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Le transfert comme volonté et comme représentation


Explication complète du transfert dans tous ses aspects et de tous les points de vue.



Le mercato français ayant ouvert ses portes, il est essentiel de connaître ou simplement de réviser les grands principes qui régissent la faisabilité d'une transaction.

En football, un transfert correspond au changement de club d'un footballeur professionnel. Un transfert est généralement le rachat du contrat d'un joueur, mais peut prendre d'autres formes comme un prêt avec obligation d'achat, un prêt avec option d'achat ou un prêt sans option d'achat.

Les clubs professionnels sont en général autorisés à transférer un joueur dans un autre club uniquement pendant une période définie, désignée marché des transferts ou mercato.

Moment clé d'une saison

Il faut donc savoir que cette période est un des moments clés dans la réussite ou l'échec d'une saison. Elle est donc anticipée, dans la mesure du possible, par les clubs qui souhaitent se renforcer ou en tout cas ne pas s'affaiblir.

Selon l'organisation interne choisie, c'est le Directeur Sportif ou le chargé de recrutement qui se trouve en première ligne. L'idée est d'activer au maximum les réseaux et de multiplier les prises de contact. Un reporting du staff est également attendu pour identifier clairement les besoins et entamer tout travail de réflexion. L'avis du joueur est enfin un élément primordial pour une bonne gestion du dossier.

Deux axes forts émergent généralement de ces travaux préparatoires : les manques à combler et le superflu dont il s'agit de s'affranchir pour alléger la masse salariale. Pour chacun de ces axes, les méthodes diffèrent.

S'agissant du superflu, la concordance entre la volonté du club et celle du joueur est capitale. En effet, si un joueur désigné par l'entraîneur comme extérieur au projet ne souhaite pour autant pas partir, c'est à dire rompre son contrat, le transfert sera difficile à mener.

Les besoins sportifs qui définiront le degré de compétitivité de la future équipe sont comparés aux objectifs dressés par le Président ainsi qu'aux résultats obtenus.

Toujours apprendre de ses erreurs sans faire l'erreur de toujours apprendre

Un audit du dernier mercato est par ailleurs souhaité ainsi qu'un benchmarking avec des clubs aux moyens similaires.

En fonction des besoins identifiés et des profils attendus, de nombreux joueurs sont observés durant un temps défini. Des rapports individuels sont établis et peuvent aller de la performance en match à un portrait psychologique, une esquisse des entourages, une liste des habitudes, etc... On dresse enfin un bilan médical des joueurs ciblés, avec un coefficient de blessure sur les dernières saisons. Plus le coefficient est élevé, moins le club acheteur souhaitera prendre le risque de recruter, ou se servira de cette donnée pour tirer le prix de vente à la baisse.

Cela dit, il ne suffit pas de dresser la liste des besoins, puis d'observer un nombre important de joueurs pour réussir un mercato !


Il y a un nombre importants de facteurs que les dirigeants chargés du recrutement subissent : les lois du marché qui peuvent subitement faire monter les prix ou inversement les baisser, selon le contexte économique et social dans lequel s'inscrit le mercato.

Facteurs multiples...et variables.

Autre facteur, les envies du joueur, parfois d'une variabilité improbable selon l'influence de son entourage ou le niveau de ses performances récentes. Enfin, dernier facteur, celui des négociations où divers acteurs aux buts différents doivent malgré tout parvenir à s'entendre.

Ces acteurs, les voici :

  • Le club vendeur : il souhaite réaliser la meilleure opération financière possible, c'est à dire, vendre au prix maximal pour dégager une éventuelle marge. Ne veut pas se sentir flouer. Veut maîtriser le tempo de la transaction.
  • Le club acquéreur : il souhaite réaliser la meilleure opération financière possible, c'est à dire payer le juste prix. Souhaite aller vite pour éviter d'entrer en concurrence.
  • L'agent de joueur : il souhaite valoriser les qualités de son client, autrement dit lui obtenir les meilleures garanties financières et sportives. Il joue l'intermédiaire sans pour autant partager quelconque but commun avec le club vendeur ou l'acquéreur.
  • Le joueur : Il souhaite obtenir des gages de sécurité sportives et financières.



Un transfert est donc un processus regroupant plusieurs étapes dont le bon enchaînement détermine la réalisation ou non de l'opération. Tout commence donc, nous l'avons vu, par la prise d'informations. Cette étape, rappelez-vous, succède à celle de l'identification des besoins au regard des objectifs attendus et du montage financier qui en découle. Des profils sont alors validés, puis des joueurs observés jusqu'à pouvoir dégager une liste restreinte de renforts potentiels.

De cette liste s'effectue la prise d'informations. Forces et faiblesses du joueur, performances, courbes de progression, valeur comptable, durée du contrat, etc...Le profil psychologique est dressé pour connaître la compatibilité avec le management en vigueur au sein du collectif. D'autres paramètres sont peu perceptibles et même insaisissables, comme les qualités personnelles : le caractère, l’état d’esprit, le mental, le respect des consignes, la camaraderie, etc. Et cela, en dépit des efforts des agents de joueurs pour les promouvoir et présenter leurs poulains sous leur meilleur jour.

Place dans le projet sportif, contrat et primes.

