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Logique d'impacts

Le départ annoncé d’Éric Roy va bouleverser en profondeur l’équilibre du club, qu’il soit administratif, sportif ou structurel, alors même que ce dernier évolue depuis une décennie au sein d’un environnement financier, stratégique et juridique, instable.
Nommé Manager sportif le 30 septembre 2017, l’ex joueur de l’OGCN jouissait, dans l’Artois, d’un périmètre d’actions assez large : il conduisait l’intégralité de la politique sportive, du recrutement à la formation, de la performance aux opérations courantes liées à la partie pro. De fait, il fut, depuis ce jour, au cœur de toutes les décisions et s’avère donc comptable de chacune d’elle. Un pouvoir avec lequel il fallait savoir composer, et qui fut évoqué, notamment, par Hervé Arsène, lors de son limogeage du club (voir l'article "Plus de structure pour moins de conjoncture").
Pilote de la partie sportive du projet « reconstruction et renforcement » lancé par le nouveau propriétaire Joseph Oughourlian au printemps dernier, il a mené avec cohérence et ténacité, l’intersaison apocalyptique traversée par les Sang et Or. Au final, une vague impressionnante de départs, associée à un nombre d’arrivées tout aussi important. Le but ? Régénérer l’esprit et la composition d’un effectif aux abois depuis des mois. S’affichant en homme de mission, il exprima même, parfois, les quelques désaccords de point de vue existant entre Philippe Montanier, le tout nouvel entraîneur de l’équipe, et lui, tout en travaillant sans cesse de "manière collégiale" dixit Montanier.


« Nouveau projet, nouvelles équipes. » déclarait le propriétaire du RCL en juin 2018. « Il ne faut pas oublier que nous sommes une entreprise […] Il faut un projet transversal qui soit renouvelé et corrigé chaque fois qu’il est nécessaire » renchérissait récemment dans FF, le Directeur Général, Arnaud Pouille. Le chemin est vite fait pour penser que le Racing entre donc dans une nouvelle phase de sa métamorphose. Éric Roy, symbolisant la transition « ancien monde / nouveau monde » (voir l’article « changement culturel »), n’y aurait donc plus sa place. Dans le monde de l’organisation et des outils de gestion, on parlerait de logique d’impacts : tout projet est basé sur une suite de relations hypothétiques de cause à effet, dont l’enchaînement doit permettre de résoudre un problème ou de répondre aux besoins et enjeux identifiés. Cette méthode vise à tracer le chemin partant de ce que l’on décide, ce que l’on attend jusqu’à ce que l’on fait et les résultats qu’on en obtient. Cette vision sur trois niveaux place clairement l’opérationnel au cœur des choix stratégiques. Pouille encore : « la mise en place du projet présente des aspects douloureux, mais on est obligés d’en passer par là pour être plus efficaces, plus modernes et ainsi assurer la pérennité du club […] on a des pertes opérationnelles hors normes par rapport à la situation sportive. »



Alors que juridiquement, Joseph Oughourlian deviendra l’unique propriétaire du club le 23 mai prochain, date à laquelle sera remplie la condition suspensive du tribunal, et que le club a, depuis quelques temps, dit adieu à toute idée d’accession directe, et s’en remet à la loterie du classement et de possibles playoffs, cette nouvelle est, vous l’avez compris, un nouvel étage de la vision d’entreprise instaurée par le board. Les semaines à venir nous dirons qu’elles seront les options envisagées pour remplacer l’ex homme fort du RCL. Il est certain qu’elles seront, dans tous les cas, en lien avec la volonté de Solférino de « placer le club dans un parcours soutenable financièrement. »
Adapter la structure à la conjoncture. Faire de Lens un vrai club de ligue 2, avec tout ce que cela sous-entend...
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