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Ode à Oughourlian


Retour sur le travail accompli par le Président du Racing. 


Entré au capital du RCL en août 2016 à hauteur de 65,3% des parts, en marge du "projet charbon" via une procédure dite de "Prepack cession", Joseph Oughourlian en deviendra, juridiquement, l'unique actionnaire fin mai. Il a vu, face à Orléans, son équipe accéder aux pré barrages d'accession à la L1. La joie qu'il a exprimée à l'issue de la rencontre témoigne du fait qu'il est l'artisan principal du redressement lensois. Lens absolu vous propose une analyse du travail accompli.

"Il y a quelqu’un qui a déjà investi dans le foot et qui pourrait être intéressé. Est-ce que tu veux que je te le présente ?", ce sont en substance les mots qu'un ami aurait glissé à l'oreille d'Ignacio Aguillo pour évoquer Joseph Oughourlian, en février 2016, alors que ce dernier était à la tête du club de l'Artois. Déjà propriétaire d'une équipe en Colombie, l'entrepreneur natif du Liban n'a pas peur du football. L'opération lensoise, bien qu'elle présente un passif important, possède donc quelques atouts "Ce qui était attirant, c’était le côté financier, parce qu’on rachetait le club pour rien, en sachant qu’il fallait tout de suite mettre de l’argent dedans. Le club fait des pertes structurelles, mais il y avait un calcul financier derrière, on se disait qu’on pouvait équilibrer les comptes et puis il y avait aussi l’espérance que l’Atlético arriverait avec leur connaissance du football et qu’ils nous aideraient, qu’ils nous prêteraient des joueurs, qu'on ferait des échanges avec eux" confie le principal intéressé.


Très vite, l'histoire ne s'est pas écrite ainsi. Aguillo gère le club de loin, a des projets à l'international et l'Atletico n'apporte aucune plus value sportive "Je n’en pouvais plus, je n’avais pas de reporting, pas de chiffre, il n’y avait rien, on était à vau-l’eau. Ignacio n’était jamais là, il était une fois en Chine, une fois aux Antilles ou en Inde. Il faisait 50 deals à la fois et il ne s’occupait pas de Lens" admet Oughourlian. À la fin de la saison 2017, Arnaud Pouille reprend les fonctions de l'espagnol "Il était à la Gaillette un jour par mois, en coup de vent. Je l’ai rappelé à l’ordre plusieurs fois" justifie l'actuel Président. Pouille aura plusieurs dossiers à gérer : le bail de Bollaert-Delelis, le remboursement du prêt à la Région concernant la rénovation du stade, la gestion du prêt SwissLife contracté sous l'ère Martel. 

Oughourlian, lui, remet de l'argent au pot. Le sportif étant gérer par le duo Blanchard- Casanova. Un fiasco. "C’est peut-être le mercato le plus catastrophique qu’on ait fait", juge aujourd'hui Joseph Oughourlian. Le début de championnat s'avère cataclysmique. L'actionnaire principal prend ses responsabilités. Casanova est remplacé par Sikora dès le 20 août. Un mercato de "correction" est financé "Là quelque part, Gervais reprend la main pour finir le mercato", explique aujourd'hui l'actionnaire majoritaire. "On fait un deuxième mercato tout aussi mauvais. Là, ça me coûte beaucoup d’argent sur trois joueurs qui sont Bayala, Maazou et Markovic". C'en est trop pour Oughourlian. Blanchard est révoqué de ses fonctions. Celles-ci seront occupées à présent par Éric Roy. "Dans le même temps, nous avons demandé à Gervais de faire un pas en arrière". JO semble déjà avoir tout compris des problèmes lensois. Il sait qu'il doit laisser les pleins pouvoirs du sportif à un homme neuf sans risquer le parasitage d'un système révolu incarné par Martel.


À partir de cet instant, le board sang et or va mettre en place plusieurs démarches bien connues des entreprises et dont nous vous avons souvent parlé : plan projet, contrôle de gestion, amélioration continue ou qualité intégrée. Ces démarches sont lancées en parallèle d'un changement de culture dont Oughourlian est convaincu de sa nécessité. Il sait que la santé financière et structurelle du RCL ne doit plus dépendre des résultats et de cette idée admise que "sa place est en ligue 1" et donc que son positionnement actuel n'est forcément que transitoire. Il met donc fin à cet adage dans l'Artois : la fin justifie les moyens. Lui cherchera donc d'abord à justifier la fin par les moyens. Ce bouleversement stratégique aura pour effet direct le déroulement de la saison actuelle et la manifestation de joie face à la Marek le 17 mai.

Car chacun des choix opérés depuis l'ont été en ce sens : restructuration de l'effectif, plan de sauvegarde de l'emploi, arrivée de Montanier, renforcement des "bastions" du club, projet de la tribune debout. Aujourd'hui, dixit Pouille "Joseph Oughourlian ne va pas moins investir mais mieux investir". Une déclaration qui s'inscrit, là encore, dans toutes les démarches évoquées plus haut. Mieux maîtriser ses ressources pour les affecter avec plus de justesse tout en recherchant l'amélioration continue dans ses organisations de travail afin d'atteindre un objectif clairement identifié et atteignable, autrement dit un objectif dont la non-atteinte ne mettrait pas en péril la bonne santé de l'entité "Il n’y a pas de danger économique, même si on ne monte pas. Néanmoins, quand on est le RCL, je considère que l'on doit être en L1 plus qu’en L2. C’est l’ambition, mais c’est le travail qui fera qu’un jour, on montera" rappelle Pouille.


Vous l'aurez compris, Joseph Oughourlian, le propriétaire du club a donc apporté bien que plus que ses fonds personnels au club. Il a amené avec lui une vision saine et sereine qui a permis un remodelage économique et organisationnel de la structure lensoise ainsi qu'une refonte totale de l'effectif et de sa qualité intrinsèque. Il a libéré le RCL de la culture du "quitte ou double" ou de celle dite "du coup" pour l'inscrire sur un chemin de compétences, de prospectives et d'analyse. Il a réconcilié le structurel et l'opérationnel en chassant le point de vue conjoncturel de son pilotage stratégique. 

Vous aurez aussi compris que Ligue 1 ou pas, finalement, là n'est pas forcément l'enjeu. Il s'agit plutôt de vouloir, sans cesse, redorer le blason du club par ses propres actions, par sa seule volonté à toujours chercher l'amélioration dans chacune de ses strates, ce qui, de fait, à courts ou moyens termes, amènera l'équipe à l'étage supérieur. Rappelez-vous les déclarations de Philippe Montanier "La L1 n'est pas un objectif, ce sera une conséquence de nos bons résultats". S'améliorer soi-même pour améliorer son environnement. De l'interne vers l'externe. C'est dans ce sens que les choses tournent en football comme ailleurs. Très rarement dans celui inverse.

Citations issues de l'article du football leaks sur France 3.fr
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