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Laboratoire d'analyses de football


Voté lors du Conseil d'administration réuni le 25 juin 2017, pour instauration dès la saison suivante, le système de Playoffs en L2 est la résultante d'une vision plus globale projetée par les responsables de la LFP qui est de "faire de la Ligue 2 un laboratoire d'expérimentation reconnu".


L'idée émerge d'un document de synthèse au sein duquel un "plan d'orientations stratégiques" est détaillé. À l'époque (2017), la LFP souhaitait "affirmer les ambitions du foot français" tout en améliorant sa compétitivité face aux concurrents européens. Le but était de récupérer, à terme, les places perdues au classement UEFA (-3), de faire venir de nouveaux investisseurs (droits TV, naming) ou encore de développer "une stratégie de marque et de communication" afin de "marketer le football" permettant la venue d'un nouveau public (élargissement du marché).

De ce plan bien huilé a donc germé l'idée de faire de la Ligue 2 "un laboratoire d'expérimentation reconnu". Cet esprit d'innovation devait ainsi s'exprimer sur et autour du terrain. On parlait notamment d'inventer des maillots-caméra ou encore d'instaurer des éléments de réalité virtuelle dans les enceintes. À propos de la compétition en elle-même, on pensait  "carton blanc ou vert", "programmation en plein cœur de l'après midi" mais également ce système de montée et descente propre au football de clubs. La formule en vigueur jusqu'alors était claire et simple : promotion de trois clubs de L2 (les 3 premiers d'un classement établi sur la base de 38 matches), et relégation d'autant en L1 (les 3 derniers). Mais elle posait problème. Elle affaiblirait la stabilité de la L1 en instaurant une trop grande part de risque (on ne parle déjà plus de sport mais de retour sur investissement). De plus, elle générerait une sorte de "ventre mou" dans le classement L2 car ne concernerait, au final, que quelques clubs sur la vingtaine inscrite "On a le projet de créer des play-offs de façon à ce que sur les dernières journées de championnat, toutes les équipes jusqu'à la 12e place aient un truc à gagner" soulignait Didier Quillot, DG de la Ligue, à l'époque.


Voici donc la volonté délibérée de l'instance dirigeante du foot pro en France : faire de la L2 un laboratoire. Si l'on se rend sur le site de l'agence Nationale de sécurité des produits de santé, on peut y lire ceci : "un essai clinique est une recherche biomédicale organisée et pratiquée sur l’Homme en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales. L'essai ne peut se faire que sur un volontaire, malade ou non" . Dès lors, les questions sont les suivantes : la L2 était-elle malade à ce point pour ne plus devenir qu'un cobaye des instances et des promoteurs du foot business ? La L2 était-elle volontaire ? Et à quel développement des clubs de L1 sert-elle ? 


Car aujourd'hui, nous voilà dans un système qui propose 4 matches en 12 jours pour une équipe terminant 4e ou 5e du classement, alors que cette dernière était habituée à un rythme de 2 matches sur le même laps de temps toute la saison durant. Ce système sacrifie donc la récupération, la fraîcheur physique et la maîtrise mentale et donc la qualité du jeu. En outre, il prend le risque de mettre sur le même plan la vérité d'un exercice de dix mois et celle d'une rencontre à élimination directe. Il peut, dès lors, créer un sentiment d'injustice important au sein des équipes concernées. Il accroît, enfin le risque de blessures chez les joueurs, peu au fait des sacrifices qu'engendre une répétition de matchs à haute intensité, qui plus est en toute fin de saison.

Nous voilà encore, à la botte des diffuseurs et des apprentis sorciers de la LFP, qui veulent faire du foot un produit commercial.  Un produit typé, marketé. Vendeur. Un produit qui fabrique des émotions factices car contrôlées.  Un produit. Pas du sport. Au mépris de tous délais, toute logique et programmation cohérents permettant le bon accueil du public dans les stades. 

Oui, nous voilà, pris en tenaille, entre notre passion dévorante qui nous permet de goûter à l'ivresse d'un espoir absolu, et notre esprit critique envers l'iniquité de cette formule et des illusions qu'elle traîne avec elle.

Pas de quoi être dupe bien longtemps.
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