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Changement culturel


Longtemps considéré comme étant l'incarnation du club sang et or, Gervais Martel, par son départ, sur la forme et le fond, incarne aujourd'hui le changement culturel instauré au sein du club.

Les années de trop - On entend bien souvent, notamment dans le sport, cette crainte de faire "l'année de trop". Angoisse récurrente liée à la vision de sa propre déchéance que chacun aimerait pouvoir éviter. Martel, lui, a fait au moins six années de trop. Cette angoisse, il ne l'a jamais ressentie, ni même, sûrement, imaginée. Jusqu'à maintenant.

"J'ai annoncé cette semaine mon souhait de quitter le club, il y a une équipe jeune qui a pris les responsabilités opérationnelles du club, je pense que c'est le bon moment pour arrêter." C'est par le biais de ce communiqué que le "Président à l'ancienne" des sang et or a donc annoncé la fin de son histoire avec le club. 

Une liaison longue de trente ans, interrompue en 2012 à la suite d'un premier naufrage sportif et financier. Entêté, Martel est allé jusqu'à s'associer à un sulfureux entrepreneur Azéri, pour reprendre les commandes du RCL un an plus tard, et ainsi, encore mieux foncer dans le mur suivant. C'est sans nul doute à ce moment précis qu'il a raté son rendez-vous avec l'Histoire. Ne jamais revenir, voilà la décision qu'il fallait prendre pour garder une image éternelle aux yeux des supporteurs.

Gervais et son complice Mammadov.

Plan d'actions - "Nouveau projet, nouvelles équipes." a déclaré celui qui vient de reprendre la présidence du club, dans une vidéo diffusée via l'organe officiel. En outre, Joseph Oughourlian, après avoir salué l'action de Martel, a tenu à rappeler que l'idée de repenser l'entité RC Lens ne datait pas d'hier et avait déjà apportée pas mal de changements, qu'ils soient administratifs, structurels ou sportifs " C'est à partir de là qu'on espère pouvoir dérouler le projet.

Le départ de la figure historique incarnant un passé révolu était donc provisionné, inscrit, inéluctable. Car faisant partie de l'équation du renouveau lensois "On a profité de cette nouvelle pour revoir le fonctionnement du Conseil d'administration" ajoute l'homme d'affaire, Président du Racing. Le verbe "profiter" n'est, ici, sans doute pas anodin.

Joseph Oughourlian, l'incarnation du club aujourd'hui.

Culture - La fin programmée de Martel est ainsi le point d'orgue de la métamorphose entreprise depuis plusieurs mois. Un changement culturel déjà évoqué lors de la conférence tenue début juin par Pouille, Roy et Montanier (cf l'article "extension du domaine de la lutte"). Au cœur, un "projet de vie" dixit le nouvel entraîneur. 

Depuis ses bureaux de Londres, le propriétaire du club a voulu, lui aussi, apporter son point de vue : "Je me lève chaque matin en voulant être en L1. Ce que je voudrais, c'est que de l'administratif au sportif, chacun soit habité par la même ambition, la même rage de retrouver l'élite. Il est là, le changement culturel". Puis d'ajouter "C'est bien beau d'avoir les budgets, de pouvoir mettre de l'argent mais ça ne suffit pas si vous faites des erreurs de jugements. Assumer ces erreurs, en tirer les conséquences, voilà ce qu'on a fait."

Car chaque erreur a un coût. Le "tout est possible en football" Martélien est révolu. L'actionnaire a une vision de dirigeant pur. Rationnelle. Basée sur des certitudes, des savoirs, non des superstitions. Un succès se construit, se prépare. Il ne tombe jamais du ciel. Un "quitte ou double", c'est certes, une chance sur deux de réussir, mais c'est la même proportion d'échouer. Un ratio, aimé par Gervais, l'homme de jeu et de risque. Mais un ratio qu'il est bien sûr possible de diminuer, selon son organisation et la manière d'aborder une saison " On va faire en sorte de mettre tous les moyens." affirme un Oughourlian déterminé " Ce club doit réussir. Il a une singularité.
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