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Le noyau dur humain


En cette préparation forcément particulière, le RCL cherche à garder la main sur ce qui lui a permis de frôler la L1
tout en cherchant à corriger ce qui lui a fait défaut. Il doit ainsi bien intégrer le sang neuf qu'apportent ses recrues tout en veillant à préserver son noyau dur humain. 

Il est une idée reçue qui a fait son chemin en football tant elle est accompagnée d'exemples divers venant régulièrement la confirmer : rien ne vaut la stabilité d'un groupe dans le temps. C'est à partir de cet adage, et en s'appuyant sur l'alchimie trouvée, certes sur le tard, la saison dernière, que les dirigeants du RCL ont imaginé l'exercice à venir. "On avait un bon noyau dur qui a frôlé la montée l'an dernier" a d'ailleurs très vite concédé l'entraîneur Montanier, en conférence de presse.

Dans l'esprit du coach Artésien tout paraît limpide. Il dispose d'un socle solide, construit à partir du travail pharaonique entrepris l'été dernier en compagnie de l'ex Directeur sportif Éric Roy. Pour rappel, le fil conducteur de cette construction était d'apporter de la valeur à un effectif qui en manquait cruellement. Aussi, des joueurs au profil bien précis, "des bons mecs" dixit Roy, ont rejoint les rangs sang et or, avec la volonté de les valoriser, et si possible d'évoluer en L1 avec le eux. Cet édifice a failli s'élever jusqu'au ciel de l'élite mais les barrages en ont décidé autrement.


Ceci étant, ce socle solide existe donc et il s'agit de le préserver au maximum pour s'appuyer  dessus et ne pas partir de zéro. Dans le monde de l'entreprise, la richesse que la continuité d'un groupe génère (compétences, historique, références, connaissances) est appelée le noyau dur humain. Elle n'apparaît pas à l'actif du bilan mais est pourtant d'une valeur unique.

Le noyau dur humain peut se définir comme l’ensemble des salariés dotés de compétences et d’aptitudes ayant de la valeur pour l’entreprise et dont le départ porterait préjudice à l’entreprise. Il peut être assimilé à un expert ou à un chef de projet. Le noyau dur humain est ainsi formé du personnel présentant un intérêt majeur pour le dirigeant.


Cet intérêt peut résulter de plusieurs motifs: la possession d’une logique entrepreneuriale qui se définit par la prise de risque, l’innovation et la proactivité. La détention d’habilités rares dont la substituabilité est incertaine sur le marché (efficacité, productivité, dextérité, intelligence, talent…). La maîtrise d’un réseau étendu représentant une ressource de valeur pour l'entreprise. La loyauté à l’égard du dirigeant. (Fidélité sans faille parfois recherchée par certains dirigeants : homme de confiance dévoué corps et âme). La légitimité historique et la connaissance de l’entreprise. Il s’agit de toute personne ayant accumulé un background constitué au fil du temps. Ou enfin, le leadership structurant au sein des équipes de travail (leur départ entraînant une désorganisation).

Vu du RCL, le noyau dur humain est ainsi composé :
- logique entrepreneuriale : Gillet, Leca, Tarhat.
- détention d'habileté rare : Gomis, Radovanovic, Doucouré, Fortes.
- Maîtrise d'un réseau étendu : Debève.
- Loyauté : Duverne, Banza, Chouiar.
- Légitimité historique : Mesloub.

La gestion du cas Duverne nous rappelle que ce noyau dur humain reste fragile et soumis à des perturbations. Car rappelons ce principe philosophique de base : dans un environnement en mouvement, l'on demeure fidèle à soi-même en étant aussi en mouvement. Rester figé est traduit comme un renoncement à soi. Toute la difficulté est là, pour l'ex cinquième de L2. Et elle s'avère d'une importance stratégique.


D’un côté, Lens, en amenant de nombreuses recrues, a démontré vouloir redessiner les contours de son effectif, tout en délimitant, pour chaque joueur, le périmètre de son champ d'action "Il me faudra non pas un, mais deux ou trois capitaines" a admis Montanier. Par ces mots, il souhaite accompagner vers le changement son ex élément clé Mesloub. Ceci n'était qu'un exemple. L'idée, plus globale, est de tirer progressivement un trait sur le passé pour établir une nouvelle vision stratégique. Lens passe ainsi, cette saison, de l'efficience à l'efficacité (cf article déjà paru).

D'un autre côté, le RCL a clairement affiché sa volonté de s'appuyer sur les hommes et l'état d'esprit en place l'an dernier, et qui a soulevé tout un peuple. Son nouveau coordinateur sportif Ghisolfi l'a même confirmé : "On a eu une étincelle en fin de saison dernière lors des barrages. Plus qu’une étincelle même ! On espère que cette synergie va continuer."

Toute la difficulté réside donc à trouver un équilibre entre des méthodes, des hommes qui ont fait leurs preuves et l’esprit novateur qui anime le board. Pourtant, il est important qu’une césure soit opérée par rapport à la gestion précédente, afin que le nouveau management se démarque de celui précédemment appliqué. L'on peut lire l'élargissement des prérogatives de Mickael Debève comme une marque de cette recherche de rupture dans la continuité.


Sportivement, Philippe Montanier peut soit adopter une logique d’appui, qui consiste à s’adosser au même tissu organisationnel en conservant l’essentiel des pratiques du cédant pour y trouver la dynamique nécessaire à la réalisation du changement, soit suivre une logique de démarcation rompant avec les routines, les habitudes et le contexte tactique traditionnel "Les matches amicaux permettront de voir dans quels domaines on devra se pencher." expliquait-il par ailleurs, sous-entendant qu'il penchait pour la seconde option.

L'entraîneur l'a compris, son Racing, malgré ce souci de continuité et de capitalisation d'un élan récent, va devoir se réinventer en profondeur, au risque de très vite déchanter. Car le temps des Play-offs était un temps particulier, pour lequel une dynamique particulière est apparue. Cette dernière ne saurait donc se transposer à l'intégralité d'une saison. 
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