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Esthétique d'un enchantement


Réflexion sur la richesse en football à travers le prisme des vibrations de Bollaert-Delelis. 

Lorsque des personnes mal intentionnées et peu portées sur la chose, cherchent à résumer leur idée du football, il n'est pas rare qu'elles vous disent ceci : "Je ne vois que onze milliardaires courir après un ballon". Démunis face à une telle syntaxe dans la bêtise, nous ne savons, généralement, quoi répondre à cela.

Il est vrai que le foot qu'on nous vend à longueur de temps dans les émissions dites dédiées, est finalement aux antipodes de celui qui se trouve au centre de notre passion. S'appuyant sur les seuls ressorts de l'argent et de la notoriété, il n'apparaît plus, dès lors, que comme un rêve qui se refuserait aux sensations, pour ceux et celles qui l'aiment vraiment. Enclins à la fatalité, ces âmes errantes du ballon rond, abandonnées par les ligues, les médias, les fédérations sur l'autel du profit et du business, peuvent parfois se détourner du sujet.

Que ces personnes mal intentionnées ou ces esprits déserteurs viennent alors jeudi sur les terres de l'Artois ! Qu'ils viennent là comme l'on va en cure thermale : avec l'envie de se ressourcer. Au sein du Stade Bollaert-Delelis, plein à craquer, ces individus seront alors soudainement eux-mêmes tout en étant effacés par une foule grandiose et par un évènement majestueux. C'est l'un des paradoxes que l'on rencontre lorsque l'on va au fond des choses qu'on aime. 


Car à travers la douce fraîcheur d'une nuit printanière, ils sentiront l'authenticité d'un football populaire, celui qui vit par les hommes qui le font et pour les hommes qui le font. Ils verront l'équipe et le public ne faire qu'un et comprendront alors le sens du mot "club". Ils verront ces hommes et ces femmes, tous animés du lien qu'ils ont tissé avec ces couleurs et ce blason. Un lien familial, physique,  intrinsèque, parfois venu de l'enfance,  et qui, malgré la distance, le temps ou le mécanisme aléatoire des résultats, ne s'est jamais distendu ou altéré. 

Ce jeudi soir, plus qu'au match, c'est à une célébration à laquelle ils pourront assister. Celle de la joie d'être là à l'instant où on veut l'être. Le bonheur du présent pur. L'extase de savoir apprécier ces moments où, grâce à l'émulation collective d'une passion, vivre ne fait plus mal. Et tandis que le jour terminera son chemin, resonneront les chants nourris de l'espoir, mêlés à la fluidité d'une volonté. Cet écho sublime, massif et subtil à la fois, poussera le RCL vers les cimes qu'il s'est lui-même fixé.


À l'issue de cette rencontre, il s'agira pour ces personnes sceptiques ou fatalistes, de reconnaître qu'en football, les milliardaires ne sont pas sur le terrain. Ils sont dans les travées, tous riches des étoiles brillant dans les yeux et des vibrations cosmiques parcourant notre hameau intérieur lorsqu'il nous prend la folle idée de les laisser venir. Pris de vertiges et de frissons, ces milliardaires en émotions s'accrochent à la réalité du monde depuis l'écharpe qu'ils brandissent ou le drapeau qu'ils agitent. Le temps d'une soirée, le cœur bat à l'unisson du rythme d'une horloge sacrée à nulle autre pareille : celle de la fascinante illusion de profondeur de notre être. Celle du vivant ! 

Tout est plus grand que le football. Mais le football est une chose qui se pense avec les sensations. Et rien n'est plus grand qu'une sensation.