Header Ads

Sur l'horizon de nos souvenirs


Il y a vingt ans, nous étions au stade, au bistrot, chez un ami, seul ou en famille, dans le bruit, la fureur ou le silence de nos pensées et nos errances ; nous étions jeunes, vieux, à peine gamins ; nous étions éméchés, beurrés, peut-être à jeuns ; en tout cas sur le chemin d'une ivresse éternelle. Oui, il y a vingt nous existions, nous étions là, ou pas encore, qu'importe : en ce 9 mai, d'il y a vingt ans, nous étions tous un peu ailleurs. 

Car, il y a vingt ans, en Bourgogne, le Racing Club de Lens décrochait son premier titre de champion de France, à l'issue d'une saison qui résonne aujourd'hui comme un chef-d'oeuvre d'unité autour de trois concepts établis par l'entraîneur Daniel Leclerc : humilité, plaisir, générosité. 

Ce dernier fut le grand architecte d'un jeu simple, généreux et offensif. Tout a été dit là-dessus, sur ce jour particulier, des coulisses au terrain, de l'angoisse du 1-0 de la mi-temps, à celle des derniers instants du 1-1, puis sur cette délivrance étincelante d'où naîtra une nuit festive, brûlante, incandescente. Oui, tout a été dit, mais la vibration toujours vivante de l'émotion ressentie alors, nous pousse à dire encore et toujours ce que constitue cette date en nous, et à éprouver l'écho de cette nostalgie qui fait d'une chose un spectre, et d'un spectre une chose.


Échange de chants entre joueurs et supporters.

En se plongeant, chacun, dans nos souvenirs, c'est ainsi que le lien demeure et qu'un nouveau monde commence. Un, au sein duquel, nous sommes tous les biographes d'un bonheur commun, partagé et authentique, venu tout droit d'un élan soutenu et enthousiaste que les joueurs de l'époque ont su porter tous les mois d'une saison, aussi bien en championnat qu'en Coupe.

Défilé des champions dans les rues de la ville artésienne.

À l'heure où la vivacité de notre passion peut parfois s'essouffler, où la qualité des matches joués et de l'état d'esprit présent chez les joueurs portant ce maillot peuvent paraître au plus bas, il est bon (et douloureux) de se remémorer qu'un jour, ensemble, nous étions parvenus à hisser haut les couleurs de notre espoir jusqu'au plus loin de la nuit dans un Bollaert mugissant. 

Et c'est alors avec gaieté que nous palpons le temps passé, car nous savons qu'il n'est pas cette distance qui nous sépare d'un moment précieux et figé en nous, mais qu'il est cette lumière irradiante offrant de la hauteur aux événements vécus qu'elle traverse, et à tous ceux qui peuvent (et doivent) encore subvenir.
Fourni par Blogger.