L'étape suivante est celle de la prise de contact. Généralement proscrite, la mise en relation d'un club avec un joueur sous contrat, sans aval de l'équipe à laquelle il appartient, est malgré tout régulière. Par l'entremise des agents, souvent prompts à multiplier les contacts, dans le but de faire monter les enchères autour de son client.

Lors de cette prise de contact, les premières discussions contractuelles commencent. Le joueur attend des garanties sportives telle que son importance dans le projet du club, tout autant qu'il souhaite un bond salarial pour poursuivre sa progression. La durée du contrat et les primes diverses, comme le droit à l'image, font parties du package des négociations. En cas de succès, on passe à l'étape suivante.

Il s'agit du contact avec le club propriétaire du joueur. Là encore, l'agent entre en jeu. Soit il se sert de l'accord tiers obtenu dans l'étape précédente pour obtenir un meilleur contrat à son joueur, soit il va faciliter la discussion et prendre le rôle de médiateur entre clubs.

Ces derniers vont chercher à se mettre d'accord sur le prix, selon la durée restante du contrat, la situation sportive et économique du club vendeur, ainsi que les dernières performances du joueur.

Le joueur, en affirmant publiquement sa volonté, pourra aussi faire pression sur l'un des acteurs, qui verra sa parole s'affaiblir au cours des discussions, ce qui accélérera l'opération, dans un sens ou dans l'autre.

Nuance entre un renfort qualitatif et un renfort quantitatif

Ce processus clair n'est finalement que théorique car ne prenant pas en compte les événements imprévus. Ils sont nombreux et peuvent venir court-circuiter la stratégie en place. Lorsque, par exemple, un joueur de classe, dont la côte a chuté, fait irruption sur le marché, la tentation est grande de se positionner afin d'enflammer les supporters et faire grimper la notoriété de l'équipe.

Autre scénario, celui dans lequel tous les joueurs ciblés en amont ne sont disponibles à l'achat. Il s'agit alors pour le club concerné d'improviser un nouveau plan d'actions ou de se tourner vers des joueurs moins désirés, aboutissant à un achat par défaut.

On passe alors d'un renfort qualitatif à un renfort quantitatif. Ce dernier n'apportera pas, à priori, de plus value à l'équipe, mais viendra combler un ou plusieurs départs constatés par ailleurs.

Toute bonne gestion des transferts se fait aussi en lien avec le secteur de la formation lorsque le club possède un centre et souhaite s'appuyer dessus. Car l'apport extérieur d'un joueur se fera toujours au détriment d'un jeune formé au club dont la promotion interne aurait pu s'exaucer.

L'équilibre n'est pas aisé à trouver. Car l'arrivée d'un joueur extérieur aguerri apportera une culture différente qui viendra enrichir à court terme l'effectif et le club. D'un autre côté, le fait qu'un jeune issu du centre de formation devienne titulaire en équipe première est un signal fort envoyé aux stagiaires déjà au club, ainsi qu'aux futurs jeunes détectés sur les terrains de la région.


Dans leur globalité, les prix d'achats des joueurs ont connu une inflation importante au cours des dernières décennies. Est-ce à dire que le niveau des joueurs se bonifie exponentiellement ?

Le lien n'est en fait pas établi ! Car même si les données liées à la performance du joueur sont plus fines qu'il y a trente ans, grâce aux différents outils de suivi que la technologie a permis, il reste une part importante de paramètres imprévisibles qui entoure la future recrue. Ces zones d'ombres ont tendance à influer sur le prix car dépendant de jugements arbitraires.

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Par ailleurs, depuis l'arrêt Bosman en 1995, c'est sur un marché fluide que le prix des footballeurs est fixé, négocié, révisé. Année après année, le nombre de transferts augmente, et dans des proportions vertigineuses : en 2013, 12.309 transactions ont été enregistrées au niveau mondial par la Fédération internationale (FIFA), en augmentation de 41 % par rapport à l’année précédente ! Les volumes financiers croissent également, pour atteindre aujourd’hui plus de 2,7 milliards d’euros.

Enfin, l'enrichissement des clubs via des investisseurs privés ou grâce à la flambée des droits de retransmission TV a poussé la concurrence à un niveau féroce lorsqu'il s'agit de s'arracher la nouvelle pépite ou la star mondiale actuelle. Des enchères qui tirent vers le haut les prix d'achat de joueurs moins côtés.

Vous l'aurez compris, le transfert d'un joueur est un vaste sujet. Les clubs y jouent leur équilibre économique et leurs ambitions sportives, deux objectifs qu’il n’est pas toujours aisé de concilier. Les footballeurs, eux, y jouent leur carrière, à la fois salariale et sportive.

Par ailleurs, le suivi de ces transactions fait vivre bon nombres de journalistes spécialisés, de consultants, d'observateurs, de recruteurs et d'agents. La multiplication des intérêts ne fait qu'assombrir tout ce qui entoure la signature d'un joueur.

L'influence des intérêts financiers et économiques paraît bien plus importante que celle des intérêts sportifs, sociaux ou de simple performance.

Il devient alors très hasardeux de juger de la pertinence d'une arrivée ou de celle d'un départ. Afin d'avoir un avis tranché, il s'agit d'attendre la vérité du terrain, seule qui subsiste encore dans ce cosmos incontrôlable.
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