Header Ads

Évolutivité d'un plan projet


Son arrivée au club répondant à un contexte particulier, celui d’une urgence vitale, Éric Roy aura, dès son premier jour, bénéficié d’un statut spécifique dans l’organigramme, rattaché directement à la Direction Générale. Son rôle : chef de projet.
De ces dix-huit mois, l’on peut extraire un grand projet assigné et mené de front par l’ex milieu de terrain marseillais. Au sein de ce projet, deux phases bien distinctes, délimitées dans le temps. La première concerne le sauvetage du club à court terme, tandis que la seconde porte davantage sur le moyen/long terme, à savoir la construction d’un effectif valorisable. Le tout dessine les contours des prérogatives de l’ex manager sportif, et son champs d’actions particulièrement vaste « Ma mission était de remettre le club en état de marche et de sauver sa place en L2 puis de reconstruire une base avec un effectif complet » détaille Roy.



Le travail en mode projet requiert le suivi d’une suite logique d’étapes : la première, appelée « initialisation » ou « avant-projet » répond à un besoin (problème à résoudre ou opportunité à saisir). Des objectifs sont alors définis en parallèle d’une analyse menée pour identifier la meilleure façon de travailler sur la manière employée pour apporter cette réponse. Les outils utilisés sont les audit ou les études de faisabilité. Des axes de travail en ressortent. Cette phase entérine la décision de lancer ou non le projet. En cas d’accord, un chef de projet et son équipe sont alors nommés et des livrables sont définis. Éric Roy confie « J’aurais aimé mener mon projet à son terme. L’orientation économique du club explique mon départ. Même si je comprends les obligations budgétaires, ce changement n’était pas évoqué lors de mon arrivée. »
La deuxième étape est celle de la conception et de la planification du projet. L’équipe mise en place définit, dans le détail, ce qui doit être fait, comment et avec quels moyens. Elle planifie dans le temps et estime les ressources à mobiliser « On a évoqué un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) en mai 2018. Il est entré en application en septembre. Le projet initial est donc difficile à assumer dans ces conditions. Mais on a fait le taf. » ajoute-t-il.



L’étape suivante est celle de la mise en œuvre concrète des éléments planifiés. Le groupe projet est alors à pied d’œuvre pour rechercher et déployer les solutions en vue de satisfaire les objectifs préalablement définis. Le chef de projet (Éric Roy) contrôle l’avancée des activités, le respect des dépenses, du planning et des résultats au regard du plan projet initial. Il doit l’ajuster si nécessaire « Quand je suis arrivé, il y avait 7 défaites, l’effectif était sans valeur marchande et l’état d’esprit de certains joueurs était discutable. Il m’a fallu reconstruire un effectif complet. Ça prend du temps, de l’énergie. Les nouvelles orientations nous ont polluées, ralenties. »
La dernière phase est celle de la clôture et sonne donc l’heure du bilan. Son objectif est celui de capitaliser sur l’expérience récemment acquise. Il s’agit, au cours d’une réunion dédiée, de synthétiser les forces et les faiblesses de cette phase d’action « Les décisions viennent en haut lieu. Je suis frustré et déçu mais le club est sur les bons rails. Après le plan, le RCL sera plus facile à gérer car il n’y a plus cette obligation de reconstruire. Il y a une base saine. » conclut l’ex-dirigeant lensois.
☑ Livrables de solutions du plan Roy (liste non exhaustive) : départs de Maazou, Dankler, Tasoulis, Lemos au mercato d’hiver 2018. Arrivées de Dja Djédjé, de Gersbach, de Doucouré. Interventions ponctuelles de Thomas Lombard en tant que coach psychologique. Remerciement d’Éric Sikora à l’issue de la saison. Reconstruction complète de l’effectif (36 mouvements). Valorisation des jeunes joueurs (Bianda, Chouiar, Bellegarde). Diminution de la masse salariale.


Vous l’avez compris, le départ d’Éric Roy répond à un plan projet (voir également notre article intitulé « Logique d’impacts »). Le board a estimé que celui confié au manager sportif était donc arrivé à son terme. La contrainte du PSE a également pesé. Vous avez aussi pu voir qu’alors même que le projet se situait en phase 2 et 3 dans son avancement, des données de la phase 1 ont été modifiées (cadrage, limites budgétaires, objectifs). L’ex-manager niçois en fait d’ailleurs mention dans ses propos. Dès lors, la bonne fin de la mission était compromise. Tout reste à savoir maintenant qu’elles seront les nouvelles pistes de développement du modèle Sang et Or.

Les extraits de l'interview proviennent du quotidien sportif L'Equipe.
Fourni par Blogger.