Header Ads

Montanier, créateur d'un lien d'appartenance


Les succès récoltés en Play-offs sont ceux des choix de Philippe Montanier.
De ceux qu'il a fait avant chaque match (composition, tactique) comme de ceux qu'il a fait dès son arrivée au club.

Souvenez-vous de la conférence de presse donnée à sa signature. L'ex entraîneur de Rennes y détaillait son projet : "Avant de parler de jeu, on va parler de valeurs, d'humilité, d'état d'esprit. L'important, c'est le projet de vie". Ce projet de vie était simple dans ses contours comme dans sa ligne à suivre. À chaque action, chaque décision, avoir le souci du collectif. Du staff aux joueurs, des dirigeants aux employés, la "pensée club" devait irriguer les strates de l'organisation sang et or. Pourquoi ? Afin de voir émerger la création d'un véritable groupe.


Le groupe est un milieu privilégié car il représente une micro-société permettant de réunir des individus vivant une problématique similaire. Les participants sont donc amenés à sortir de leur isolement et à s'associer à d'autres personnes qui visent des objectifs semblables. Autrement dit la formation d'un groupe misant sur un but commun de ses participants crée un sentiment d'appartenance .


Le sentiment d'appartenance allié à un but commun amène les personne à interagir. En interagissant, les individus réalisent la deuxième condition préalable à la naissance d'un groupe : ils partagent en un lieu commun leurs opinions, leurs perceptions, leurs visions et leurs conceptions du but qu'ils cherchent à atteindre. Ces interactions favorisent aussi l'émergence des différences individuelles, des forces et des limites de chacun des membres.


Car pour parvenir à l'atteinte du but commun, le groupe a ses règles explicites et implicites qu'il impose à ses membres. Pour intégrer et faire partie d'un groupe, l'individu doit donc adopter et respecter dans une large mesure les règles qui y sont édictées ; s'il y déroge trop, il est rejeté voire exclu. Le rôle de Montanier, au-delà de fixer des objectifs clairs et atteignables à ce groupe, a donc été de veiller au respect des règles afin d'empêcher tout rejet ou toute exclusion potentielle d'un membre. En d'autres termes, d'assurer une homogénéité de l'ensemble. De maintenir à flot le maximum de forces vives en gardant le plus de joueurs sous pression. On pense notamment à la gestion des cas Kyei, Chouiar ou encore de Bellegarde. 

L'idée du technicien français était de préserver le groupe en prenant soin de l'individu. S'attacher au détail dans le souci du tout. Car chaque personne reste unique et se différencie des autres par certaines caractéristiques individuelles. Ainsi, soutien, entraide, échange, partage, argumentation et discussion mettent en lumière les potentialités et les limites de chacun. Les différences individuelles procurent donc un enrichissement à chacun des membres du groupe. En conséquence, un groupe en fonctionnement optimal a tendance à utiliser à bon escient les différences individuelles et l'unicité de chacun comme force favorisant son évolution de même que la poursuite du but fondamental.


Cette gestion de groupe trouve son exemple le plus concret avec le joueur Simon Banza, décisif en cette fin de saison. Ce dernier s'était blessé gravement l'été dernier, et, pour autant, le coach lensois l'avait laissé dans le groupe, à sa façon : " J'avais dit à Simon de bien travailler pour que peut-être il puisse venir nous sauver en fin de saison". Des mots qui ont eu un écho auprès du groupe et donc du joueur concerné "J’ai eu des moments compliqués, avec la blessure. Si je parviens à faire ce que je fais maintenant, c’est grâce à tout le monde".

En l'aidant à progresser vers son but, Montanier a doté le groupe et chacun de ses composants, d'une force supplémentaire que l'on a pu ressentir lors des deux matches décisifs à Paris puis à Troyes "C'est comme si on était habités par le peuple sang et or, par toutes ces énergies, avec les blessés qui sont avec nous et toutes celles qui circulent dans et autour de l’équipe. Elles nous donnent ce supplément d’âme qui permet de déplacer des montagnes" avouait ce dernier.

Déplacer des montagnes, c'est à peu près ce qu'il faudra encore faire face à Dijon pour accéder à l'élite.

Fourni par Blogger.