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Lens ose y croire

En décrétant l’ouverture de la phase dite du « sprint final », l’entraîneur sang et or Philippe Montanier a tenu un discours audacieux 
se voulant fédérateur et porteur d’un surplus d’énergie pour ses joueurs comme pour les supporters. Du point de vue du technicien, c’est le moment d’oser y croire.

« Que de choses il faut ignorer pour agir » écrivait Paul Valéry. Rappelons toutefois qu’ignorer peut ici se comprendre en deux sens : « ne pas savoir » ou « ne pas tenir compte de ce que l’on sait ». Pour le RCL, habitué aux rendez-vous manqués, aux déceptions et aux espoirs déchus, le second sens du mot « ignorer » résonne. Car oui, pour oser y croire, il s’agit, aujourd’hui, de ne plus tenir compte de ce que l’on sait.
Que sait-on ? Que le Racing compte 10 unités de retard sur le leader Messin et 6 sur son dauphin Brestois. On sait aussi que pour pouvoir dépasser, sur le fil, l’équipe coachée par Furlan, les lensois devront récolter entre 70 et 80% de la totalité des points en jeu (montée sans doute accessible au-delà des 70 pts soit un delta de 22 pts minimum pour le RCL), alors que, depuis le début de saison, leur ratio se situe davantage autour des 60%. On sait, en le constatant depuis longtemps, la solidité des équipes situées devant le RCL, même si leur dynamique respective tend à s’émousser quelque peu. On sait, enfin, que deux confrontations directes attendent les hommes de l’Artois, contre Lorient puis à Brest, et que les matches au sommet ne leur réussissent guère (6 pts sur 18 possibles jusqu’à présent).


Par ailleurs, on sait que le système de Playoffs puis de barrage, fomenté par la LFP il y a deux ans fut construit pour justement désavantager le club évoluant en L2 au profit de celui figurant au sein de l’élite. On sait qu’il sera donc très difficile, pour ne pas dire impossible, d’enchaîner en quelques jours, selon la position finale, 3 ou 4 matches à haute intensité.
Mais il est temps d’oublier ce que l’on sait et d’oser y croire, tel que nous y invite le coach Montanier. Oui, il est temps d’oublier nos faiblesses psychologiques qui nous font constamment approcher ces périodes décisives avec cette idée dévastatrice «qu’il reste dix finales », comme l’a fait le capitaine Mesloub en évoquant « dix matches très importants ». La nuance paraît anecdotique mais elle ne l’est pas. Car, oui, il n’y a ni finale ni match couperet ou sans retour. Il y a une phase longue de dix rencontres, sur laquelle, il s’agira, d’une manière ou d’une autre, de prendre le plus de points possibles, étant entendu qu’une défaite et une victoire cumulés valent plus que deux résultats nuls en termes de points.


Oui, il est temps d’oublier que le club présente, sur l’exercice 2017-2018, le déficit le plus important du championnat (-13,5 M€), et que sa vie, dans l’antichambre du football français ne pourra subsister telle qu’elle est indéfiniment. Que son système basé en partie sur la vente de ses jeunes talents, bien qu’il soit efficient en termes de rentrées financières, n’a pas la vocation à faire grandir le club. Il est temps d’oublier le PFC, VA ou Châteauroux.
Oui, il est temps, et si, effectivement, à l’issue de cette saison, il s’avérait que ça ne l’était pas, dites-vous que tous ces moments difficiles se perdront dans l’oubli comme les larmes dans la pluie, et qu’un nouveau temps de conquête et d’espoir viendra.
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