Header Ads

Plus riche que QSI


La richesse, c'est ce qu'il reste lorsque l'on n'a plus d'argent. Tentative d'inventaire. 


Le temps d'une dizaine de jours à parcourir les routes sinueuses des Play-offs de L2, le RCL a rappelé, à son niveau, qu'il était finalement bien plus "riche" que le fonds d'investissement souverain du Qatar (QIA) au sein duquel figure QSI, la filiale "sports", détentrice du PSG, dont les actifs pourrait dépasser les 100 milliards de dollars.

En effet, selon le site Wikipedia, QIA contrôle 7,5% du capital d'EADS, 10,3 % des actions du London Stock Exchange, 17 % de Volkswagen et de 3 % de Total. Il est actionnaire du Groupe Lagardère à hauteur de 12,83 %.QIA achète, à Paris, l'hôtel Lambert, l'hôtel Kinski, l'hôtel Landolfo-Carcano, l'hôtel d'Évreux, le Majestic, l'hôtel Gray d'Albion, l'hôtel de Coislin, les immeubles du Virgin Megastore, de HSBC et du Lido sur les Champs-Élysées, le Royal Monceau et le Peninsula. Il possède et gère la chaîne médias "BeIn", et donc le PSG omnisports (football, handball, e-sport, etc...) depuis 2011.

Raflant 100% des parts, pour prendre la suite de Colony Capital, QSI a voulu tout refaire dans ce club. De nombreux joueurs ont été acheté, le logo rafraîchit, les loges du Parc rénovées, le slogan "Dream bigger project" a été déposé, des entraîneurs de renoms se sont succédés, le camp des loges a été repensé, des partenariats ont été tissé, des tournées mondiales organisées, des stars du "système" recrutées, des contrats commerciaux ont été signé, une marque PSG a été exporté à l'international. 


La valeur marchande de l'action a fortement baissé en 2018, mais la note globale attribuée par le cabinet Brand Finance à la marque PSG reste identique, à savoir un AAA-. Cette note se base sur les trois ressources principales des clubs de football, à savoir les droits TV, le sponsoring ou encore les recettes matchday (soit la billetterie au sens très large du terme). 

Malgré tous ces investissements, l'équipe parisienne manque cruellement d'âme, d'identité et d'image de marque si bien que la ferveur qu'elle génère, est tout sauf authentique et profonde. Même constat concernant l'attrait qu'elle attise auprès des joueurs. Force est de constater que le club se voit dans l'obligation de surpayer ses recrues s'il souhaite les obtenir. Il figure sur ce marché parallèle, dans lequel les prix des transferts explosent, un marché né lors rachat de Chelsea par Abramovich, et développé depuis via des clubs du type PSG ou Man City notamment (même si cette folie des prix tend à se globaliser). 

Ses dirigeants ont pensé, sans doute, qu'il suffisait de joueurs renommés pour construire une grande équipe, qu'il suffisait d'un palmarès pour se bâtir une histoire, qu'il suffisait de donner un prix à tout pour en dérober la valeur. Mais rappelons que si un club ne vaut rien sans ses trophées, il ne vaudra pas plus avec. Même idée, s'il ne vaut rien sans argent, il ne vaudra guère davantage avec. 

Car le club de la capitale apparaît davantage comme un outil géopolitique que comme une entité sportive. Associé aux humiliations et autres "remontada", son image est aujourd'hui désastreuse dans l'Europe du foot et le monde des affaires. Cet état de fait plombe jusqu'en interne si bien que plus rien ne semble être savouré à sa juste valeur, pour preuve, le dernier titre national obtenu qui n'a pas vu de scènes de liesse entre les joueurs de la capitale "Eh bien, si vous avez l'habitude de gagner des titres tant mieux" se serait même agacé l'un d'eux auprès d'autres s'en allant en soirée privée seulement dix minutes après être entrés dans les vestiaires.



De leur côté, les Sang et Or, dont le nom vient des couleurs qu’ils portent depuis de nombreuses années, possèdent une forte identité régionale minière et des valeurs basées sur la combativité, le fair-play et le dynamisme. Ils sont soutenus par l’un des plus grands publics en France dont la voix résonne dans les tribunes du stade Bollaert-Delelis, et dans les stades qu'ils visitent chaque saison. Il suffit, dès lors, d'une étincelle, pour embraser la poudrière passionnelle qui l'entoure. Le résultat de cette équation :  Histoire +ancrage +identité +valeurs +supporters = passion est apparu en pleine lumière lors des Play-offs, puis lors du barrage pour l'accession à la L1. 

La procession colorée de rouge et de jaune a semblé submerger des enceintes peu habituées à un tel enthousiasme "J’ai l’impression que nous sommes portés par quelque chose de plus fort que nous. Une énergie circule dans l’équipe et autour de l’équipe, ça donne un supplément d’âme pour se dépasser." avouait même Philippe Montanier, l'entraîneur.


Un tel contraste entre deux réalités, deux façons d'y faire face, deux entités en tous points différentes et pourtant réunies par le même sport, est assez saisissant. Cela l'est tout autant de constater, qu'au final, le RCL apparaît aujourd'hui comme plus riche que le PSG version QSI. Non sur l'aspect financier et économique ; non sur l'aspect politique, commercial et médiatique. Mais sur tous ces aspects qui ne peuvent se fabriquer, se dupliquer ni ne peuvent s'acheter.

Tous ces aspects qui font qu'un joueur signant à Lens sait pourquoi il le fait, tandis que celui qui signe au PSG peut parfois se demander s'il fait le bon choix. Ces aspects qui font que l'on aime Lens sans raison, sans résultats et sans trophées. Tous ces aspects qui font l'essence même d'une équipe, quelque soit sa qualité, quelque soit sa composition. Ces aspects qui font qu'elle brille simplement d'elle-même et pour elle-même. Ces aspects, enfin, qui nous rappellent la citation suivante : "La vraie richesse, c’est ce qui reste quand on a perdu tout son argent".
Fourni par Blogger.