Header Ads

Souvenirs d'un pas grand chose


Solides collectivement, appliqués techniquement et réalistes, les lensois viennent de subir trois revers consécutifs, et paraissent même être aux antipodes des caractéristiques précédemment citées. Simple contrecoup d'une mutation accélérée ou véritable retour dans le rang ? Analyse.

Phillipe Montanier l'affirme : "C'est dans ce genre de moment que l'ont voit que l'on est une équipe". Son Racing paraît essoufflé depuis plusieurs rencontres, en manque d'idées, de ressort. L'entraîneur expérimenté connaît la musique, il a déjà rencontré des périodes difficiles dans sa carrière. Il sait que l'on juge de la force d'un groupe à celle de son maillon faible. Pourquoi ? Parce que c'est toujours là qu'il va rompre.

Ses hommes sont tous moins bien individuellement, plus fragiles, à l'image de Mesloub, mais lui se focalise sur le collectif. Ses constats sont clairs : l'état d'esprit est défaillant, tout comme cette volonté de défendre et d'attaquer ensemble. La marque de fabrique déposée par Montanier vacille. Sans cela, son équipe est en dessous des autres, selon lui "le championnat est tellement serré que ça se joue à pas grand chose". Un pas grand chose qui suffisait au bonheur des lensois jusqu'à cette défaite au Havre.


Cette rencontre, programmée quelques jours après un large succès à Bollaert devant Ajaccio, s'est avérée destructrice pour les têtes Artésiennes. Incapables, cette fois-ci, de reproduire les efforts nécessaires à chaque rencontre, les joueurs avaient plaidé l'accident. C'était avant la réception de Châteauroux et sa défense basse et regroupée contre laquelle le RCL s'est rappelé au bon souvenir de l'an dernier. Limités techniquement et dans l'inspiration de leurs déplacements, notamment sans ballon, les joueurs sang et or se sont ainsi cassés les dents, réalisant 200 passes (stériles) de plus que leur adversaire, pour finalement s'incliner. Du premier but encaissé chez eux est venue la première défaite. Cruel.

S'en est suivi ce derby rendu surtout célèbre par les débordements extra sportifs d'une fange de supporters. Mais dans les faits, les candidats à la L1 se sont faits manger par leurs voisins, et ont ainsi pris une leçon supplémentaire. Car VA a déployé une palette de fondamentaux, bien connus dans le sport : engagement, solidarité, goût de l'effort, application technique. Des vertus que les Artésiens doivent retrouver rapidement "Là où chacun faisait un peu plus que son travail, désormais c'est un peu moins" note de manière lapidaire le coach.
Car jusqu'ici parfaitement ancrés dans une dynamique positive, et animés d'une force de groupe intéressante en termes de cohésion, cette mauvaise série pourrait modifier des équilibres toujours fragiles en football, si celle-ci devait se prolonger davantage "On savait que ça pouvait arriver" tempère toutefois PM.


Un retour à l'essentiel qui devra animer chacun au club, au sortir d'une période délicate pas que sportivement : socialement et économiquement avec le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) annoncé récemment, le déficit structurel, la réduction du budget, mais aussi sociologiquement avec cette histoire de "chasse aux anciens" brandie par certains dans la presse. Un climat de confiance entamé qui n'a sûrement pas pu puiser dans les événements de ce week-end, de quoi se régénérer. En effet, l'équipe dirigeante a d'ores et déjà prévenue que des excuses officielles seraient transmises au VAFC, tandis que des sanctions envers les supporters fautifs sont à attendre. 

Alors qu'Arnaud Pouille avait avoué, avec sagesse, que "le club vivait au-dessus de ses moyens financiers", chacun espère aujourd'hui qu'il ne jouait pas non plus au-dessus de ses moyens sportifs et qualitatifs. Car il serait alors très difficile pour lui de retrouver puis maintenir le cap élevé que requiert une accession.

Fourni par Blogger.