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Réduction de voilure


La voilure est l'ensemble des voiles d'un navire que l'on réduit pour aller moins vite.

Elle est, au RCL, synonyme de diminutions de coûts et d'effectifs. 

La maîtrise des dépenses, le Directeur Général Arnaud Pouille en a fait son cheval de bataille. Question de survie, selon lui : "Il ne faut pas oublier que nous sommes une entreprise. Il faut avoir un projet transversal qui soit renouvelé et corrigé chaque fois qu’il est nécessaire. Sur l’ensemble du club, on est sur des masses d’argent et de dépenses qui sont hors normes par rapport à la situation sportive. On a des pertes opérationnelles de l’ordre de 20 millions d’euros."

La pierre angulaire de toute la stratégie actuelle des sang et or est ainsi résumée : appréhender le club comme une entreprise. Cette vision amène les dirigeants à se poser des questions fondamentales avant chaque prise de décision : points forts/faibles de la structure, principales missions,  concurrence, positionnement qualité, organisation, trésorerie. Elle encourage également à penser puis accompagner sans cesse, la métamorphose de la société, qu'elle soit tangible ou non (organigramme, revue de processus, management, culture d'entreprise). "Depuis septembre 2017, il y a eu pas mal de changements. Nous avons mis en place un nouvel organigramme avec des responsabilités claires. Et on veut positionner les bonnes personnes au bon endroit. Le but est l’efficacité opérationnelle. Mais on a encore beaucoup de travail à tous les niveaux. Il faut apporter de la modernité à un club qui n’a pas pu le faire compte tenu de ses difficultés financières." soulignait le DG.


Point d'orgue de la démarche, le lancement d'un Plan de Sauvegarde de l'emploi en octobre dernier, inscrit dans une gestion des risques mise en œuvre des la prise de pouvoir de Joseph Oughourlian et la nomination d'Arnaud Pouille. Ce type de gestion est décrit comme une discipline qui s'attache à identifier, évaluer et prioriser les risques relatifs aux activités d'une organisation, quelles que soient la nature ou l'origine de ces risques, pour les traiter méthodiquement de manière coordonnée et économique, de manière à réduire et contrôler la probabilité des événements redoutés, et réduire l'impact éventuel de ces événements. Pour Pouille, tout est clair, le PSE s'avérait essentiel : "Le résultat opérationnel a été déficitaire de 15 à 20 millions d’euros. Ou on se focalise sur cette perte ou on vend nos meilleurs joueurs. Tous les 4 ans, nous sommes en position de passer devant le tribunal de commerce. La sagesse est d’arrêter de se mettre en situation de risque. Nous en arrivons à la conclusion qu’il faut en passer par un PSE. Ce n’est pas une situation facile, mais l’idée est que le club soit pérenne sur le long terme et plus agile financièrement. Faire aussi bien avec moins de postes."

Un PSE qui aujourd'hui semble porter ses fruits dixit le même Pouille "Ce plan social nous permet d'attribuer les enveloppes budgétaires sur notre coeur de métier qui est le foot, le recrutement, les installations. Quand on avait annoncé l'année dernière 6 millions d'euros de baisse de budget, on savait que c'était pour mieux investir derrière."


L'idée du board Artésien est simple : recentrer l'entreprise sur son cœur de métier, autrement dit, réduire la part de ses fonctions support dans les coûts. Ces dernières, par définition, ne participent pas directement à la création de valeur dans une entreprise.  Il peut s'agir des professions rattachées aux ressources humaines, au management, aux relations publiques, à l'administratif, au conseil, à la finance ou au recrutement. Une fraction de la marge dégagée est alors réinvestie, dans la masse salariale notamment (+800 000€).

Le modèle de réduction des coûts est simple, c'est celui de l'externalisation "trente six postes au total" dixit Pouille. Cette logique, en vogue actuellement dans le monde de l'entreprise, renvoie à plusieurs constats :

- on maîtrise souvent mieux un fournisseur externe qu'un atelier ou une unité interne, parce qu'on dispose de moyens de pression beaucoup plus efficace, sur les délais, les prix, la qualité ;

- en cas de baisse d'activité, il est tellement plus facile de se séparer d'un fournisseur que de licencier des salariés ;

- il est souvent beaucoup plus simple - réducteur de complexité - d'exiger une prestation externe que d'organiser soi-même un processus de production, quitte à payer un surcoût.


On résume : l'application de cette gestion de risques est ainsi née cette logique de cœur de métier, cette dernière aboutissant à une marge dégagée dont une partie a pu être réinvestie dans la masse salariale. En récitant ce processus, nous reviennent ces mots de Joseph Oughourlian : "Le but est l’autosuffisance à moyen terme." On y vient. 
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