. C'est pour ça qu'on a beaucoup recruté." glisse PM. "En fait, on se créait beaucoup d'occasions mais on n'était pas assez efficace."

Huit joueurs axiaux. 

Le mercato bientôt bouclé, le RCL disposera de l'intégralité de son effectif. De quoi permettre à son entraîneur d'user de toutes les variations tactiques qu'il souhaite au gré des adversaires et des pics de forme de chaque joueur et de leurs liaisons techniques. Avec un but unique, la promotion en L1 en mai prochain "On sait que pour monter, un onze de départ ne suffit pas. Il faut un effectif conséquent" conclut Montanier, lucide.

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