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Montanier ou le contre-modèle


Dans sa manière de concevoir la collectivité jusqu'à sa vision tactique du football, Philippe Montanier a permis à Lens de faire sa petite révolution sportive.
Un contre-modèle que les derniers résultats, moins flamboyants, ne remettent pas en cause une seconde.

Dès le départ, l'ex technicien de la Real Sociedad sait où il va. Affublé d'une réputation d'homme discret certes mais dont les idées de foot sont claires : le jeu, pour le jeu, par le jeu. Pour autant, lui tient à rappeler la base du métier, dans l'amphithéâtre de la Gaillette : l'entraîneur doit déjà s'adapter aux forces en présence. Libre à lui, ensuite, de les façonner, les faire vivre et évoluer à sa guise. Roy le sait. Ce dernier, en quête de nouvelles compétences depuis plusieurs semaines, travaille main dans la main avec le nouvel homme fort du RCL. Les deux partagent la même philosophie : plus que le jeu, ce sont les hommes qui le font qui comptent davantage. Aussi, le mercato a un objectif : dénicher des "mecs biens". Des joueurs capables de répondre aux attentes de Montanier.

Car lui, veut que tout le monde ait une compréhension du jeu de manière individuelle comme collective. Il souhaite rendre les joueurs intelligents, en les faisant réfléchir à plus de choses que le football. C'est le sens de son arrivée et de son projet de vie globale instaurée dès ses premières heures au club. Un projet qu'il a déjà détaillé, point par point, aux instances dirigeantes du club. Toutes ont été séduites. Il en a obtenu une liberté d'action quasi totale. Le terrain sera exclusivement de son ressort. La composition de son staff également. Seul le recrutement revient à Eric Roy, la pièce maîtresse de l'organigramme Sang et Or. Pour Montanier, donc, une réussite sportive passe indéniablement par une réussite structurelle de l'ensemble des énergies présentes au sein de l'entité RCL. Des joueurs aux supporters et des dirigeants aux salariés.


La première partie de la phase aller a conforté cette vision, ses protégés glanant de nombreux points, amenant l'équipe vers les plus hautes places du classement. L'obtention rapide de résultats a, peut-être, trompée les joueurs sur la longueur du chemin à accomplir. Passé l'été de la révélation, les sang et or ont, en effet, peu à peu oubliés les préceptes véhiculés par leur coach. En manque de joueurs créatifs, notamment en attaque, Montanier, peut-être aussi moins inspiré au fil des rencontres, peinera à trouver la bonne formule, et à faire accepter à ses joueurs la pression inhérente à chaque match. Aussi, en de nombreuses occasion, son Racing manquera la bonne opération au classement. L'entraîneur répétera d'ailleurs souvent que la montée n'est pas un objectif mais la suite logique d'actions vertueuses et réussies. Manière pour lui de recentrer le débat : ne pas regarder les autres mais être attentif à soi. Avancer sans regarder. Progresser de façon continue. On parlerait, de "roue de Deming" en entreprise.

Aussi, le bilan est loin d'être négatif, Lens étant aujourd'hui sur le podium de L2, et toujours en course, quoiqu'un peu décroché, pour une accession directe. Cependant un second souffle est recherché au sein du club. Il passera par l'arrivée d'un ou plusieurs nouveaux joueurs, mais aussi, par le retour programmé de blessés, Gillet en tête. Le Belge est attendu pour son vécu et son expérience. Il devra combler le vide laissé par Radovanovic, out jusqu'à la fin de saison.


Mais plus que des individus, le RCL devra retrouver rapidement ses caractéristiques de jeu, et celles-ci passent toutes par le collectif : défense solide, état d'esprit irréprochable et attaques rapides. Montanier a déjà réussi beaucoup depuis sa nomination, et porté nombres de responsabilités, avec rigueur et détermination. Appuyé par un staff compétent, et des dirigeants réactifs, il a les moyens d'approfondir davantage encore ses idées de jeu et ses principes de vie. Avec, pourquoi pas, un rabattage des cartes au niveau tactique : passage à deux attaquants, en vue de soutenir davantage Gomis, bien souvent esseulé devant. Ou encore, parvenir à passer d'un jeu de transition, qu'il n'a cessé de développer afin de réduire au maximum ce passage délicat du "avec ballon" au "sans ballon" (et inversement) à un jeu de position, en dessinant de nouvelles lignes de passes via le replacement des joueurs. Le stage actuel, en Espagne, doit permettre cette régénération.

Les rencontres à venir, au cœur de la saison, là où tout bascule et s'écrit, donneront assez vite des traits plus précis au visage définitif du renouveau lensois. On a hâte de découvrir ce portrait.
Fourni par Blogger.